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Lucien

21 mars 2005 @ 15:17
Je me souviens que Georges Perec a publié un recueil intitulé «Je me souviens», constitué de 480 phrases dont chacune commence par les mots «Je me souviens», sur le modèle d’un ouvrage de Joe Brainard rédigé dans le même esprit, et que Roland Brasseur a consacré son ouvrage, «Je me souviens de "Je me souviens"» à l’explication détaillée des 480 "Je me souviens" de Perec.

Je me souviens de la boîte aux trésors de Dominique BreTOdeau (« Pas BreDOteau ! ») dans «Le fabuleux destin d’Amélie Poulain».

Je me souviens que, pour regarder dans un appareil View-Master, il fallait insérer le disque stéréoscopique dans la fente appropriée, entre la face avant qui avait un peu la tête d’un Félix le chat amputé de l’oreille gauche et la partie arrière munie de deux tubes pourvus chacun d’un œilleton.

Je me souviens de Bibi Fricotin et des Pieds Nickelés, qui s'appelaient Croquignol, Filochard et Ribouldingue.

Je me souviens du choc que j'ai ressenti, à la première vision de «Pierrot le Fou», quand Pierrot - Ferdinand, après s'être peint le visage en bleu, se ceint la tête de bâtons de dynamite et se fait sauter.

Je me souviens que, sur la couverture de l’album des Beatles, «Abbey road», les pieds nus de Paul Mc Cartney furent la source de multiples divagations concernant sa mort et son remplacement par un sosie.

Je me souviens du sentiment d’étrangeté que je ressentais en lisant le nom de certaines stations sur le premier poste radio de mes parents : Allouis, Droitwitch, Hilversum II…

Je me souviens des "Scopitone".

Je me souviens des cadeaux Bonux.

Je me souviens d'Alexandre Dubcek, "l'homme du printemps de Prague", et de l'invasion soviétique en Tchécoslovaquie.

Je me souviens...
Killgrieg
21 mars 2005 @ 15:51
Je me souviens de mon père sautant un de ces bancs verts dans la rue, pour nous faire rire
Je me souviens de la douceur de la main de ma mère le matin quand elle me réveillait pour aller à l’école
Je me souviens d’un Noël, j’étais très malade, j’arrivais à peine à respirer et j’ai joué toute la nuit avec mes jouets seul et heureux
Je me souviens de « la vie est belle » de Capra
Je me souviens d’un « Dracula » avec bela Lugosi que j’avais regardé en cachette du couloir
Je me souviens des seins d’une maîtresse d’école, nous étions de sortie, dans le métro, elle a levé le bras pour se tenir à la rampe et j’ai aperçu son soutien gorge
Je me souviens des vacances avec tous mes frères
Je me souviens de mon premier livre, un « belle et Sébastien »
Je me souviens d’une discussion avec mon meilleur ami à propos des tubes en vogue, il m’a parlé de « Vanina » et j’ai eu honte de ne pas connaître
Je me souviens d’un gros crapaud que j’avais attrapé dans une fente de rocher en Auvergne
Je me souviens des salamandres pêchées dans les cours d’eau du bois de Vincennes (et j’ai honte d’avoir contribué à leur disparition)
Je me souviens de Claudia Cardinale dans « Il était une fois dans l’ouest »
Je me souviens de mon second livre, « l’impure » de Guy des Cars ( et me souviens aussi du connard qui, des années plus tard, m'a dit : « C’est de la merde ça, d’la littérature de prisunic » )
Merde, j’me souviens de tellement d’choses, j’m’en vais écrire un bouquin
Tistou
21 mars 2005 @ 16:34
Je me souviens d'une certaine dissolution de l'Assemblée Nationale (Française) d'un certain J. Chirac, du résultat et je me demande si, bientôt, ...
Je me souviens de mon auto à pédales, verte, qui pesait un poids de voleur, et du chemin poussiéreux que j'avais du mal à remonter,
Je me souviens des cataplasmes que ma maman me mettait quand ...
Je me souviens des histoires qu'elle me racontait pour tenir le cataplasme le plus longtemps possible,
Je me souviens du cauchemar récurrent que je faisais, enfant, et de ces avions qui devaient s'écraser sur nos têtes si je ne démèlais pas les fils,
Je me souviens de Tistou, hurlant de douleur, coincé dans une fenêtre,
Je me souviens de la première fois, de toutes les premières fois,
Je me souviens de l'arrivée à Paris, mon premier Marathon,
Je me souviens de vacances à Arcachon Les Bains, à ... 4 ans?, et de D'Artagnan, celui qui ramassait les papiers sur la plage avec sa pique,
Je me souviens de Marmotte et Chouca, mes premiers chats,
Je me souviens avoir encore beaucoup de choses à faire,
...
Krystelle
21 mars 2005 @ 17:52
Je me souviens de l’odeur de l’automne dans le jardin de mon enfance,
Je me souviens des mercredis animés par les dessins télévisés,
Je me souviens de l’odeur de la colle Uhu sur mes cahiers d’écolières et de la cachette secrète au fond du tube,
Je me souviens du visage confus de mère surprise en train de dérober ma dernière dent de lait sous mon oreiller,
Je me souviens de cette heure passée auprès des rosiers la première nuit du printemps 1985 à attendre que les fleurs s’ouvrent enfin,
Je me souviens de la colère soulagée de mon père lorsqu’il m’a retrouvée ; c’était de sa faute, il n’avait qu’à mieux m’expliquer la raison d’être des saisons,
Je me souviens des mots mièvres que glissait Stéphane dans ma trousse pendant les cours de biologie,
Je me souviens des fous rire avec Emilie,
Je me souviens du concert des Smashing Pumpkins et du délire de la foule,
Je me souviens de Pacifique, mon poisson, et de toutes ses tentatives de suicide manquées,
Je me souviens de ce vers de Baudelaire : « J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans »
Sahkti

