Vieux New York de Edith Wharton

Vieux New York de Edith Wharton
( Old New York)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Saule, le 8 novembre 2005 (Bruxelles, Inscrit le 13 avril 2001, 52 ans)
La note : 9 étoiles
Visites : 2 451  (depuis Novembre 2007)

Du tout bon Wharton

"Elle a toujours été mauvaise..., toujours. Ils se rencontraient à l'hôtel de la Cinquième Avenue", dit ma mère, comme si le lieu du délit ajoutait à la culpabilité du couple dont elle révélait le passé.". Braver les conventions sociales : c'est ce qu'a fait la jeune femme de la quatrième nouvelle de ce volume. Son lot sera celui de la solitude, sa bravade lui valant l'exclusion de ce milieu dans lequel le code de moralité fait office de religion. Pourtant les personnages de Wharton ne sont pas des héros, ils ont leurs doutes et leurs faiblesses ce qui les rend humain et intéressants. J'aime bien cette ambivalence chez ses héros, on ne sait plus toujours ou est la part de courage et de faiblesse.

Les quatre courts romans (ou longues nouvelles) de ce livre sont de très bonne qualité et l'amateur se replongera avec bonheur dans l'univers inimitable de Wharton. Tout y est (comme d'habitude dirais-je) : humour, ironie et un talent inimitable pour raconter des histoires. J'aime beaucoup la première nouvelle qui met en scène un père dominateur et son fils soumis écrasé du poids des attentes qui pèsent sur lui. Encore plus la seconde où Wharton dépeint le sort cruel de la vieille fille qui doit cacher son enfant aux yeux de la société. Surtout pour un personnage très réussi de cette seconde nouvelle, une jeune épouse belle et brillante, légitimement fière de son beau et riche mari, de ses beaux chapeaux et des brillantes réceptions. Pourtant dans de rares moments de lucidité, cette jeune femme a la vague intuition que tout cela ne valait pas le sacrifice d'un amour de jeunesse. En repensant à son mariage dans un moment de dépit elle a ces mots assez représentatifs de cette lucidité et du dilemme auquel se confrontait inévitablement les jeunes femmes de ce milieu : "Après, eh bien, il y avait la soumission étonnée aux incompréhensibles exigences du jeune homme à qui l'on n'avait tout au plus donné qu'une joue rose à baiser en échange d'une bague de fiançailles; il y avait le grand lit double; la terreur de voir par la porte du cabinet de toilette cet homme se raser calmement le lendemain matin, en bras de chemise,[...]Et puis les enfants, les enfants qui étaient censés "tout compenser" et ne compensaient rien."

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