L'année du lion de Deon Meyer

L'année du lion de Deon Meyer
(Koors)

Catégorie(s) : Littérature => Fantasy, Horreur, SF et Fantastique

Critiqué par Tistou, le 27 décembre 2019 (Inscrit le 10 mai 2004, 63 ans)
La note : 8 étoiles
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Post Apocalypse

Surprise ! Jusqu’ici, Deon Meyer était pour moi un auteur, apprécié, de polars sud-africains qui, par le biais d’intrigues bien tournées, permettait de connaître un peu plus la réalité sud-africaine (c’est l’intérêt des polars modernes qui ne sont pas uniquement focalisés sur l’intrigue, l’intrigue et encore l’intrigue). Apprécié donc. De moi-même notamment.
Surprise avec L’année du lion qui n’est pas un polar mais un roman de S.F., et plus particulièrement post-apocalyptique. Allez, pour fixer les choses on prendra une comparaison qui va parler : « La route », de Cormac McCarthy.
La Fièvre – un virus – a décimé, vitesse V, 90% de l’humanité. Les survivants doivent composer avec ce qui reste, c’est-à-dire rien ou pas grand-chose puisque toutes les infrastructures sont touchées ; énergie, soins, production, agriculture … Nous sommes en Afrique du Sud et Nico Storm et son père, Willem, font partie de ceux qui ont résisté.
Willem Storm est un esprit libre et bien fichu, il veut en profiter pour essayer de recréer une société débarrassée de ses scories, une société « idéale » ; « Amanzi » avec ce qui reste.

»Mon père. Ce « maudit esprit universel », comme Nero Dlamini l’appelait quand mon père n’était pas dans les parages. Mon père était sensible et doux, mais il était réellement brillant. Et sage. Ses qualifications de géographe et de juriste – dans cet ordre peu orthodoxe – indiquaient une intelligence plurielle mais n’en disaient pas tout. Dans la pratique, ses intérêts et sa compréhension étaient plus étendus. Il était un demi-historien, un demi-philosophe, un quasi scientifique. »

Nous allons donc assister au grand œuvre de Willem Storm, via les yeux de Nico, son fils, qui a treize ans au moment de la grande Fièvre. Rassembler des individus de bonne volonté, les organiser et … bien entendu se retrouver confronté aux scories dont il est question plus haut puisqu’il est bien entendu que l’homme reste un homme et notamment est un loup pour l’homme. On ne se refait pas, il semblerait que le destin de l’homme soit plutôt de détruire et d’accaparer que de construire et faire vivre. Des péripéties il va donc y en avoir, et pas qu’un peu et c’est très intéressant de lire sous la plume de Deon Meyer une –en quelque sorte – possible genèse d’une société moderne humaine.
On est assez loin de la noirceur absolue et indécrottable de l’ouvrage cité plus haut « La route ». Pourtant les données de départ sont similaires, c’est juste que Deon Meyer a une vision plus optimiste de l’humanité que Cormac McCarthy.
Problème ; je pense que le postulat de base de McCarthy est plus crédible que celui de Deon Meyer. A savoir tout est détruit il n’y a plus rien et … noir c’est noir. Chez Deon Meyer tout est détruit aussi mais on arrive encore à trouver du carburant pour des véhicules, on arrive à trouver des munitions pour les armes à feu qui en permettent l’usage des années après. Il y a même un petit avion qui parvient encore à voler … Bref, ce sont les limites du genre. Soit il n’y a plus rien et on prend « La route » (et on pleure), soit on parvient encore à se procurer des trucs et assez rapidement ça devient moins crédible, plus une analyse de « comment une nouvelle société pourrait se créer et comment elle pourrait évoluer ».
C’est à mon sens sous cet angle qu’il faut envisager la lecture de L’année du lion, qui reste pour autant une vraie lecture intéressante. Mais pas un vrai roman post – apocalyptique.

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