21 mars 2005 @ 21:46
Je me souviens des aboiements de joie de ma chienne Ouvea lorsqu'elle courait vers la mer.
Je me souviens des yeux marrons de ma Maman.
Je me souviens de la douceur du sable glissant entre mes orteils près du pont de Mouli.
Je me souviens d'un disque des Communards que j'écoutais en boucle.
Je me souviens du goût aujourd'hui défendu des spaghetti bolognese.
Je me souviens d'un horrible pull tricoté main aux rayures perroquet.
Je me souviens d'un anesthésiste prénommé Yannis beau à damner la sainte vierge.
Je me souviens de mes larmes après avoir perdu ma peluche préférée dans la neige de Zermatt.
Je me souviens de mes battements de coeur quand j'ai entendu sa voix pour la première fois.
Je me souviens de Sheila et de Karen Cheryl.

Je me souviens de vous...
Yali
21 mars 2005 @ 22:49
Ouvea Sahkti, tu me chavires le cœur !
Yali
21 mars 2005 @ 22:56
Je me souviens de mes pieds, et entre les orteils cette terre ocre qu’un jour j’ai goûté, elle était salée.
Je me souviens du Yassa de Mam Louise, de cette manière qu’elle avait de tordre le cou des poulets, comme si de rien n’était.
Je me souviens de toi, toi avec qui j’ai grandi. Je me souviens qu’on s’aimait. Je me souviens, tu chaussais du 27, de tes dreadlocks, elle t’arrivaient aux fesses, puis, plus tard, je me souviens de tes fesses.
Je me souviens de ne pas avoir trouvé joli ce pays des droits de l’homme, Evreux en pleine hiver au sortir de l’avion, ça t’a une de ces gueules d’ennuie.
Je me souviens être mort devant un poste de radio, c’était l’été de la haine, quelque part de l’autre côté de la mer, la vie dévitalisait.
Je me souviens de mes mains te cherchant à l’aube du quotidien, et puis pleurant dessus, de ne pas te trouver.
Je me souviens avoir oublié.
Je me souviens avoir essayé de te retenir dans les plis de douleur, et puis, s’enfuit.
Je me souviens, yeux fermés, avoir senti une terre qui d’emblée devenait mienne.
Je me souviens du nakamal, d’en être rentré à genoux, de la foret noyée, de la Ouiné, je me souviens de l’onde fraîche mon amour, onde dans laquelle nous avons fait l’amour. Je me souviens de nos corps de lovant contre un galet géant, brûlant.
Je me souviens avoir perdu deux dents dans une rixe. Je me souviens de ta colère ce jour-là, et puis, finalement, ta main se posant sur moi comme disant, « oublie ».
Je me souviens avoir oublié la violence comme seule réponse.
Je me souviens renaître et puis aimer.
Je me souviens du premier mot posé sur le papier, posé comme on nettoie son âme, puis du deuxième comme pour oublier le premier, et du troisième qui s’en suit comme pour trouver.
Je me souviens n’avoir pas trouvé.
Je me souviens que, la tête posée sur tes seins, j’aime a ne plus me souvenir.
De rien.
Kilis
21 mars 2005 @ 23:13
Je me souviens des mouches autour des mains qui les chassaient avec de longs gestes gracieux
Je me souviens de l’odeur des herbes hautes et comme je m’y perdais
Je me souviens des papayes au p’tit déj sur la terrasse de l’hôtel Lualaba, surplombant le fleuve
Je me souviens de l’oiseau Kongolo, de son chant dans le matin
Je me souviens de l’odeur des mangues pourrissantes
Je me souviens de l’ombre bleue des manguiers
Je me souviens que mon père chantait « Paris marlou aux yeux de filles… » et que ma mère disait de lui qu’il avait les plus belles cuisses de la brousse et je me souviens avoir su qu’elle le pensait
Je me souviens avoir pleuré longuement de joie dans l’avion quand j’ai aperçu en bas la forêt vierge , on rentrait chez nous, en Afrique
