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Veneziano
avatar 13/05/2018 @ 10:07:03
Je suis allé voir hier Plaire, aimer et courir vite de Christophe Honoré.

Jacques est un écrivain trentenaire, cultivant son esprit parisianiste et son art de la séduction masculine (M. Pierre Deladonchamps). Il multiplie en effet les conquêtes de jeunes hommes, alors qu’il se sait malade du sida dont il appréhende l’évolution, alors que cette pathologie crée autant de peurs que de débats en ce début des années 1990. Malgré ses craintes pour son avenir compromis, il se lance dans une nouvelle aventure avec un étudiant rennais, Arthur, connu lors d’une projection cinématographique dans un théâtre où il donne une conférence. Ce dernier veut le rejoindre à Paris, il débarque, mais Jacques n’ose pas lui annoncer que son état de santé a récemment chuté et nécessite des soins approfondis. Jacques trouve l’aide de son voisin, également homosexuel (M. Denis Podalydès, de la Comédie française), chez qui il trouve refuge. Mais, pris de remords, il se réfugie dans les bras d’Arthur. Ils passent une soirée à trois à discuter de la difficulté d’aimer.
Le sujet s’avère intéressant et les acteurs portent haut et fort ce film, un tantinet glauque et souffrant d’un certain nombre de longueurs. De plus, il vient faire un peu doublon avec 120 battements par minutes, mais le thème reste socialement assez important. Mon impression reste donc mitigée. De l’humour et de la finesse habitent ce film, avec un beau jeu d’acteurs, mais la conception reste bancale, par des aspects malsains et des pertes de régime.

Le rat des champs
avatar 13/05/2018 @ 20:57:58
Je viens de voir le film "The promise" (la promesse). Une superbe reconstitution historique du génocide arménien, tournée avec de grands moyens, des acteurs époustouflants et une mise en scène parfaitement maîtrisée. A ne manquer sous aucun prétexte.

Veneziano
avatar 21/05/2018 @ 09:27:16
Hier matin, je suis allé voir L'Homme qui tua Don Quichotte, (The Man Who Willed Don Quixote), de M. Terry Gilliam, ex des Monty Pythons.

Toby, jeune réalisateur original mais un peu gauche (M. Adam Driver), arrive en Espagne pour tourner un film sur Don Quichotte, après une tentative de jeunesse à la fin de ses études. Comme il a fauté avec la femme du producteur et que la police le suit, il prend la fuite dans le village voisin, où il retrouve l’auberge qui servit de cadre principal à son œuvre de jeunesse. Si la jeune fille du patron, Angelica, âgée de quinze ans à l’époque, avec qui des relations équivoques sont nées, est partie, victime de l’illusion de réussite du cinéma, il retrouve le cordonnier qu’il engagea pour jouer le rôle de Don Quichotte, à la distinction près que, désormais, il vit enfermé, car il se prend réellement pour le chevalier. C’est alors que commence une épopée aussi folle qu’échevelée, qui finit par croiser la réalité quand le vieil homme et le réalisateur tombent sur le château où le nouveau producteur russe veut faire tourner le film, tout en voulant s’amuser à sa guise, dans une débauche de luxe. Aussi Toby retrouve-t-il Angelica, maîtresse du magnat russe, mais avec naît une nouvelle passion, au prix d’un pari risqué. Le cordonnier assure le spectacle, quelque peu malgré lui, et succombe à un accident, une chute fatale.
Ce film correspond à une prouesse à maints égards. Il est créé après près d’un quart de siècle de gestation, alors que Jean Rochefort devait tenir le rôle du chevalier. Aussi lui est-il rendu hommage au générique. Aussi cette épopée habitée par la folie de l’un des personnages principaux permet-elle d’agiter rêves et idéaux, au sein d’un monde âpre. La nostalgie du passé et de la jeunesse constitue également un fil rouge. Aussi généreux qu’excentrique, fidèle au style des Monty Pythons et de M. Tery Gilliam en solitaire, ce film insuffle courage et honneur au protagoniste, Toby, au départ veule et plutôt misogyne. Il apprend le respect et l’amour au passage. On y rit beaucoup, on y pleure un peu, on ne s’ennuie jamais dans ce film quasi-picaresque, riche en actions et rebondissements.

