Magicite
avatar 03/04/2020 @ 22:55:21
L’apéro avait eut lieu dans une atmosphère maussade. On ne buvait plus que par habitude et les esprits étaient tous accaparé par l’extraordinaire agitation des volatiles.
Jean-Pierre avait suggéré que c’était peut-être du morse. Marc qui voulait se faire accepter par a communauté avait toujours son mot à dire qui se voulait intelligent ou drôle avait rétorqué que c’était des oiseaux et qu’on ne voyait pas comment des morses seraient parvenus à monter dans des arbres. Aline serra d’ailleurs le bras de son mari avant d’échanger un regard complice à Milène. Jean-René ne dit rien mais savait bien que la piste n’était pas viable. Il avait d’ailleurs fournit l’analyse faite par ses soins de ses enregistrements à Fernand qui avait été opérateur radio qui lui confirma que cela ne ressemblait en rien à un code qu’il connaissait ou en tout cas qu’il était incapable d’en décrypter quoique ce soit si il y avait un message.
L’intervention de Marc fut la dernière parole sur les oiseaux, c’est pour dire si depuis le phénomène extraordinaire tous avaient épuisés leur théories et idées.
Il fut quand même décider d’agir. Tous étaient d’accord, cela finirait par se savoir. Il ne faudrait pas que des gens de l’extérieur s’aperçoivent de leur tapages. Et puis quoi encore, passer au journal de Pernaud? Comme s’ils avaient besoin de ça surtout qu’ils tenaient à garder leur secret bien gardé.

Le lendemain les villageois complices étaient sur le pied de guerre.
Quand les oiseaux commencèrent hommes, femmes et enfants se dressèrent comme un seul homme en direction de la campagne environnante.
«  tak a tak tak tak tak tak aka kat tak » faisait la litanie dans les arbres de ce village dans une vallée boisée.
«Foutus oiseaux.» s’écria Germaine et ce fut le départ de tous pour laisser libre cours à leur agacement.
Fernand s’empara d’une branche qu’il envoya bouler contre le tronc d’arbre qui y claqua sans que ça ne paraisse déranger les concertistes.
Jean-René qui avait délaissé son enregistreur pour l’occasion cria:
« ça fait des mois que vous nous courrez sur le haricots avec votre vacarme. Vous allez la fermer. ».
Jean-Pierre surenchérit en balançant une pomme de pin dans leur direction.
Maxime plus adroit alluma avec une pierre l’un des 10 pic-verts sur la branche.
Ce qui ne sembla pas les affoler ou couper leur caquets.
« Bande de ... » dit Marc sans trouver d’expression convenable à son geste dit-il en lançant uneautre pierre qui en envoya voler comme au jeu de quilles 2 d’un coup.
Les enfants l’imitérent aussitôt. 2 oiseaux de moins.
Mais le tak a tak tak tak n’en continua pas moins.

Jusqu’à ce que chacun eut pu tenter sa chance façon jeu de fête foraine avec plus ou moins de succès et que le dernier picoreur d’écorceur cessa son manège.

Ils furent tous soulagés même si la tournure qu’avait pris les événements était improvisée ils avaient réglé le problème des turbulents et des 43 minutes d’enfer qu’ils avaient supportés trop longtemps.

Le lendemain fut une journée calme. On rit, n bavarda mais pas une seule fois les oiseaux ou l’action de la veille ne fut évoquée.

Le surlendemain vers 5h48 un vacarme curieux eut lieu.
Sur des rochers des blaireaux aiguisaient leur griffes. Cela se faisait en rythme. Ils étaient onze. Tous synchronisés d’une manière exceptionnelle bien que le cas eut un précédent.
Certains voulaient régler de suite le problème. Mais comme s’approcher de blaireaux est plus périlleux que de le faire d’inoffensifs volatiles de quelques grammes que d’animaux sauvages qui s’aiguisent les griffes rien ne fut fait de suite.
Ils supportèrent la cacophonie ressemblant à de la craie qui raye le tableau pendant 44 minutes. Tel fut le verdict du chronomètre.
La semaine suivante fut épouvantable. Jusqu’à ce que l’équipe anti-blaireau fut montée et une expédition prévue.
Ils étaient couverts d’armures faites de coussins rembourrés et munis de bâtons pointus.
Ces braves qui ne seront pas nommés ici et ne tiennent pas à se faire connaître des autorités revinrent avec leurs armes ensanglantés, éprouvés mais victorieux.

Les deux jours suivant furent si paisibles que les regards des villageois pas tous convaincus que ce fut la bonne décision à prendre s’apaisèrent et alors que l’on commençait à se sourire et se parler à nouveau le troisième jour eut lieu un raout de tout les diables à la lisière du village et de la forêt. Il était 6h08.
Des sangliers piétinaient le sol. Tous en cadence puis frottaient leurs museaux e rythme aussi contre les troncs des arbres environnants façon lutteur qui empoigne l’autre et ponctuait d’un cri rauque qui est leur coutume cette étrange, fabuleuse et incongrue parade de 45 minutes.