Je me souviens de mon premier amour et de son baiser, de la brûlure sur ma joue
Je me souviens d’un garçon qui essayait de m’attraper au lasso quand je passais devant chez lui sur mon vélo vert
Je me souviens du passage de l’équateur et de Neptune sur son trône
Je me souviens d’un disque de couleur rouge, c’était Le petit Prince raconté par Gérard Philippe
Je me souviens avoir mis des cailloux dans mes sandales parce que je cherchais mes parents et je pensais que la souffrance me les rendrait
Je me souviens avoir tracés des signes cabalistiques sur le sol au lieu des Six Palmiers
Je me souviens avoir mis des grands termites dans un nid de fourmis noires, juste pour voir ce que cella ferait
Je me souviens d’un départ et d’avoir pleurer la nuit sur le pont d’un bateau au milieu d’un lac tout noir comme un trou dans ma tête ou dans mon cœur et être morte ce jour-là
Je me souviens de ma première cigarette
Je me souviens de ma première affiche et de ma première cuite
Je me souviens avoir passé de longues heures à pêcher la truite avec mon ventre rond et que les vaches pissaient dans les prés
Je me souviens que je léchais la tête de mes bébés, comme une chatte
Je me souviens de mon chat devant la porte ouverte du balcon
Je me souviens du regard de détresse de la fille qui m’a prévenue du décès d’un proche
Je me souviens de l’intérieur de la garde-robe où je me réfugiais des heures durant quand j’étais mal
Je me souviens avoir écrasé une cigarette sur le bras d’un flic
Je me souviens l’été dernier, Lisbonne
Je me souviens de tout
Je me souviens de toi, tout à l’heure, de tes yeux si brillants et du bonheur que j’éprouvais à te voir
Je me souviens de l’étonnement que j’ai eu à penser que toi, à présent c’était toi…
Catimini
21 mars 2005 @ 23:16
Je me souviens de la descente de la dune du Pilat en courant, en évitant les barbelés qui émergeaient encore ;
Je me souviens de mes pleurs lors des départs en colonie de vacances ;
Je me souviens de mes pleurs lors des retours de colonie de vacances;
Je me souviens des chignons crêpés de ma mère ;
Je me souviens de mes patins à roulettes en ferraille ajustables à la chaussure ;
Je me souviens de mes premiers prix remis lors de la fête de fin d’année de l’école ;
Je me souviens des « p’tits, p’tits, p’tis » criés par ma grand-mère pour appeler ses poules ;
Je me souviens des énormes édredons en plumes sur les grands lits froids ;
Je me souviens du générique de l’émission de Frédéric Rossif ;
Je me souviens de Belle et Sébastien ;
Je me souviens des « mou en civet » et des « gâteaux de foie » dont ma mère nous régalait ;
Je me souviens de ce chat de trois jours agonisant et qui vécut 20 ans ;
Je me souviens du film interrompu un mercredi soir pour annoncer la mort de Pompidou ;
Je me souviens des vagues de l’océan qui étaient si terrifiantes,
Je me souviens de sa mob selle biplace et de sa veste kaki ;
Je me souviens des boums dans les garages,
Je me souviens des photos David Hamilton ;
Je me souviens : Anastasie, l’ennui m’anesthésie, pom, pom
Je me souviens « d’Ayegueuline », tout simplement Higelin ;
Je me souviens, Areski et Brigitte Fontaine à une fête de l’Huma pluvieuse ;
Je me souviens Belle du Seigneur,
Je me souviens de lui, lui, lui, lui, lui, lui, lui, lui, lui, lui…….
Je me souviens de ses yeux noirs qui se jetèrent dans les miens quand on me la déposa sur le ventre
Yali
21 mars 2005 @ 23:24
Je me souviens avoir mis des grands termites dans un nid de fourmis noires, juste pour voir ce que cela faisait