Veneziano
avatar 21/05/2018 @ 09:29:33
Sinon, j'ai découvert, hier soir, En quatrième vitesse (Kiss Me Deadly), de Richard Aldrich.

Une jeune femme apeurée fait du stop pieds nus de nuit, et fonce sur la voiture de Mike Hammer, fringuant détective privé (Ralph Meeker). Elle paraît fortement désemparée, mais se ressaisit, avant d’être tuée dans une embuscade. Mike Hammer se réveille à l’hôpital, après trois jours de coma. Il apprend le décès de la jeune femme et décide de mener l’enquête. Cela lui pose directement et immédiatement des problèmes, tant d’ordre professionnel que personnel. Dans le cadre d’un filage long et complexe, son chemin est semé d’embuches, de cadavres et de menaces de mort. La victime portait sur elle une clé, ouvrant en réalité un placard de vestiaire d’un club de sport, au contenu pour le moins explosif, que tout le monde veut d’accaparer, à commencer par le réseau criminel qui était à ses trousses, également sa meilleure amie.
Le suspense monte crescendo dans ce policier noir, où le protagoniste qui mène l’enquête démontre sa ténacité, sa bravoure et son élégance un peu froide, face aux graves dangers qui s’amoncèlent devant lui. Le style s’avère intrépide, sombre, souvent violent, psychologiquement bien mené. Il en résulte un film intéressant.


Fanou03
avatar 02/07/2018 @ 16:29:35
Nous avons vu deux très bons dessins animés: "Loulou, l'incroyable secret", mise en dessin animé de l'univers de Grégoire Solotaref, vraiment très réussi, quel ambiance, c'est pour les plus petits mais cela peu faire peur quand même, et "Avril et le mondes truqué", l'univers de Tardy en mode steam-punk cette fois, très bien aussi.

Cyclo
avatar 21/09/2018 @ 09:47:23
Cette année encore, je suis allé au Festival de ciném& de Venise, ville dont je ne me lasse pas !

La Mostra nous propose des projections dans neuf salles allant de 1760 à 48 places. J’ai fréquenté surtout le Palabiennale (1760 places), la Sala Darsenna (1409 places), la Sala Perla (450 places), la Sala Giardino (446 places), et, épisodiquement, la Sala Grande (1032 places, projections officielles en présence de l’équipe du film projeté, je n’y suis allé qu’une seule fois, car il faut montrer patte blanche, c’est plein à craquer et on est souvent mal placé), et la Sala Volpi (149 places, réservée surtout aux projections de copies de films anciens restaurés : je n'en ai vu qu'un, du Mexicain Arturo Ripstein, "Ce lieu sans limites").

Pour une fois, j’ai vu (dès le premier jour) le film qui a obtenu le Lion d’or, "Roma", du Mexicain Alfonso Cuaron. Film en noir et blanc, il faudrait plutôt dire en gris et gris, car le parti pris esthétique est plutôt les différentes nuances de gris, c’est en effet un film intéressant : dans une famille de la classe moyenne, le père disparaît, les femmes (la mère et les servantes) doivent se serrer les coudes pour faire face. Lutte des classes (bourgeoisie/domestiques), lutte des races (bourgeoisie blanche/domestiques indiens) et lutte des sexes sont donc ici imbriquées. Les hommes, violents et inconscients, n’ont pas le beau rôle. Magnifique portrait de la jeune servante Indienne qui m’a fait penser à l'héroïne de Flaubert dans "Un cœur simple".

Je privilégie toujours à Venise les films italiens et les films venant de petits pays ou de pays exotiques. Ma connaissance de l’anglais et de l’américain est trop faible pour voir ces films sous-titrés en italien. J’ai donc vu des films provenant du Brésil, de Hongrie, de Turquie, de l’Uruguay, du Cambodge, de Syrie, de Palestine, d’Inde, d’Argentine, du Kazakhstan, du Montenegro, du Guatemala, d’Iran, de Tunisie et du Japon. Je ne vais pas les détailler tous, mais parler seulement de ceux qui m’ont frappé.

