JEyre
(Je lis...)
24 décembre 2011 @ 09:08
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J'aime beaucoup, Laventuriere... :)
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JEyre
(Je lis...)
24 décembre 2011 @ 09:08
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Rôoooo mais qu'est-ce qu'il m'arrive avec les Ô ? Une malédiction ?!^^
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Laventuriere
24 décembre 2011 @ 10:50
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Rôoooo mais qu'est-ce qu'il m'arrive avec les Ô ? Une malédiction ?!^^
Mais NON!!Baby!
C'est normal: tu éponges les ô, non, Bob?...:-))
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JEyre
(Je lis...)
24 décembre 2011 @ 11:47
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:)) J'sais pas ce que ça veut dire d'éponger les Ô mais ça a l'air drôle ! ;)
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Laventuriere
24 décembre 2011 @ 13:34
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:)) J'sais pas ce que ça veut dire d'éponger les Ô mais ça a l'air drôle ! ;)
Ben, Baby:c'est-y pas Bob l'éponge, là?...
En vertu des grands principes et si je ne m'abuse, docteur, on éponge les z'eaux, non?????Glups, glups:-))
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JEyre
(Je lis...)
24 décembre 2011 @ 13:40
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:)) J'sais pas ce que ça veut dire d'éponger les Ô mais ça a l'air drôle ! ;)
Ben, Baby:c'est-y pas Bob l'éponge, là?...
En vertu des grands principes et si je ne m'abuse, docteur, on éponge les z'eaux, non?????Glups, glups:-))
Ah !!!! (grand éclat de rires)
Faut pas m'en vouloir, j'suis d'la rue d'la boétie... ;)
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Laventuriere
24 décembre 2011 @ 13:47
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:)) J'sais pas ce que ça veut dire d'éponger les Ô mais ça a l'air drôle ! ;)
Ben, Baby:c'est-y pas Bob l'éponge, là?...
En vertu des grands principes et si je ne m'abuse, docteur, on éponge les z'eaux, non?????Glups, glups:-))
Ah !!!! (grand éclat de rires)
Faut pas m'en vouloir, j'suis d'la rue d'la boétie... ;)
Je sais, bichette:-)))))) et moi dans la boîte à sardines!:-)))
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JEyre
(Je lis...)
24 décembre 2011 @ 14:06
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:))))) on est mal barrées !^^
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Débézed
(Je lis...)
24 décembre 2011 @ 14:07
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Bisous à toutes et aux autres aussi que Noël soit gai et au moins pas trop triste. J'enverrai des ondes festives à tous ceux qui en manquent.
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JEyre
(Je lis...)
24 décembre 2011 @ 14:08
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Merci DBZ tu es un amour ! Bonnes fêtes à toi aussi ! Je prends les bisosu et les ondes festives ;)
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Gnome
27 décembre 2011 @ 22:40
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Pas très sensible à la poésie, ces vers me suivent pourtant depuis des années sans que je puisse m'en lasser :
"A une passante"
La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !
Baudelaire
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Laventuriere
28 décembre 2011 @ 06:40
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Ce n'est pas, à vrai dire, un poème mais c'est, malgré tout, d'une belle expression magique baudelairienne!
Les Bienfaits de la lune
La Lune, qui est le caprice même, regarda par la fenêtre pendant que tu dormais dans ton berceau, et se dit: "Cette enfant me plaît."
Et elle descendit moelleusement son escalier de nuages et passa sans bruit à travers les vitres. Puis elle s'étendit sur toi avec la tendresse souple d'une mère, et elle déposa ses couleurs sur ta face. Tes prunelles en sont restées vertes, et tes joues extraordinairement pâles. C'est en contemplant cette visiteuse que tes yeux se sont si bizarrement agrandis; et elle t'a si tendrement serrée à la gorge que tu en as gardé pour toujours l'envie de pleurer.
Cependant, dans l'expansion de sa joie, la Lune remplissait toute la chambre comme une atmosphère phosphorique, comme un poison lumineux; et toute cette lumière vivante pensait et disait: "Tu subiras éternellement l'influence de mon baiser. Tu seras belle à ma manière. Tu aimeras ce que j'aime et ce qui m'aime: l'eau, les nuages, le silence et la nuit; la mer immense et verte; l'eau uniforme et multiforme; le lieu où tu ne seras pas; l'amant que tu ne connaîtras pas; les fleurs monstrueuses; les parfums qui font délirer; les chats qui se pâment sur les pianos et qui gémissent comme les femmes, d'une voix rauque et douce!
