XooHooX
avatar 06/12/2018 @ 03:23:57
Je pourrais en dire des choses sur la rue, mais je dirais juste que je dissocies ceux qui VIVENT dans la rue, et ceux qui TRAINENT dans le rue, et ceux qui MANIFESTENT dans la rue, j'y ai trainer, j'y ai manifester seul ma colère, en priant de ne pas finir par y vivre, je n'y ai eu que des emmerdes, j'ai peu constater que la solidarité y existe mais pas pour tout le monde, et le deux poids deux mesure aussi !

Provisette1 02/01/2019 @ 11:45:46
Si tu as constaté de la solidarité ds la rue, je dois avouer que j'en suis bien aise car, vois-tu, je n'y ai rencontré que des personnes désespérément seules et nullement solidaires les unes avec les autres: seules quelques personnes de passage ayant une vie dite "normale" sont, parfois, des humains qui font preuve de générosité, de solidarité, de bienveillance envers elles.
Je sais ce dont je parle: j'y ai vécu- survécu plutôt- 4 mois.

XooHooX
avatar 02/01/2019 @ 13:48:32
rare sont les groupe, mais il en existent :)

Cyclo
avatar 03/01/2019 @ 16:01:03
Avouons que pour la plupart des passants, les sdf et autres mendiants et quémandeurs sont invisibles, transparents ! Même dans une rue hyper commerçante comme la rue Ste Catherine à Bordeaux, où des tas de gens passent, on fait semblant de ne pas les voir !
Il m'arrive souvent de discuter avec eux, pour savoir comment ils en sont arrivés là (ça pourrait donner lieu à des nouvelles pour des écrivains talentueux, comme l'a fait Bernard Ollivier dans "Nouvelles d'en bas" paru chez Phébus en 2001). Beaucoup sont sans espoir et peu ont envie de se révolter, car pour se révolter, il faut avoir un brin d'espoir, de ressort, d'énergie...

Magicite
avatar 07/01/2019 @ 10:21:13
Il y aussi le premier tome de la trilogie de V. Despentes : "Vernon Subutex" qui montre assez bien ce que
c'est la rue. ça n'étonneras pas ceux qui connaissent ce monde mais c'est une vision tirée de ce réel même si parcellaire.
monde, micro ou macro cosme...des nébuleuses d'individus pas glorieuses.
Je n'ai jamais su décider si les gens qui y vivent complétement le sont par leur propre volonté ou par contrainte...
Bien sûr dans certains cas c'est flagrant l'un ou l'autre mais volonté et contrainte sont si proches dans l'intime et éphémère
promiscuité nécessaire.
Nécessaire, nécessiteux...
Pas vraiment chaleureux, comment faire de la chaleur alors que il est difficile de dormir, de simplement souffler dans un abri, se sentir en sécurité.
La chaleur c'est celle de l’alcoolisme pragmatique, de la chauffe dans une boîte de conserve allumée, des visages aux rires grinçants ou renfrognés
que l'on croise régulièrement jusqu'à partager la richesse qui déborde de ce monde de la rue: le temps ou bien l'ennui.
Une femme le pantalon tâché de merde pour pas qu'un des hommes aient des idées inapropriées et qui ne peut pas dormir seule non plus.
Si seulement elle pouvait acheter de la cocaïne elle oublierait que hier et demain elle est si usée et fatiguée et déjà pas jeune avant de se retrouver à la rue,
elle essaierait d'aller chez son petit copain celui qui a un appart et l'a jamais frappé...mais ils se sont encore disputés et chacun a sa fierté, elle laissera le temps d'oublier.
Odeur de nourriture dans les poubelles, transpiration viciée recouvrant la peau comme ça fait tellement de temps que tu t'est pas lavé que t'imagine même pls que c'est possible de pas avoir une pellicule de gras sur la peau, silence de la nuit qui n'apaise pas plus que la foule de passants car il n'y a qu'un peu de répit intime dans cette survie asservie et chaotique voire aucun.
Survie asservie aux portes d'immeubles forcées pour trouver un endroit ou pas glacer de froid, s'allonger à l'abri de pire que soi...

J'ai essayé de dire des choses sur la rue, pleine de ces don Quichotte qui brassent leur moulins à vent en travaillant du chapeau, pas vraiment des anges ou des gens intelligents, parfois des moments...
pas de bons mais oublier les pires et vivre et continuer le lendemain c'est déjà très bien...Le bonheur est stérilisé, faut bien se préserver de son microbe car ça ne dure pas. Seule la joie de changer de ville, de climat en suivant les saisons, de changer de lieux où traîner et du regard suspect des policiers, des passants.
Beaucoup sur la longueur, sur l'épuisement d'un sommeil jamais vraiment reposant de n'être jamais en sécurité(sauf ceux qui sont plusieurs et ont des chiens mais à plusieurs aussi il y a des ennuis),
sur la tristesse un jour il se réveille pas, se réchauffe définitivement en s'électrocutant.
Traqués, à craindre car souvent il faut se méfier de tout et pour tout, sans répit autre que l'envie.
J'ai essayé de dire des choses sur la rue mais la plupart du temps je préfère ne pas me rappeler.