Je me souviens de ça aussi, et toujours à la fin, ils perdaient.
Yali
21 mars 2005 @ 23:34
Catimini,
Bienvenue !
Catimini
21 mars 2005 @ 23:43
Oh, merci, Yali...
Felixlechat

22 mars 2005 @ 00:15
Je me souviens de toutes ces nuits,
Sont-elles des rêveries?
Je me souviens de mes amis,
Sont-ils tous partis?
Je me souviens de ce que j'écris,
Est-ce une simple envie?
Je me souviens de mes vies,
Mais non, Félix, elles ne sont que l'oubli.
Killgrieg
22 mars 2005 @ 09:10
oui! la très bienvenue catimini,

évocateur tout ça...
j'avais oublié les photos de David Hamilton scotchées sur les murs d'ados pré-esthètes... ses films pastels, flous et barbants...
et la fête de l'huma... ça je m'en souviens par contre...Le concert de Ray Charles... les frissons...

Je parlais hier d'un duo, oublions!... Un solo pour les prochains exercices me plairait bien
Lucien

22 mars 2005 @ 09:58
Nostalgie garantie...
MOPP
22 mars 2005 @ 20:16
Je me souviens de Je me souviens
Je me souviens du tram à plate-forme cher à l'ami Queneau
Je me souviens de ma fuite devant l'envahisseur
Je me souviens des bombardements des camions sur la route de l'exil
Je me souviens des orties dans le fossé où j'ai été poussé par mon père
Je me souviens d'un cheval à bascule à Perpignan
Je me souviens que mon chien n'a pas pu nous suivre
Je me souviens qu'il est rentré seul au bercail
Je me souviens de la guerre
Je me souviens de la carte d'identité falsifiée par mon père
Je me souviens de cette fuite obligatoire
J'ai oublié notre retour
Je me souviens de mes trois oncles déportés
Qui pourrait oublier ?
Toundra
22 mars 2005 @ 20:18
Beau, droit au coeur.
MOPP
23 mars 2005 @ 09:20
Beau, droit au coeur.


Merci, Toundra, pour cette appréciation, d'autant plus belle qu'elle vient d'une jeune personne.