Tout les jours eut lieu ce phénomène. L’histoire ne dit pas ce que firent les villageois, si une battue fut organisé pour les faire taire.
Ce village se nomme Libre. Ses habitants partagent tous une chose importante qui doit rester secéte.
Ils veulent être laissé tranquille. Qu’on ne les importune pas avec la politique, il n’y avait pas d’élu ou de représentant au discours grandiloquents.
Qu’on ne les appellent pas au téléphone pour leur vendre des abonnements à un nouveau et révolutionnaire service de téléphone, qu’on ne leur demande pas s’ils voulaient répondre à des sondages ou de reprendre leurs crédits à des taux avantageux voire de changer de distributeur de gaz ou d’électricité.
Il ne voulaient pas qu’on leur parle de religion ou de ce qui ferait leur salut.
Ils ne voulaient pas changer pour un appareil plus perfectionné donc ils n’avaient aucuns besoins.
Ils ne voulaient pas qu’on leur rappelle le passé, qu’on s’intéresse à leur passé où qu’on lur demanda leur avis sur quoi que ce soit.
Ils ne voulait pas de loi, pas d’obligations et encore moins d’interdictions.
Ils voulaient tout simplement être tranquille et se confiner loin de tout ce qui leur cassait les coucous.
La liste étant trop longue pour être faite ici je vous laisse imaginer ce que chacun pouvait y mettre, il y avait de tout.
Ils se confinaient pour être tranquille, lion de tout ce qui pouvait être un désagrément, loin du monde des autres et de leurs prospectus pour des échelles pliables, des poissons en promos et des réunions d’initiatives.

La nature leur prouva que ce n’était pas possible par un curieux et cruel tour.

Magicite
avatar 03/04/2020 @ 23:39:50
complément:

le hameau de Libre/Libri existe réellement, rattaché aujourd'hui à un plus grand village il se situe à la frontière entre l'Italie et la France où son tracé comme ses routes font des "S" et des "Z" plutôt qu'un ligne droite. Frontière qui a d'ailleurs pas mal changé selon les époques dans un sens ou dans l'autre, Libre n'étant rattaché définitivement à la France qu'en 1947(et jusqu'à 1870 le Comté de Nice n'était pas français et dominait partiellement cette région).
La légende ou tradition orale raconte que ses fondateurs furent des prisonniers italiens qui s'échappérent là bas en sachant que la justice Italienne ne pouvait les atteindre.
Les historiens et linguistes quand ils ont un avis ne sont pas d'accord avec cette légende mais ça reste une idée qui est communément relayée par les Librasques(habitants de Libre) eux-même. L'avis des historiens et des linguistes attribuent le nom au fait que les chemins muletiers (les seuls qui pouvaient se rendre dans ce hameau de montagne escarpé jusqu'à assez récemment) étaient libres de passages, sans taxes( un peu comme c'est le cas plus connu des lieux qui se nomment Villefranche ) ou que le hameau a prit ce nom par rapport à son indépendance aussi bien avec les 2 pays frontaliers ou encore que le nom est venu de "l’existence de biens communautaires appartenant aux habitants du hameau, le four et les canaux d’irrigation ".
Tous sont d'accord pour dire qu'ils n'en savent rien en réalité et que les fondateurs du village devaient être des exilés italiens(piémontais fuyant les napolitains). Que chacun se fasse son avis mais leur attachement à la France es manifeste jusqu'au nom du village car Libri se rattache plutôt au mot livre en italien , c'est en français qu'il trouve son sens de liberté et que c'est dur d'évoquer dans un habitat pastoral et de cultivateurs(oliviers, lavande) la notion de livre.

Ce n'est pas important pour l'histoire (et d'ailleurs l'idée n'est venue qu'à la fin de ce texte un peu en manque d'inspiration) mais un lieu avec un si joli nom méritait un peu plus d'explication je trouve.

Darius

avatar 04/04/2020 @ 09:33:50
"Jusqu’à ce que l’équipe anti-blaireau fut montée et une expédition prévue.
Ils étaient couverts d’armures faites de coussins rembourrés et munis de bâtons pointus.
Ces braves qui ne seront pas nommés ici et ne tiennent pas à se faire connaître des autorités revinrent avec leurs armes ensanglantés, éprouvés mais victorieux."


Je dois d'abord digérer cette phrase qui m'a bousillé l'estomac et qui ne me rend ce village pas du tout sympathique...et qui m'enjoindrait à le fuir au plus vite si j'y habitais :-( sorry.. cela me rappelle de mauvaus souvenirs de mon village natal, c'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles je n'habiterais plus dans un village...

Désolée, je reviens plus tard pour des commentaires plus conciliants..
..