"Et tu seras aimée de mes amants, courtisée par mes courtisans. Tu seras la reine des hommes aux yeux verts dont j'ai serré aussi la gorge dans mes caresses nocturnes; de ceux-là qui aiment la mer, la mer immense, tumultueuse et verte, l'eau informe et multiforme, le lieu où ils ne sont pas, la femme qu'ils ne connaissent pas, les fleurs sinistres qui ressemblent aux encensoirs d'une religion inconnue, les parfums qui troublent la volonté, et les animaux sauvages et voluptueux qui sont les emblèmes de leur folie."
Et c'est pour cela, maudite chère enfant gâtée, que je suis maintenant couché à tes pieds, cherchant dans toute ta personne le reflet de la redoutable Divinité, de la fatidique marraine, de la nourrice empoisonneuse de tous les lunatiques.
Charles Baudelaire
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Laventuriere
28 décembre 2011 @ 06:44
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Le Port
Un port est un séjour charmant pour une âme fatiguée des luttes de la vie. L'ampleur du ciel, l'architecture mobile des nuages, les colorations changeantes de la mer, le scintillement des phares, sont un prisme merveilleusement propre à amuser les yeux sans jamais les lasser. Les formes élancées des navires, au gréement compliqué, auxquels la houle imprime des oscillations harmonieuses, servent à entretenir dans l'âme le goût du rythme et de la beauté. Et puis, surtout, il y a une sorte de plaisir mystérieux et aristocratique pour celui qui n'a plus ni curiosité ni ambition, à contempler, couché dans le belvédère ou accoudé sur le môle, tous ces mouvements de ceux qui partent et de ceux qui reviennent, de ceux qui ont encore la force de vouloir, le désir de voyager ou de s'enrichir.
Baudelaire
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Laventuriere
3 janvier 2012 @ 16:47
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La mort des amants
Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d'étranges fleurs sur des étagères,
Ecloses pour nous sous des cieux plus beaux.
Usant à l'envi leurs chaleurs dernières,
Nos deux coeurs seront deux vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.
Un soir fait de rose et de bleu mystique,
Nous échangerons un éclair unique,
Comme un long sanglot, tout chargé d'adieux ;
Et plus tard un Ange, entr'ouvrant les portes,
Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
Les miroirs ternis et les flammes mortes.
Charles Baudelaire
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Laventuriere
3 janvier 2012 @ 16:58
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Madrigal triste
I
Que m'importe que tu sois sage ?
Sois belle ! et sois triste ! Les pleurs
Ajoutent un charme au visage,
Comme le fleuve au paysage ;
L'orage rajeunit les fleurs.
Je t'aime surtout quand la joie
S'enfuit de ton front terrassé ;
Quand ton coeur dans l'horreur se noie ;
Quand sur ton présent se déploie
Le nuage affreux du passé.
Je t'aime quand ton grand oeil verse
Une eau chaude comme le sang ;
Quand, malgré ma main qui te berce,
Ton angoisse, trop lourde, perce
Comme un râle d'agonisant.
J'aspire, volupté divine !
Hymne profond, délicieux !
Tous les sanglots de ta poitrine,
Et crois que ton coeur s'illumine
Des perles que versent tes yeux !
II
Je sais que ton coeur, qui regorge
De vieux amours déracinés,
Flamboie encor comme une forge,
Et que tu couves sous ta gorge
Un peu de l'orgueil des damnés ;
Mais tant, ma chère, que tes rêves
N'auront pas reflété l'Enfer,
Et qu'en un cauchemar sans trêves,
Songeant de poisons et de glaives,
Eprise de poudre et de fer,
N'ouvrant à chacun qu'avec crainte,
Déchiffrant le malheur partout,
Te convulsant quand l'heure tinte,
Tu n'auras pas senti l'étreinte
De l'irrésistible Dégoût,
Tu ne pourras, esclave reine
Qui ne m'aimes qu'avec effroi,
Dans l'horreur de la nuit malsaine,
Me dire, l'âme de cris pleine :
" Je suis ton égale, Ô mon Roi ! "
Baudelaire
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Laventuriere
3 janvier 2012 @ 17:05
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Les quatre sans cou
Ils étaient quatre qui n'avaient plus de tête,
Quatre à qui l'on avait coupé le cou,
On les appelait les quatre sans cou.
