Le Français, tel qu'il se parle en Belgique de Jacques Mercier

Le Français, tel qu'il se parle en Belgique de Jacques Mercier

Catégorie(s) : Arts, loisir, vie pratique => Guides et dictionnaires

Critiqué par Macréon, le 29 mars 2001 (la hulpe, Inscrit le 7 mars 2001, 85 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (21 674ème position).
Visites : 2 896  (depuis Novembre 2007)

Les mots voyagent dans tous les sens

Le contenu de cet ouvrage, bourré de conseils, détaille la surprenante origine de mots et d’expressions françaises, mais aussi s'attaque aux belgicismes ou plutôt aux soi-disant belgicismes.
Quelques exemples de locutions douteuses à corriger et enfin un coup d'oeil sur les autres pays francophones : Québec, Suisse romande, Canada, Afrique ...
Tout le monde, en Belgique, connaît Jacques Mercier, romancier, essayiste , animateur de radio (le jeu des dictionnaires) et d'une émission télévisée du mardi soir, qui a le grand mérite d’oser ressusciter, avec talent, le passé et les merveilles de notre pays, ignorés de beaucoup.
C'est François Ier qui décide le remplacement du latin par le français dans les documents administratifs, dès 1539.
Prenons un exemple de travail de recherche de l'auteur. Avoir le béguin (être amoureux) : l’origine de l'expression pourrait être belge, et plus précisément liégeoise. Vers 1177, la coiffe de toile fine des béguines était appelée le béguin. Le même nom fut donné plus tard à une coiffe de femme et à celle d’un très petit enfant, qui était en dentelle et nouée sous le menton. Une première expression est née de ce béguin : être coiffé, ou être “ toqué " de quelqu'un.
Ne pas s'embarquer sans biscuit : en ancien français, on trouve aussi un pain biscuit qui était cuit deux fois, dont on faisait provision pour les interminables voyages en mer.
être dans la dèche, expression populaire, voire argotique qui nous vient dans doute de Provence ou d'Anjou. Le mot vient probablement du verbe déchoir.
Graisser la patte : son origine remonte aux vendeurs de jambon qui tenaient leur foire sur le parvis de Notre Dame de Paris et se devaient de se concilier les bonnes grâces des inspecteurs surveillant ces opérations en leur glissant dans la main un morceau de lard.
Au milieu du livre, Jacques Mercier s'empare de ce qu’il appelle les soi-disants belgicismes (les vrais sont pourtant nombreux, par exemple “ j'aime autant “, qui est un régionalisme) : pourquoi certains de ces mots ne mériteraient-ils pas l’exportation, comme syllabus, une amusette, bambinette (couche de bébé), bisbrouille pour brouille, etc. Suivent encore de savantes considérations sur l’amigo, carottiers et carotteurs, de la caricole au waterzooi, etc.
Septante et soixante-dix : Jacques Brel a remis ce mot dans l'oreille française de France avec sa chanson Les Flamandes en 1959 : " ...Si elles dansent, c'est qu’elles ont septante ans, qu'à septante ans il est bon de montrer ", etc. Le débat reste ouvert .
... Et si nous nous corrigions ... Et pourquoi pas régler une fois pour toutes ce fumeux problème de l'accord des participes en acquérant le livre de Marc Wilmet, président du Conseil supérieur de la langue française de Belgique, préfacier de l’ouvrage qui nous occupe, et qui s’intitule “ Le participe passé autrement ".
Pour les amateurs d’informatique ou d’Internet, pourquoi ne pas essayer le site du Service de la langue française, dans sa banque de données terminologiques : http://www.cfwb.be/franca/bd
Encore une incursion au Québec, qui regorge d’expressions pittoresques (faire la paresse : rester au lit, faire feu des dents : fulminer ), en Suisse romande (le pain parisien qui est notre pain français ou baguette), en Provence (cambrioleur, frousse, pagaille), en Afrique noire francophone dont l’auteur loue la créativité langagière.
Seules les langues mortes n’évoluent plus. La nôtre est en constante évolution. Pourquoi empêcher l'entrée de certains néologismes compris par tous : opportunité, solutionner, etc. Telle est la conclusion de l’auteur qui a bouclé un livre , issu mais aussi adapté, complété, de chroniques d'un quotidien bruxellois, rédigé sans préciosité, ni pédanterie, ni purisme.
A lire par petites gorgées.

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Intéressant.

8 étoiles

Critique de Joujou (Bordeaux, Inscrite le 2 février 2001, 50 ans) - 1 avril 2001

Plein de petites anedoctes de la langue française qui il est vrai n'est pas morte et évolue encore tous les jours c'est ce qui fait sa force.

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