Nathafi
avatar 04/04/2020 @ 10:15:37
Ah oui là c'est la grosse armada ! Je suis toujours impressionnée par ton imagination Magicite, je savais que tu nous aurais offert un déroulement spectaculaire, d'autant que dans ton texte MM, je t'ai senti dans la retenue !
Mais je crains pour ton village quand même, parce que les sangliers...
Et merci pour la minute culturelle concernant le village !
Bravo Magicite !

Martin1

avatar 04/04/2020 @ 11:16:03
Merci Magicite, je vois que comme moi tu es parti dans une direction qui n'exclut pas le fantastique
Ces effectifs numériques, ces laps de temps à la durée bien définie, donnent une impression de code, de message laissé par la nature. Tout se passe comme si les animaux entraient dans une forme de rituel dont ils ne sont que les instruments.
Que les habitants y voient une menace et y répliquent de façon radicale et sanglante est compréhensible mais effrayant.
Au final, il y avait de l'inspiration réelle dans ton texte, et même quelques trouvailles intéressantes de vocabulaire (litanie, concertistes) ! Mais je n'aurai pas voulu en écrire la chute car la tenir à la hauteur des promesses est une gageure ;-)

"Qu’on ne les importune pas avec la politique" : ahah comme on aimerait ! Hélas, la politique n'est jamais que la vocation profonde de la société... C'est de l'essence de la politique que de se trouver partout où il y a des hommes!

Evaetjean
avatar 04/04/2020 @ 12:29:08
Mais c'est quoi ce village et ces villageois qui tuent les animaux au nom de leur sacro sainte liberté !! Ton texte me laisse une étrange sensation avec une pointe d'espoir que les sangliers les aient tous mangé na voilà...

Néanmoins merci pour ton texte même si vraiment, vraiment il ne me rend pas ces villageois sympathiques... et merci pour ton complément d'info concernant le nom de ce village :) !

Pieronnelle

avatar 04/04/2020 @ 12:37:38
L'ambiance du village est bien décrite et les reflexions des hommes aussi. Mais ce village ne mérite pas cette forêt ! Quelle cruauté, mais bien humaine finalement , l'homme ne voit pas d'autres solutions que de tuer ou massacrer. Un vrai réquistoire contre ces humains ! Et, comme je le pense vraiment, c'est la Nature qui gagnera et l'homme qui pliera : "La nature leur prouva que ce n’était pas possible par un curieux et cruel tour." Bien fait !
Bien aimé l'histoire du village Libre ; dans cette région frontalière on trouve des communes, ou même principauté (ex Seborgue) au statut particulier...Menton fut commune libre au XIX è siecle pendant quelques temps : -)
Merci !

Cyclo
avatar 04/04/2020 @ 14:54:46
On passe des pics-verts aux blaireaux puis aux sangliers ; ça pourrait continuer à l'infini. J'ai trouvé ça très drôle, et finalement dans la continuité, et ça se termine sur une ouverture : c'est pas vraiment fini, cette histoire de bruit infernal ! La campagne n'est plus ce qu'elle était !

Cyclo
avatar 04/04/2020 @ 16:28:16
Moi aussi, j'ai vécu à la campagne dans les années 50 et au début des années 60 jusqu'à mes études supérieures, mais heureusement pendant l'année scolaire j'étais en internat en ville? Une fois retraitée, une de mes soeurs s'en "enterrée" à la campagne, elle s'en mord un peu les doigts aujourd'hui, car ils sont connus comme des "étrangers", même si c'est dans le village où elle a débuté comme institutrice, et après une carrière à St Quentin en Yvelines.
Et le confinement actuel leur paraît plus dur !!!

Radetsky
avatar 04/04/2020 @ 17:06:49
Moi aussi, j'ai vécu à la campagne dans les années 50 et au début des années 60 jusqu'à mes études supérieures, mais heureusement pendant l'année scolaire j'étais en internat en ville? Une fois retraitée, une de mes soeurs s'en "enterrée" à la campagne, elle s'en mord un peu les doigts aujourd'hui, car ils sont connus comme des "étrangers", même si c'est dans le village où elle a débuté comme institutrice, et après une carrière à St Quentin en Yvelines.
Et le confinement actuel leur paraît plus dur !!!

Ta soeur est tombée chez des sauvages...!?
J'ai quitté Paris en 1979, pour Lyon, puis Marseille, puis Lyon à nouveau, puis Paris derechef...que j'ai quitté pour de bon en 1997 : OUF ! Les Pyrénées huit ans et depuis 2005 l'Isère, terre bénie de bois, montagnes, torrents, villages, vaches, fromages, vins, livres... Bon, les voisins et le village, c'est bonjour-bonsoir, mais absolument pas d'animosité ou d'acrimonie et on accueille volontiers les réunions partagées que je propose autour d'un bouquin, de temps à autre.
Et puis le "caractère ombrageux" qui m'a été diagnostiqué par le médecin scolaire dès 1956 ne m'a jamais quitté . Alors ça va. :))

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