Quand ils buvaient un verre,
Au café de la place ou du boulevard,
Les garçons n'oubliaient pas d'apporter des entonnoirs.
Quand ils mangeaient, c'était sanglant,
Et tous quatre chantant et sanglotant,
Quand ils aimaient, c'était du sang.
Quand ils couraient, c'était du vent,
Quand ils pleuraient, c'était vivant,
Quand ils dormaient, c'était sans regret.
Quand ils travaillaient, c'était méchant,
Quand ils rôdaient, c'était effrayant,
Quand ils jouaient, c'était différent,
Quand ils jouaient, c'était comme tout le monde,
Comme vous et moi, vous et nous et tous les autres,
Quand ils jouaient, c'était étonnant.
Mais quand ils parlaient c'était d'amour.
Ils auraient pour un baiser
Donné ce qui leur restait de sang.
Leurs mains avaient des lignes sans nombre
Qui se perdaient parmi les ombres
Comme des rails dans la forêt.
Quand ils s'asseyaient, c'était plus majestueux que des rois
Et les idoles se cachaient derrière leurs croix
Quand devant elles ils passaient droits.
On leur avait rapporté leur tête
Plus de vingt fois, plus de cent fois,
Les ayant retrouvés à la chasse ou dans les fêtes
Mais jamais ils ne voulurent reprendre
Ces têtes où brillaient leurs yeux,
Où les souvenirs dormaient dans leur cervelle.
Cela ne faisait peut-être pas l'affaire
Des chapeliers et des dentistes.
La gaieté des uns rend les autres tristes.
Les quatre sans cou vivent encore, c'est certain.
J'en connais au moins un
Et peut-être aussi les trois autres.
Le premier, c'est Anatole,
Le second, c'est Croquignole,
Le troisième, c'est Barbemolle,
Le quatrième, c'est encore Anatole.
Je les vois de moins en moins,
Car c'est déprimant, à la fin,
La fréquentation des gens trop malins.
Robert DESNOS ("Les sans cou")
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Laventuriere
4 janvier 2012 @ 03:43
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"Le désespoir est assis sur un banc"
Dans un square sur un banc
Il y a un homme qui vous appelle quand on passe
Il a des binocles un vieux costume gris
Il fume un petit ninas il est assis
Et il vous appelle quand on passe
Ou simplement il vous fait signe
Il ne faut pas le regarder
Il ne faut pas l'écouter
Il faut passer
Faire comme si on ne le voyait pas
Comme si on ne l'entendait pas
Il faut passer et presser le pas
Si vous le regardez
Si vous l'écoutez
Il vous fait signe et rien personne
Ne peut vous empêcher d'aller vous asseoir près de lui
Alors il vous regarde et sourit
Et vous souffrez attrocement
Et l'homme continue de sourire
Et vous souriez du même sourire
Exactement
Plus vous souriez plus vous souffrez
Atrocement
Plus vous souffrez plus vous souriez
Irrémédiablement
Et vous restez là
Assis figé
Souriant sur le banc
Des enfants jouent tout près de vous
Des passants passent
Tranquillement
Des oiseaux s'envolent
Quittant un arbre
Pour un autre
Et vous restez là
Sur le banc
Et vous savez vous savez
Que jamais plus vous ne jouerez
Comme ces enfants
Vous savez que jamais plus vous ne passerez
Tranquillement
Comme ces passants
Que jamais plus vous ne vous envolerez
Quittant un arbre pour un autre
Comme ces oiseaux.
Jacques Prévert
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Laventuriere
4 janvier 2012 @ 03:48
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Chanson de l'oiseleur
L'oiseau qui vole si doucement
L'oiseau rouge et tiède comme le sang
L'oiseau si tendre l'oiseau moqueur
L'oiseau qui soudain prend peur
L'oiseau qui soudain se cogne
L'oiseau qui voudrait s'enfuir
L'oiseau seul et affolé
L'oiseau qui voudrait vivre
L'oiseau qui voudrait chanter
L'oiseau qui voudrait crier
L'oiseau rouge et tiède comme le sang
L'oiseau qui vole si doucement
C'est ton coeur jolie enfant
Ton coeur qui bat de l'aile si tristement
Contre ton sein si dur si blanc.