Il n'y a pas de secret pour écrire, il faut être sincère !
Evaetjean
23 mars 2005 @ 09:31
Je me souviens des sandwichs à la fraise de ma mamie (humm qu’ils étaient bons !) ;
Je me souviens des grands câlins que je faisais à mon papa, blottis sur ses genoux, mon pouce dans la bouche ;
Je me souviens de mon blindage fait avec mes poupées et mes peluches tout autour de mon lit (c’était pour dissuader les monstres de m’attaquer en pleine nuit !!!)
Je me souviens de mes premiers cours de ski et de mon « angine du tire-fesse » (j’avais horreur des tires-fesses, beurk) ;
Je me souviens des grandes marches dans les montagnes avec mon papa, on dominait le monde ;
Je me souviens du film Titanic avec Di Caprio (miam) ;
Je me souviens de l’arrivée de ma petite sœur avec ses joues énormes ;
Je me souviens de mon premier rendez-vous pour mon dos et des mots du médecin : « mettez-vous en culotte et penchez-vous en avant » et
Je me souviens de ce que j’ai pensé : « Bien sûr, peut-on virer la vingtaine d’étudiant qui vont me reluquer » (j’ai haïs cette journée) ;
Je me souviens quand on m’a posé une petite chose toute fripée sur mon ventre et de ses yeux qui semblait dire : « alors c’est toi ma maman !» ;
Je me souviens de l’arrivé, 2 ans plus tard, du petit frère de la petite chose toute fripée ;
Je me souviens de mes nuits d’angoisses à tenter de faire respirer un tout petit être victime de cette foutu bronchiolite qui ne s’arrêtait pas ;
Je me souviens des mots de mon papi : « Ta grand-mère a fait un malaise, elle est en réanimation » ;
Je me souviens de se regard perdu quelques jours après, non elle ne me reconnaissait pas ;
Je me souviens de mots de ma mère : « ça y est, mamie est…enfin…cette nuit. »
Je me souviens de la douleur ressentie, de ce premier contact avec la mort ;
Je me souviens de mon arrivé parmi vous, qu’il était doux ce premier contact ;
Je me souviens de vous et je vous garde avec moi partout où je vais ;
Je me souviens…
Gudel
23 mars 2005 @ 09:47
Je me souviens du cérémonial de la photo de classe
Je me souviens de ma première bicyclette. Elle était verte. La marque était « Trophée de France ».
Je me souviens des Dyna Panhard qu’on appelait des "savonnettes"
Je me souviens du « Lait Mendès-France »
Je me souviens des wagons vert et rouge du métro parisien et de la moleskine des sièges de première.
Je me souviens de la distribution des prix. Comme j’étais cancre mais gentil, on avait inventé pour moi le « prix de bonne humeur »
Je me souviens des taxis G7
Je me souviens de la vieille gare Montparnasse
Je me souviens de « OAS veille » écrit la nuit, à la craie sur les murs
Je me souviens de « Pour toi cher ange, Pschitt Orange, pour moi, garçon, Pschitt citron »
Je me souviens des cigarettes « Disque bleu »
Je me souviens de « Jean Mineur Publicité, 79 Champs-Elysées, Balzac, zéro, zéro, zéro, un » à partir de quoi nous ajoutions « deux, trois, zob ! »
Je me souviens d’un sous-rocker fade qui s’appelait Jacky Moulière.
Je me souviens de « être fraîche c’est facile, le rester, c’est Printil. »
Je me souviens des Bas Têtu, quoi refusent de filer,
Je me souviens de Marcel Barbu, « candidat des chiens battus » à la présidence de la République.
Je me souviens que la première personne morte que j’ai vue était ma grand mère. J’étais tétanisé d’émotion. Et alors m’est revenu à l’esprit le célèbre contrepet « un petit mot sous la porte – un petit pot sous la morte ». Et justement, sous le lit, il y avait un pot… Fou rire, et père de baffes force huit…
Je me souviens qu’elle était anglaise et qu’elle s’appelait Glenda. J’étais très amoureux.
Je me souviens du « Dak » et du « Nord » qui vibraient de toutes leurs tôles.
Je me souviens du bruit caractéristique que fait le parachutiste entorché quand il impacte.
Je me souviens des mouches, dans les yeux d’enfants qui ne pleurent pas
Je me souviens de « Marie-Dominique », de Pierre Mac-Orlan
Je me souviens des petites « mines-encrier » qui ne font presque pas de bruit, mais qui vous déchiquètent le pied
Je me souviens de Niko, chantant entre deux fix « Janitor of Lunacy » accompagnée au guide-chant. Dieu, que cette femme était belle…
Je me souviens de la scène de la cuisine dans les Tontons flingueurs… « Ya d’la pomme ? Y’en a ! »
Je me souviens que le temps passe et que je ne me souviens de rien…
Catimini
23 mars 2005 @ 11:36
Le pot de chambre, Gudel... ...chacun sa madeleine
Lyra will
23 mars 2005 @ 19:48
Je me souviens de mes premières étoiles filantes, l’été dernier, sur la plage.

Je me souviens des Noël en famille.

Je me souviens des jeux avec mon frère, les après-midi lego, petites voitures.

Je me souviens des vacances, les chasses aux papillons, une épuisette à la main, les trous que l’on faisait dans la boîte pour qu’il puisse respirer, on mettait un peu d’herbe aussi :0)
Et puis ensuite, quand il y’en avait plein, on les libérait tous en même temps, c’était le "lâché de papillons", idem pour les sauterelles :0)

Je me souviens de princesse sarah.

Je me souviens du pain grillé à quatre heures chez ma grand-mère, suivi des contes racontés en cassette, ou des dessins animés.

Je me souviens de Riquet à la houppe, et de tous les autres contes que ma maman avait la patience de me raconter tous les soirs, des fois le même pendant un mois :0)))

Je me souviens de mes rêves.

Je me souviens de la marelle à l’école, des "équilibres", des "un, deux, trois, soleil !"

Je me souviens d’avoir été trahie, d’avoir été trop naïve, d’en avoir souffert au point de ne plus vouloir sortir de chez moi.
Je me souviens de m’être dit que la vie ne valait pas la peine d’être vécue.
Je me souviens de m’être dit que la vie valait la peine d’être vécue, et qu' il fallait relativiser, que je n'avais quand même pas à me plaindre.

Je me souviens surtout de toi, il y’a six ans, de nos premiers fous rire, de "regarde-moi" que l’on chantait en cours, de tous nos moments ensemble.
Je me souviens de l’électricité entre nous, et du jeu, un coup c’est toi, un coup c’est moi, si bien que l’on ne se trouvait pas.
Je me souviens des heures devant le téléphone à attendre.
Je me souviens surtout le jour ou tu m’as annoncé que tu préférais un lui plutôt qu’un elle.
Je me souviens m’être dit que pour toi, ça n’avait toujours été qu’une alchimie amie, et d’avoir remis en question six ans de ma vie.
Je me souviens d'être tombée de haut, tout en étant heureuse pour toi.

