Le naufragé de Kabylie : novembre 1942 de Claude Plocieniak

Le naufragé de Kabylie : novembre 1942 de Claude Plocieniak

Catégorie(s) : Enfants => 10-12 ans , Enfants => 12-15 ans

Critiqué par JulesRomans, le 21 février 2013 (Nantes, Inscrit le 29 juillet 2012, 62 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (11 860ème position).
Visites : 1 875 

Ce Polonais voyage à l'étranger par patriotisme

Ce roman historique, de moins de quatre-vingt pages de récit, présente deux particularités ; il dépeint l’Algérie de 1942 sous la plume de quelqu’un qui avait "là-bas" huit ans cette année-là et il évoque l’essentiel de ce qui s’est passé à l’est de l’Europe entre 1939 et 1942 : la Pologne attaquée conjointement par l’Allemagne et la Russie puis les forces hitlériennes envahissant l’URSS.

Un inconnu arrive en voilier sur les côtes de Kabylie, la narratrice (âgée de dix-huit ans) le fait recueillir par son oncle et sa tante chez qui elle réside temporairement. Il est devenu amnésique suite aux grands dangers qu’il a connu sur son bateau. Il montre incidemment qu’il a une bonne connaissance de la pratique musicale du piano. Toutefois grâce à la connaissance qu’il a faite en Turquie (pays neutre) d’une parente de la narratrice, il retrouve la mémoire. Citoyen polonais mobilisé, il a réalisé un long périple depuis qu’il a vu les lanciers polonais charger en vain les tanks allemands. Il s’agit en fait ici de la reprise d’une légende qui a l’avantage de montrer la disproportion des moyens techniques entre la Pologne et l’Allemagne du point de vue militaire.

Le 8 novembre 1942 les Alliés ont débarqué en Afrique du nord autour de trois points: Casablanca, Oran et Alger ; l’action se situant autour de Constantine, on y attend l’arrivée des Anglo-Américains. Lors des combats, qui montrent que certains Français restèrent longtemps pétainistes et alliés objectifs des forces de l’Axe, l’inconnu est blessé. Le récit laisse deviner qu’il va s’intégrer aux forces alliés dans l’espoir de voir son pays retrouver l’indépendance.

Ce roman historique sait bien pointer un certain antisémitisme européen et insister également sur l’importance stratégique de Malte en nous montrant la narratrice découvrant au large un convoi de navires anglais. Sa lecture de ne peut que sensibiliser les collégiens et lycéens à la place de la France dans la Deuxième Guerre mondiale et leur donner envie d’en savoir plus sur la deuxième partie du conflit. L’ambiance de mystère et la fluidité de l’écriture sont certains de ces atouts.

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Les éditions

  • Le naufragé de Kabylie [Texte imprimé], novembre 1942 Claude Plocieniak
    de Plocieniak, Claude
    l'Harmattan / Jeunesse-L'Harmattan (Paris)
    ISBN : 9782296996144 ; EUR 11,50 ; 01/12/2012 ; 86 p. ; Broché
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De la poésie en prose

10 étoiles

Critique de CHALOT (, Inscrit le 5 novembre 2009, 72 ans) - 11 septembre 2014

Ce livre c’est de la musique et de la poésie en prose.
L’auteure nous conte une rencontre entre un homme venu de la mer pour s’échouer dans un pays de rêve et une jeune fille.
D’où vient-il, Que fait-il ici en Kabylie alors que la guerre fait rage et qu’on attend un débarquement américain dans un pays contrôlé par l’occupant nazi ?
Est-ce un voyageur ?, un résistant ou un évadé ?
La jeunesse fille, son oncle et sa tante accueillent le naufragé, l’interrogent sur son identité.
Il ne sait qui il est et ce qu’il fait….mais il est au paradis ici et se sent en sécurité affective et même physique.
Le naufragé et sa jeune hôte se promènent sur la plage et tout autour, ils font attention à ne pas se faire repérer tout en respirant l’air embaumé et en se laissant caresser par le soleil splendide.
Des images et des flashs qui «transpercent » l’homme « comme des éclairs » sont bien là mais c’est encore insuffisant pour lui permettre de recouvrer la mémoire….Il avait été trouvé inanimé, très fatigué, meurtri et même blessé. Il faut du temps au temps.
Il est là, ils sont là et rien que l’instant est à goûter et à déguster :
« J’aime cette heure où l’imaginaire et le réel s’entremêlent et se fondent dans les lumières les plus extravagantes, les plus exquises, les plus folles. La durée n’existe plus…Tout meurt et tout renaît sous l’impulsion ardente des derniers rayons crépusculaires. »
L’homme est à la merci du danger, il risque sa peau, la jeune fille prend des risques, mais qu’importe : ils sont bien et nous aussi…Le lecteur ne perd pas une miette de la beauté du texte.

Jean-François Chalot

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