Jacques Prévert
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Laventuriere
4 janvier 2012 @ 03:57
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Nous dormirons ensemble
Que ce soit dimanche ou lundi
Soir ou matin minuit midi
Dans l’enfer ou le paradis
Les amours aux amours ressemblent
C’était hier que je t’ai dit
Nous dormirons ensembles
C’était hier et c’est demain
Je n’ai plus que toi de chemin
J’ai mis mon cœur entre tes mains
Avec le tien comme il va l’amble
Tout ce qu’il a de temps humain
Nous dormirons ensemble
Mon amour ce qui fut sera
Le ciel est sur nous comme un drap
J’ai refermé sur toi mes bras
Et tant je t’aime que j’en tremble
Aussi longtemps que tu voudras
Nous dormirons ensemble
Louis Aragon
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Laventuriere
8 janvier 2012 @ 15:02
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De mon état je suis si incertain
De mon état je suis si incertain
Que consumé d’ardeur je suis tremblant de froid ;
Et sans motif je pleure et je ris à la fois,
J’embrasse l’univers et j’étreins le néant.
Tout ce que je ressens est une confusion ;
Un feu sort de mon âme, un fleuve de mes yeux
Tantôt j’espère et tantôt j’ai des doutes,
Tantôt je déraisonne et tantôt je vois clair.
Je suis sur terre et je m’envole au Ciel,
Je découvre en une heure mille années,
Et en mille ans ne puis trouver une heure.
Si quelqu’un veut savoir pourquoi je suis ainsi,
Je dis que je l’ignore ; et pourtant je soupçonne,
Madame, que ce n’est que pour vous avoir vue.
Luis de Camoes
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Laventuriere
8 janvier 2012 @ 15:05
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Ne quémande rien
Ne quémande rien. N’attends jamais
D’être payé de retour. Le pur souffle
Que tu propages doit faire le long tour,
Par-delà tes jours. Te reviendra
En orties, ou en pierres, peu importe.
Il t’accompagnera dans ta marche
Plus loin que toi le long de la Voie.
François Cheng
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Laventuriere
8 janvier 2012 @ 15:26
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@Septu...et merci avec retard!
Le mystère de la beauté
Il est dans la campagne une science que je ne sais
pas lire, quand la pluie commence à tomber
avec la monotonie du soir et que son bruit
interrompt le silence qui croît sur
la pelouse, quand les oiseaux ne
chantent pas. J’effeuille ses pages,
entre le sentier et la roselière
qui cache la rive presque sèche ; et
une logique d’équations automnales
me ravit la lumière qui entrouvrait un
désir d’été, comme si la nuit
était arrivée pour rester. Mais quand
je ferme le livre et que j’oublie que
les choses naissent de cette science ancienne,
l’arbre ouvre une seconde fois ses branches
pour m’accueillir, et je récolte le fruit
du passé pour sentir dans la bouche,
encore une fois, le jus de la vie.
Nuno Júdice
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Laventuriere
10 janvier 2012 @ 16:09
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Demain
Agé de cent-mille ans, j'aurais encore la force
De t'attendre, o demain pressenti par l'espoir.
Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses,
Peut gémir: neuf est le matin, neuf est le soir.
Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille,
Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu,
Nous parlons à voix basse et nous tendons l'oreille
A maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.
Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore
De la splendeur du jour et de tous ses présents.
Si nous ne dormons pas c'est pour guetter l'aurore
Qui prouvera qu'enfin nous vivons au présent.
Robert Desnos
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JEyre
(Je lis...)
15 janvier 2012 @ 09:51
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Henry BATAILLE (1872-1922)
Les souvenirs
Les souvenirs, ce sont les chambres sans serrures,
Des chambres vides où l'on n'ose plus entrer,
Parce que de vieux parents jadis y moururent.
On vit dans la maison où sont ces chambres closes.
On sait qu'elles sont là comme à leur habitude,
Et c'est la chambre bleue, et c'est la chambre rose...