Je me souviens de toutes mes soirées, premières boîtes, premiers Karaoké, premiers verres, premières cigarettes.

Je me souviens du jour ou j’ai découvert Cl, de la peur avant de poster mon premier texte, puis mon deuxième…Je me souviens de m’être attachée à vous, d’avoir évoluée grâce à vous, et du jour où il y’a eu ce virus, qui a failli tout foutre en l’air, le drame (oui, je sais, il y’a plus grave ;0)
Toundra
23 mars 2005 @ 20:05
Je me souviens des « délis » dans la cours de l’école.
Je me souviens des bouts de bois que je taillais en pointe sur la pierre du grand mur ; pour m’échapper.
Je me souviens de l’écorce des platanes que j’enlevais pour découvrir le bois vert.
Je me souviens de la fois où un p’tit con me mit du poil à gratter dans mon tee-shirt.
Je me souviens de la lecture du K par mon maître d’école.
Je me souviens de la fois où les pompiers m’ont emmené parce que j’avais mangé trop de tarte aux prunes.
Je me souviens des gerbilles que l’on avait en classe.

Je me souviens de l’expression de mon père la fois où je lui avais fait remarquer que ses dossiers avaient la même calligraphie que les lettres de la petite souris.
Je me souviens de la figure de la vendeuse, quand je lui avais dit que j’essayais ses chaussures à talon simplement pour rire.
Je me souviens que j’ai hésité dix minutes avant de poster le N’effrayant.

Je me souviens des ballades parmi les pins, dans les Landes, lorsque tout est pourpre.
Je me souviens du chant des oiseaux du jardin.
Je me souviens de ce lapin qui est venu mourir tout près de la maison.
Je me souviens du jour où j’ai découvert l’Antigone d’Anouilh.
Je me souviens de la 1ère fois où j'ai pleuré sur un livre.
Je me souviens des bassins d’eau chaude à marée basse.

Je me souviens de la fois où mon père m’a fait hurler de frayeur quand il a déboulé des broussailles en imitant un sanglier qui charge.
Je me souviens des fessés que je lui donnais (et que je lui donne toujours !) quand il m’énervait trop.
Je me souviens de la descente de la dune du Pilat.
Je me souviens de « La petite dame en noire » de Killgrieg, qui m’a fait rater mon Brevet Blanc d’histoire (parce que je n’arrêtais pas d’y penser).
Lyra will
23 mars 2005 @ 20:09
Je me souviens de l’expression de mon père la fois où je lui avais fait remarquer que ses dossiers avaient la même calligraphie que les lettres de la petite souris.
Je me souviens de la figure de la vendeuse, quand je lui avais dit que j’essayais ses chaussures à talon simplement pour rire.

Excellent :0)))))))))
Killgrieg
23 mars 2005 @ 20:14

Je me souviens de la descente de la dune du Pilat.

et cette dune du pilat qui reviens, reviens, reviens...
Sibylline
23 mars 2005 @ 20:17
Grieg, le brevet, ça va être de ta faute
Killgrieg
23 mars 2005 @ 20:19

Je me souviens de « La petite dame en noire » de Killgrieg, qui m’a fait rater mon Brevet Blanc d’histoire (parce que je n’arrêtais pas d’y penser).

c'est malin! maintenant je vais avoir des problèmes...
Toundra
23 mars 2005 @ 20:20

Je me souviens de « La petite dame en noire » de Killgrieg, qui m’a fait rater mon Brevet Blanc d’histoire (parce que je n’arrêtais pas d’y penser).

c'est malin! maintenant je vais avoir des problèmes...

Mais non, faut pas culpabiliser... Je le savais pas bien de toute façon...
Sibylline
23 mars 2005 @ 20:32
Je me suis fait une entorse à l'âme en essayant de jouer à ce jeu là.
Ca fait deux jours que je tente le coup, mais c'est impostable. Il semble que j'aie beaucoup de très mauvais souvenirs.
Heureusement le présent est meilleur,
alors disons que je ne me souviens de rien.
Je passe mon tour
Lyra will
23 mars 2005 @ 20:33
Je me suis fait une entorse à l'âme en essayant de jouer à ce jeu là.
Ca fait deux jours que je tente le coup, mais c'est impostable. Il semble que j'aie beaucoup de très mauvais souvenirs.
Heureusement le présent est meilleur,
alors disons que je ne me souviens de rien.
Je passe mon tour

C'est vrai que c'est bien plus difficile qu'il n'y parait, j'ai longtemps hesité avant d'envoyer, c'est très personnel, même si j'ai essayé d'alterner bon/moins bon.
Saint Jean-Baptiste
23 mars 2005 @ 21:32
La mémoire est la faculté qui oublie, Sibylline ! (Heureusement !!?)
MOPP
24 mars 2005 @ 06:17
La mémoire est la faculté qui oublie, Sibylline ! (Heureusement !!?)


