L'Arche des Kerguelen : Voyage aux îles de la Désolation de Jean-Paul Kauffmann

L'Arche des Kerguelen : Voyage aux îles de la Désolation de Jean-Paul Kauffmann

Catégorie(s) : Arts, loisir, vie pratique => Voyages et géographie

Critiqué par Krapouto, le 20 juillet 2014 (Angouleme Charente, Inscrit le 4 mars 2008, 73 ans)
La note : 4 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (12 736ème position).
Discussion(s) : 1 (Voir »)
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Lisez-le pour voir.

JP KAUFFMANN rêve des Kerguelen , ces îles, enfin ce qu’il en a lu, le passionnent. il part vérifier les récits concernant la vie pour le moins bizarre et tourmentée de Yves de Kerguelen, de Rallier du Baty et autres découvreurs, avec l’idée fixe de voir « l’Arche des Kerguelen » une arche naturelle actuellement écroulée , mais qui a fasciné, par son aspect de portique géant, les premiers navigateurs.

Finalement il ne la verra pas, cette arche. Parce que quand bien même le personnel en poste sur l’île n’aurait rien à faire d’autre que de l’y emmener, en bateau ou en hélico, la météo l’en a empêché.
Qu’a-t-il fait pendant son séjour ? Il a partagé la vie des scientifiques et militaires, subi le temps, des randos où il s’enlise, où il se perd, il a écouté et senti le vent qui est omniprésent et qui l’obsède, comme l’obsède la vie de Kerguelen sur laquelle il revient toujours.
Les descriptions sont grandiloquentes et répétitives et empreintes de mysticisme, et on gagne beaucoup de temps à lire en travers. Mais on comprend que dans ce pays du bout du monde, où tout le monde ne fait que passer, la vie n’a aucune relation avec la vie métropolitaine. L’isolement, les caractéristiques physiques de l’île donnent en effet envie, sinon d’y aller, du moins de se documenter en profondeur. Ce n’est pas la carte minable qui nous y aidera, ni les photos qui brillent par leur absence.
Certes le Kauffmann d’après 1988 et l’épreuve qu’il a subie doit être lu avec bienveillance, mais si on veut donner un jugement intrinsèque, c’est un livre à ranger en haut de la bibliothèque, mais je ne serai pas surpris que d’autres se déversent en compliments, car il est assez atypique. Lisez-le pour voir.
Je l’ai lu il y a 10 ans, je l’ai repris parce que je ne m’en souvenais plus très bien, voilà c’est fait.

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Passionnante découverte

10 étoiles

Critique de Falgo (Lauris, Inscrit(e) le 30 mai 2008, 78 ans) - 11 octobre 2018

Pour moi les îles Kerguelen n'étaient qu'un nom auquel étaient associées des missions scientifiques australes. Une terre française? Peut-être. Et Kauffmann sort de sa besace une véritable passion. Née de l'enfance, elle se concrétise par un séjour dans l'archipel. Ce livre permet de découvrir cette terre lointaine et oubliée. Dans son récit, remarquablement écrit et construit, il mêle subtilement les références historiques (découverte, expéditions, habitation), la description des paysages, de la faune et de la flore, la parcours de son voyage, ses émotions et d'innombrables références: Kerguelen lui-même, ses deux voyages, ses états d'âme et son procès. Il y a aussi Raymond Rellier du Baty et ses mois dans les îles, Cook et les anglais, John Num qui y vit deux ans avec trois compagnons à la suite d'un naufrage. J'y ai découvert l'état actuel et l'histoire de ces îles. Kauffmann arrive ainsi à transformer en épopée ce qui n'aurait pu être qu'un simple récit de voyage. Remarquable.

Un voyageur attentif

9 étoiles

Critique de Radetsky (Massieu, Inscrit le 13 août 2009, 75 ans) - 24 août 2014

Jean-Paul Kauffmann est croyant. Il faut l'admettre et s'y faire, tout en constatant que sa croyance ne dénature aucunement sa qualité d'honnête homme, y compris dans l'acception classique de cette expression.
Kauffmann est un intuitif, il est épidermique, sensible aux variations d'humeur, aux déchirements, aux excès, tant des hommes que des éléments. Il manifeste une curiosité non feinte de chaque instant, une empathie réelle, à l'égard des êtres et c'est surtout ce qui rend tous ses livres si attachants. Il n'évolue pas dans un univers physique désincarné où seuls compteraient la description des bourrasques, la contemplation des abysses et le fracas du vent ou des vagues (car le vent, aux Kerguelen, c'est Wagner sans le kitsch et sans le fauteuil capitonné).
Vivent dans cet univers des êtres humains qui naviguent, explorent, étudient, espèrent ou désespèrent, oublient (ou tentent d'oublier), se réjouissent ou méditent passant en peu de temps des attitudes du potache à celles du moine. Bref, une communauté bigarrée en état de survie, au centre d'épreuves pratiques et morales rendues plus aiguës encore par le contraste entre l'univers physique et mental de la "civilisation" avec ses hiérarchies, sa division du travail, son ordre apparent, et le dépouillement furieux, fracassant, imprévisible mais permanent, inévitable, excessif en tout, sans ordre ni dessein sensible, de la nature.

Celui qui aura vécu ce qu'il a vécu au Liban saura sentir combien est précieuse une présence humaine attentive en tout point. Et Kauffmann n'est pas une sorte de Narcisse au milieu des tempêtes chez qui les autres ne comptent pas et qui se baladerait pour le "frisson" ou l'esthétique.

Après cela, qu'il n'ait pas escaladé le Mont Cook, trouvé la fameuse arche, ni fait le tour de l'île, ou compté les berniques, qu'importe...? Etait-ce vraiment le but essentiel du voyage ? Comme le disait si bien quelqu'un (à propos de montagne justement), ce n'est pas le sommet qui importe mais le chemin qui y mène. Et ce que Jean-Paul Kauffmann nous conte de son périple mérite qu'on l'accompagne avec gratitude.

Lisez-le!!!!!!

9 étoiles

Critique de Provisette1 (, Inscrite le 7 mai 2013, 6 ans) - 21 juillet 2014

Mon avis sur ce livre que j'ai encore relu ces derniers temps est, évidemment, à l’extrême opposé de celui posté par Krapouto!!!!

Avis opposé en raison, sans doute, de vécus émotionnels personnels, intimes, violents, si différents et qui donnent à ce livre, pour moi, à chaque relecture, ce rare "pouvoir" de nous ouvrir sur un monde où à chaque instant, il faut lutter contre cette terrible sensation d'un néant ultime incessant, un immense vide proche d'un anéantissement sans fin continu, et que l'auteur, par ce récit, nous permet de vivement ressentir, "vivre" avec lui, "vie" au bord de ce "gouffre" que sont ces Kerguelen redoutables, profondément, qui nous domine et permet, dès lors, de se recentrer sur soi-même à la recherche d'autre force de départ.

Un livre pour une ultime quête de soi.

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  bjr Provisette 2 Krapouto 21 juillet 2014 @ 17:54

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