La maison se remplit ainsi de solitude,
Et l'on y continue à vivre en souriant...
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Laventuriere
18 janvier 2012 @ 05:34
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Les poètes
Ce sont de drôles de types qui vivent de leur plume
Ou qui ne vivent pas c'est selon la saison
Ce sont de drôles de types qui traversent la brume
Avec des pas d'oiseaux sous l'aile des chansons
Leur âme est en carafe sous les ponts de la Seine
Les sous dans les bouquins qu'ils n'ont jamais vendus
Leur femme est quelque part au bout d'une rengaine
Qui nous parle d'amour et de fruit défendu
Ils mettent des couleurs sur le gris des pavés
Quand ils marchent dessus ils se croient sur la mer
Ils mettent des rubans autour de l'alphabet
Et sortent dans la rue leurs mots pour prendre l'air
Ils ont des chiens parfois compagnons de misère
Et qui lèchent leurs mains de plume et d'amitié
Avec dans le museau la fidèle lumière
Qui les conduit vers les pays d'absurdité
Ce sont des drôles de types qui regardent les fleurs
Et qui voient dans leurs plis des sourires de femme
Ce sont de drôles de types qui chantent le malheur
Sur les pianos du coeur et les violons de l'âme
Leurs bras tout déplumés se souviennent des ailes
Que la littérature accrochera plus tard
A leur spectre gelé au-dessus des poubelles
Où remourront leurs vers comme un effet de l'Art
Ils marchent dans l'azur la tête dans les villes
Et savent s'arrêter pour bénir les chevaux
Ils marchent dans l'horreur la tête dans des îles
Où n'abordent jamais les âmes des bourreaux
Ils ont des paradis que l'on dit d'artifice
Et l'on met en prison leurs quatrains de dix sous
Comme si l'on mettait aux fers un édifice
Sous prétexte que les bourgeois sont dans l'égout
Léo Ferré
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Saule
(Je lis...)
29 janvier 2012 @ 09:39
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Leconte de Lisle
Ah ! de sa tige d’or quand cette Fleur du ciel
Tomba pour embaumer les vallons d’Israël,
Que les vents étaient doux qui passaient dans les nues !
Tu vis naître, ô Saron, des roses inconnues !
Tes palmiers, ô Gadès, émus d’un souffle pur,
Bercèrent, rajeunis, leurs palmes dans l’azur !
Ton cèdre, ô vieux Liban, noir d’une ombre profonde,
Croyant qu’il revoyait les premiers jours du monde,
Salua le soleil qui brilla sur Eden !
Le parfum oublié de l’antique jardin,
Comme un cher souvenir et comme une promesse,
Des enfants de l’exil adoucit la tristesse,
Et de célestes voix, en chants harmonieux,
Dirent ton nom, Marie, à l’univers joyeux.
Terre ! oublie en un jour ton antique détresse !
Ô Cieux ! comme les mers, palpitez d’allégresse !
La Vierge bienheureuse est née au sein de Dieu !
Elle vole, aux clartés de l’arc-en-ciel en feu,
La Colombe qui porte à l’arche du refuge
Le rameau d’olivier qui survit au déluge !
Le mystique rosier va parfumer les airs !
L’Etoile matinale illumine les mers !
Saluez, bénissez, créatures sans nombre,
Celle que le Très-Haut doit couvrir de son ombre,
Et qui devra porter, vierge, en ses flancs bénis,
Le Dieu qui précéda les siècles infinis !
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Emilien
(Je lis...)
1 février 2012 @ 02:15
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un poème de Bukowski
Le cœur riant (The Laughing Heart)
Ta vie est ta vie
Ne te laisses pas abattre par une soumission moite
Sois à l’affût
Il y a des issues
Il y a de la lumière quelque part
Il y en a peut-être peu
Mais elle bat les ténèbres
Sois à l’affût
Les dieux t’offriront des chances
Reconnais-les
Saisis-les
Tu ne peux battre la mort
Mais tu peux l’abattre dans la vie
Et le plus souvent tu sauras le faire
Le plus il y aura de lumière.
Ta vie, c’est ta vie.
Sache-le tant qu’il est temps
Tu es merveilleux
Les dieux attendent cette lumière en toi.
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