Bonjour à tous...

C'est cela : ici et maintenant, pour moi, il faut savoir passer l'éponge et heureusement que tout n'est pas toujours rose, autrement on n'apprécierait plus le bonheur de se promener dans un bois de sapin, de regarder ses tourelles manger à quelques mètres de moi !
MOPP
24 mars 2005 @ 06:18
La mémoire est la faculté qui oublie, Sibylline ! (Heureusement !!?)


Bonjour à tous...

C'est cela : ici et maintenant, pour moi, il faut savoir passer l'éponge et heureusement que tout n'est pas toujours rose, autrement on n'apprécierait plus le bonheur de se promener dans un bois de sapin, de regarder ses TOUTERELLES manger à quelques mètres de moi !
Lucien

24 mars 2005 @ 11:19
Je me suis fait une entorse à l'âme en essayant de jouer à ce jeu là.
Ca fait deux jours que je tente le coup, mais c'est impostable. Il semble que j'aie beaucoup de très mauvais souvenirs.
Heureusement le présent est meilleur,
alors disons que je ne me souviens de rien.
Je passe mon tour


Pas besoin d'entorse à l'âme, Sibylline. Si l'on suit les conseils de Perec, les souvenirs ne doivent pas être "personnels" :

« Ces "je me souviens" ne sont pas exactement des souvenirs, et surtout pas des souvenirs personnels, mais des petits morceaux de quotidien, des choses que, telle ou telle année, tous les gens d’un même âge ont vues, ont vécues, ont partagées, et qui ensuite ont disparu, ont été oubliées ; elles ne valaient pas la peine d'être mémorisées, elles ne méritaient pas de faire partie de l'Histoire, ni de figurer dans les Mémoires des hommes d’Etat, des alpinistes et des monstres sacrés. Il arrive pourtant qu'elles reviennent, quelques années plus tard, intactes et minuscules, par hasard ou parce qu'on les a cherchées, un soir entre amis ; c’était une chose que l’on avait apprise à l'école, un champion, un chanteur ou une starlette qui perçait, un air qui était sur toutes les lèvres, un hold-up ou une catastrophe qui faisait la une des quotidiens, un best-seller, un scandale, un slogan, une habitude, une expression, un vêtement ou une manière de le porter, un geste, ou quelque chose d’encore plus mince, d'inessentiel, de tout à fait banal, miraculeusement arraché à son insignifiance, retrouvé pour un instant, suscitant pendant quelques secondes une impalpable petite nostalgie. »
Lucien

24 mars 2005 @ 15:59
Je me souviens de ce « vacuum » étrange que je trouvais, enfant, sur certains produits emballés sous vide ou encore, si ma mémoire est bonne, sur ces ingénieuses boîtes en matière plastique produites par une firme américaine au nom imprononçable spécialisée dans la démonstration à domicile.

Je me souviens de la première voiture de mon père, une Vangard Standard 8 vert pomme où ça sentait son savon à barbe – Fougères Embaumées – et la fumée de ses cigarettes Armada.

Je me souviens du nageur Alain Mosconi, et du coureur automobile Didier Pironi.

Je me souviens de la partie de basket dans "Vol au-dessus d'un nid de coucou", et de la partie de tennis dans "Blow-up".

Je me souviens que j’ai découvert Christophe Spielberger en achetant pour quatre euros, chez Gibert, son troisième livre, "La vie triée", orné d’une dédicace manuscrite à Frédéric Beigbeder, et que j’ai pensé à ce moment quelque chose comme : « Gibert, Spielberger, Beigbeder, ça rime. »

Je me souviens que j'ai appris la mort de De Gaulle dans un vestiaire d'éducation physique, et celle de Pompidou à un festival du cinéma fantastique, à Liège.

Je me souviens du bonheur que c’était de lire pour la première fois un album des aventures de Tintin.

Je me souviens des "Tontons flingueurs".

Je me souviens que je préférais "With a little help from my friends" dans l'interprétation de Joe Cocker à Woodstock que dans celle des Beatles, mais que je ne voulais pas me l'avouer.

Je me souviens que j'avais dans ma chambre une photo de Liv Ullman prise à travers une vitre pluvieuse, et que j'aimais beaucoup son regard.