Chez les Italiens, j’ai fortement apprécié "Il bene mio", de Peppo Mezzapesa : dans un village durement touché par un tremblement de terre et vidé de ses habitants, un quinquagénaire fait de la résistance et ne veut pas quitter sa maison. Film fort, humaniste, émouvant, solaire; qui a reçu une ovation de la salla. J’irai le revoir à sa sortie ici, que j’espère vivement, mais dont je ne suis pas sûr.

La sortie des dictatures ou de la répression était souvent évoquée. Le magnifique film uruguayen "La noche de 12 años" un des chocs du Festival (longuement applaudi aussi), raconte le calvaire enduré en prison par trois Tupamaros pendant la dictature militaire : c’est sec, sans graisse ni fioritures, un constat implacable. Le film brésilien "Deslembro", lui, parle des disparus de la dictature militaire aussi à la même époque et du délicat retour au pays de leur famille à leur recherche. "L’annonce" (une des rares comédies de la Mostra) montre des militaires qui tentent un coup d’état en Turquie et qui cherchent à s’emparer de Radio Istanbul pour annoncer leur réussite : j’ai beaucoup ri des péripéties de leur échec complet. "Les Tombeaux sans noms" poursuit la quête de l’auteur qui a perdu une grande partie de sa famille à l'époque de Pol Pot et qui interviewe des rescapés qui ne savent pas où honorer leurs morts, disparus dans des fosses communes : impressionnant. "Le jour où j’ai perdu mon ombre" : dans la Syrie de 2012, une femme tente de conserver sa dignité. Le documentaire italien "1938 : diversi" nous rappelle les lois raciales mussoliniennes et leurs terribles conséquences. "Mafak" raconte le difficile (impossible ?) retour à la réalité d’un prisonnier palestinien ayant passé quinze ans dans les geôles israéliennes.

Autres films que j’ai beaucoup aimés : le film kazakh "La rivière", où une famille isolée (le père, la mère et cinq garçons) dans une ferme en pleine steppe se trouve confrontée à l’irruption de la modernité ; le guatémaltèque "José" traite, comme l’italien "Saramo giovanni e bellissimi", du lien mère possessive / fils impossible à couper ; l’iranien "As I lay dying", d’après Faulkner, nous révèle des secrets de famille après la mort du père ; l’indien "Soni" évoque la difficulté des femmes à assumer des charges jusque-là réservées aux hommes ; "Le banquier anarchiste", d’après le superbe texte de Fernando Pessoa, est un régal esthétique ; "Killing" raconte une histoire de samouraïs dans le Japon d’antan ; "Une histoire sans nom" est un excellent polar hitchcockien tiré de l’histoire vraie du vol en Sicile d’un Caravage par la mafia ; "L’heure de la sortie", un des deux films français que j’ai vus, est une formidable leçon sur les relations enseignants-élèves, avec un Laurent Laffitte qui crève l’écran (il sortira en janvier prochain).

Malgré tout, une assez bonne Mostra, même si je n’ai pas vu les films de Schoeller ("Un peuple et son roi"), d’Audiard ("The sisters brothers") et de Kusturica ("El Pepe, une vida suprema"), paraît-il excellents.

Windigo

avatar 10/10/2018 @ 14:44:36
Je viens de trouver la bande-annonce d'un film que je cherchais depuis un moment. Le film, je l'avais vu étant jeune et commence à dater dans ma mémoire. Par contre, je me rappel d'une scène où l'on voit deux gars vraiment, mais vraiment défigurés par une bombe atomique. Le titre original c'est "Fire Fight", et en version québécoise, est connu sous le titre "U.S.A. 2000".

https://youtu.be/2ILKr7C1G0A

https://www.imdb.com/title/tt0122064/

Fanou03
avatar 16/10/2018 @ 13:38:44
Deux comédies comme je les aime: "L’ ascension" et "Good Luck Algeria", toutes les deux sur une thématiques sportives, nous ont fort réjoui. Si l'une (l'ascension) est un peu plus invraisemblable que l'autre, les deux sont basés sur des histoires vraies et sont tournés avec beaucoup de justesse et d'humanité.

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