Enfin moi je n'y ai été qu'un touriste, je n'ai eu que peu de fois à dormir sur les bancs où dans un parc bien
que quelquefois somnoler dans le renforcement d'une porte avant d'aller au travail. La première fois à peu près 20 ans les gares fermaient pas encore toutes la nuit et on pouvait encore avoir ce sanctuaire entre les traintrains quotidiens des trains.
La plupart du temps des amis m'ont accueillis le temps que je n'ai plus envie de les déranger, ceux qu'ont a 20 ans et qu'on croit garder près de soi toute sa vie.
Logements à la semaine, à la nuit par des loueurs qui mériteraient l'intervention d'un Raskolnikov au
mieux de sa forme et d'une hache et de logements au folklore inouïs(tel un hôtel meublé regorgeant de mineures de l'est et leur proxénètes tout aussi internationaux).
Une fois une statue et un endroit pas trop éclairé j'ai même réussit à dormir genre plus de 15 minutes sans ouvrir les yeux...Le bruit des voitures de la ville s'animant et l'arrosage automatique au réveil étaient même plutôt agréables du coup.
En plus les bancs et les parcs sont des endroits qui sont pas faits pour les gens à la rue,
trop visibles, trop improbables pour les autorités des gens qui veulent juste se reposer et n'ont pas le choix d'un foyer.Sans compter que ça fait tâche aussi, des gens pauvres et miséreux, ceux que craignent les honnêtes gens qui contribuent et sont coutumiers des oreillers qui ne sont pas aussi le sac qui contient toutes tes possessions.

Je sais qu'elle est fragile cette barrière où les replis de l'humanité sont si froissés qu'ils cachent
ce qui pourtant est visible dans leur replis:
La liberté n'existe pas mais il y a des gens pour la chercher et d'autres qui sont tombés et n'ont pas réussit à se relever,
il faut dire que la société des hommes n'est pas toujours la mieux pour la liberté ou ne pas enfoncer les gens...de cette société de ceux qui parlent de décence et n'ont qu'intérêt et domination du pouvoir, de l'argent comme valeurs.
Enfoncent les autres et se justifient parce que c'est ainsi que va le monde.
...quant à les relever c'est à chacun de le faire, bien sûr il y a des barges mais parfois ça n'aide pas le milieu qui pousse sur les marges.
"Si j'étais président je ferais sauter toutes les portes."

Je pourrais en dire des choses sur la rue mais franchement je préfère pas m'en rappeler.

Provisette1 09/01/2019 @ 14:04:17
Je ne peux que conseiller la lecture du très réaliste: "Avec les clochards de Paris"
Ca décape.




Je pourrais en dire des choses sur la rue mais franchement je préfère pas m'en rappeler.


Comment ne pas s'en rappeler?


Chaque jour, chacun de ceux que je vois est une piqure de rappel.
Douloureuse.

XooHooX
avatar 02/02/2019 @ 03:16:01
Avouons que pour la plupart des passants, les sdf et autres mendiants et quémandeurs sont invisibles, transparents ! Même dans une rue hyper commerçante comme la rue Ste Catherine à Bordeaux, où des tas de gens passent, on fait semblant de ne pas les voir !
Il m'arrive souvent de discuter avec eux, pour savoir comment ils en sont arrivés là (ça pourrait donner lieu à des nouvelles pour des écrivains talentueux, comme l'a fait Bernard Ollivier dans "Nouvelles d'en bas" paru chez Phébus en 2001). Beaucoup sont sans espoir et peu ont envie de se révolter, car pour se révolter, il faut avoir un brin d'espoir, de ressort, d'énergie...


Perso, je me sens mal chaque foi que je vois un sans abris, j'ai l'impression d'être un privilégié, et je pense que dans cette société de ne pas être à 0 est un privilége, je vie avec l'AAH, c'est déjà ca, certains n'ont que dale. Il m'arrive de dire bonjour à un sans abris quand je passe devant lui si nos regard se croise, après je ne parle que très peut, mais ca c'est avec tout le monde, sans abris ou pas.

Darius

avatar 06/02/2019 @ 18:22:30
c'est un vaste problème...dans mon quartier il y en a tellement que c'est impossible d'y faire attention car si vous le faites en passant, ils vous ont déjà oublié en repassant... et comme c'est tous les jours, chaque fois que je dois prendre le métro où aller dans un magasin que je les vois, toujours les mêmes .. que faut il faire ? çà ne les intéresse pas de parler, ils veulent juste de l'argent.. ils agitent leur gobelet, c'est tout... et si vous donnez une fois, çà ne change rien quand vous repassez, ils le retendent encore et encore.... et je suis obligée d'y repasser pour rentrer chez moi.... C'est assez récent, je vais dire que ce phénomène existe depuis environ 2 ou 3 ans, avant il n'y en avait pas du tout.. je peux juste leur demander d'où ils viennent, en général de Roumanie, surtout les parents avec enfants, sinon, d'autres pays de l'Est, pour ce qui est des hommes seuls, souvent alcooliques..
A la gare du Nord à Bruxelles, c'est encore pire.. mon fils y est allé pour prendre un bus qui va à Amsterdam...c'est rempli de déjections, une odeur épouvantable, des matelas partout...là, ce sont des transmigrants qui espèrent un jour rejoindre l'Angleterre.. beaucoup de vols et une grande insécurité... Que faut il faire ? je vis dans une commune avec un maire socialiste dont le revenu par habitant est le plus bas du pays, 8000 euro..

Darius

avatar 06/02/2019 @ 18:24:59
j'espère que vous avez compris, le revenu ANNUEL par habitant dans ma commune est de 8000 euro, le plus bas du pays...:-(

Magicite
avatar 19/02/2019 @ 10:19:00
décidément les belges ne cessent de m'étonner (et me faire regretter de ne pas aller goûter leurs bières)
un peu d'espoir et d'émotion forte qui ont l'air sincère : https://www.youtube.com/watch?v=9TGgXAvvbDM
Il y a 2 suites à cette vidéo.

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