Je me souviens du slogan désuet : « A ma montre à quartz JAZ, l’heure c’est l’heure, et JAZ vous la donne de bon cœur », et du quatrième TOP qui annonçait les heures.

Je me souviens de la Renault 14, apparue au début des années quatre-vingt, cette étrange chose sur roues que l’on avait surnommée « la Poire ».

Je me souviens de Billy Boule, "le plus gros écolier du monde".

Je me souviens des Shadoks et des Gibis, et de la voix de Claude Piéplu.

Je me souviens de mai 68.

Je me souviens de cette publicité, au moment de la sortie du « Canada Dry », ce petit scénario sur fond de prohibition : « la bouteille ressemblait à une bouteille d’alcool, ça avait la couleur de l’alcool, mais ça n’était pas de l’alcool. C’était du Canada Dry. »
Saule
(Je lis...)

24 mars 2005 @ 17:08
Je me souviens de la campagne des verts de Saint Etienne en coupe d'Europe, de leur défaite contre le Bayern de Munich, des soirées du mercredi soir ou on allait voir le match chez ma grand-mère parce que chez moi il n'y avait pas la couleur ni le cable.

Je me souviens de la musique du film Ghost, Unchained melody, aussi reprise dans une pub Levi's. Chaque fois que je suis saoul j'ai envie de la réécouter.

Je me souviens de la femme avec des yeux verts et des taches de rousseur dans la pub de lancement de Gini. Même si je n'aimais pas le goût amer, je prenais un Gini au distributeur automatique de l'école.

Je me souviens du livre "Les allumettes suédoises" de Sabatier, c'était la première fois qu'un livre faisait surgir des images dans ma tête.

Je me souviens d'une finale de coupe d'Europe à la TV. J'étais le seul à supporter les italiens dans ma famille, alors ma mère avait choisi de supporter Rome aussi. Graziani a raté son penalty, Liverpool a gagné la coupe et je n'ai plus dit un mot de la soirée.

Je me souviens de la finale interminable de Roland Garros entre Lendl et Mc Enroe, c'était pendant une session d'examen.

Je me souviens de la pochette du concerto pour piano 21 de Mozart, de l'andante (musique du film Elvira Madigan), de l'actrice blonde sur la photo ( http://www.deutschegrammophon.com/imgs/s300x300/4474362.jpg )

Je me souviens de mes petits coureurs en plastique auxquels je donnais des noms de champion : Sercu, Gimondi, Moser, Zoetemelk, et que je faisais avancer à coups de dés sur un circuit dessiné sur une planche en bois.
Fee carabine
24 mars 2005 @ 17:29
« Ces "je me souviens" ne sont pas exactement des souvenirs, et surtout pas des souvenirs personnels, mais des petits morceaux de quotidien (...) ».

Vu de 6000 kms de distance, les p'tits bouts de quotidien ne sont plus anodins. Impossible pour moi de me livrer à cet exercice, n'en déplaise à Lucien et à Perec.
Et si les souvenirs anodins ne sont plus si anodins, que dire de ceux qui n'étaient pas anodins dès le départ. Alors je pousserai un profond soupir de soulagement le jour où ce fuseau disparaîtra dans les profondeurs du forum... ou bien le jour où je rentrerai pour de bon en Belgique, mais ça...
Sahkti

24 mars 2005 @ 17:50
Je me souviens d'une finale de coupe d'Europe à la TV. J'étais le seul à supporter les italiens dans ma famille


Voilà quelqu'un de bien! :)
Tistou
24 mars 2005 @ 18:00
« Ces "je me souviens" ne sont pas exactement des souvenirs, et surtout pas des souvenirs personnels, mais des petits morceaux de quotidien (...) ».

Vu de 6000 kms de distance, les p'tits bouts de quotidien ne sont plus anodins. Impossible pour moi de me livrer à cet exercice, n'en déplaise à Lucien et à Perec.
Et si les souvenirs anodins ne sont plus si anodins, que dire de ceux qui n'étaient pas anodins dès le départ. Alors je pousserai un profond soupir de soulagement le jour où ce fuseau disparaîtra dans les profondeurs du forum... ou bien le jour où je rentrerai pour de bon en Belgique, mais ça...

Coup de Blues féérique. Si, si, je suis formel!
Fee carabine
24 mars 2005 @ 18:09
Coup de Blues féérique. Si, si, je suis formel!


Blues féérique... et Nina Simone chantant "I put a spell on you".

Tiens une petite séance de féérie avec les voix bleues - Nina Simone, Billie Holliday, Sarah Vaughan - c'est une bonne idée pour mon programme musical de ce soir. Merci pour la suggestion, Tistou :-).

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