Donjon Antipodes + 10000: Rubéus Khan de Joann Sfar (Scénario), Lewis Trondheim (Scénario), Vince (Dessin)

Donjon Antipodes + 10000: Rubéus Khan de Joann Sfar (Scénario), Lewis Trondheim (Scénario), Vince (Dessin)

Catégorie(s) : Bande dessinée => Sci-fi & fantastique

Critiqué par Shelton, le 23 septembre 2020 (Chalon-sur-Saône, Inscrit le 15 février 2005, 64 ans)
La note : 8 étoiles
Visites : 226 

Un très bon album !

Parler d’une bande dessinée, surtout si on le fait dans le cadre d’une chronique et non d’une critique exhaustive et universitaire, c’est avant tout raconter sa lecture de l’album ou la série, c’est transcrire et partager les émotions ressenties et qu’importe si on se retrouve seul dans une ressenti ! Pourquoi ces précautions ? Tout simplement parce que depuis quelques semaines j’ai le sentiment – encore un ressenti – de ne pas partager l’avis de lecteurs ou critiques que par ailleurs je connais depuis longtemps… C’est ainsi, j’accepte cette situation… Mais, après tout, aujourd’hui, nous serons peut-être, qui sait, unanimes pour dire du bien de cet album Donjon Antipodes, Rubéus Khan…

Soyons précis dès le départ, je refuse d’entrer dans les détails de cette mystique série Donjon de Joann Sfar et Lewis Trondheim. A chaque sortie depuis quelques années, je lis sans me soucier d’autre chose que de prendre du plaisir avec l’histoire, point barre ! Alors, quand j’ai pris « Rubéus Khan », je me suis contenté de lire et de me laisser porter par le récit…

Le récit est d’ailleurs d’une limpidité totale et la narration graphique mise en place avec le dessin (et la complicité) de Vince fonctionne parfaitement bien… Dès le départ, le personnage principal est posé : ce sera Robert, veilleur de nuit dans l’entreprise de son oncle Stanislas… Il a une tête de canard, il est rouge mais dès qu’il est en mouvement, surtout quand il est en colère, il ressemble diablement à un certain Donald…

L’usine de tonton Stanislas va être attaquée et celui qui semble mener l’attaque est un gros chien construit et dessiné sur le modèle de Diabolo, le chien de Satanas… Voilà, pour le début de notre album mais cette attaque, bien sûr, cache des dessous très sales… Stanislas de Vaucanson n’est pas un gentil tonton et le pauvre Robert va en voir de toutes les couleurs pour tenter de retrouver goût à la vie… Il devra s’échapper de prison et retrouver son fils… La mutation sera radicale, l’ouvrier Robert devient le terrible Rubéus Khan !

Bien, ceci étant, que tous ceux qui ne souhaitent lire que des albums strictement logiques, rationnels et cohérents, passent délicatement leur chemin sans prendre le temps d’une pause. En effet, il ne s’agit nullement d’une bédé policière où un père de famille chercherait avec obstination à retrouver son fils chéri… Non, ici, on est dans une aventure brute, le personnage fonctionne avec ses tripes, sans aucune retenue et il manie les outils avec une certaine violence…

Quant à ceux qui aiment les beaux contes qui finissent bien avec par exemple un père qui retrouverait son fils, qui lui-même serait en compagnie d’une charmante femme et qui se marieraient et qui auraient beaucoup de beaux enfants intelligents et aimants… Non, je vous en prie, allez voir plus loin, il doit y avoir de quoi vous satisfaire… Du moins, je vous le souhaite ! Ici, sans vous donner toutes les clefs de lecture, nous sommes bien dans une histoire noire, cruelle et cinglante…

Par contre, oui, nous sommes bien dans une grande histoire décalée, déjantée, rapide, rythmée, magnifique dessinée et mise en couleurs – d’ailleurs citons Walter aux couleurs qui fait un très bon travail – et certains personnages sont délicieux… Je pense, en particulier, à Mimi l’ourse qui ne cherche que les aventures sexuelles… mais que Robert, enfin, à ce moment-là, Rubéus, ignore superbement… Ce personnage est pour moi une des grandes réussites de l’album !

Mais, cet album n’est pas qu’un délire, c’est aussi un vaste recueil de réflexions sur l’usine, le travail, l’argent, la prison, les robots, l’avenir de la civilisation, le lien entre père et fils, la violence… Chacun pourra en fonction de sa lecture, compléter sa liste thématique, la raccourcir, la préciser, l’enrichir… C’est cela la série Donjon, c’est une parodie, un jeu, un délire mais avec de très nombreux niveaux de lecture et cela en fait aussi – et surtout – une magnifique série drôle, critique, sérieuse et profondément humaine… C’est aussi pour cela que je l’aime tant !

Bonne lecture à tous et à très vite !

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