La Nature et la Règle : Ce qui nous fait penser de Jean-Pierre Changeux, Paul Ricoeur

La Nature et la Règle : Ce qui nous fait penser de Jean-Pierre Changeux, Paul Ricoeur

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Philosophie

Critiqué par Farfalone, le 14 octobre 2009 (Annecy, Inscrit le 13 octobre 2009, 48 ans)
La note : 10 étoiles
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Il fallait, pour réduire tant que faire se peut le malentendu sur le réductionnisme, ce dialogue entre Paul Ricoeur, notamment traducteur des "Ideen" de Husserl (et l'un des tenants français de la phénomènologie), et Jean Pierre Changeux, alors professeur au Collège de France et -pour faire simple- spécialiste des neurosciences.

Les tenants d'un dualisme corps-âme, hérité de Platon et poil à gratter de la philosophie occidentale, accusent volontiers les matérialistes, naturalistes et autres évolutionnistes de vouloir réduire l'Homme à son stade animal, le dépossèdant de ce qui fait sa dignité: son âme.

Les matérialistes, héritiers des philosophes cyrénaïques notamment, de Lucrèce et de Diderot et de tout le scientisme positiviste du XIXè siècle, vouent aux gémonies (si j'ose dire) de l'obscurantisme et de la superstition les héritiers du dualisme.

D'un côté la science athée (forcément) et matérialiste, de l'autre l'esprit, pur éther...

Ce dialogue entre un philosophe phénoménologue ET chrétien, et un scientifique des sciences dures (de la nature) ET spiritualiste (pour autant que ce vocable ait un sens, mais je schématise), autant par ses démonstrations (magistrales de la part de Changeux et accessibles au vulgum pecus que je suis) que par ses non dits (ceux de Ricoeur révélés par des coq-à-l'âne au parfum d'aporie), est un exemple de ce que devrait être l'interdisciplinarité dans les sciences, lesquelles, dures ou humaines ressortissent toutes en définitive du roseau pensant. Pas d'homme: pas de conscience. Pas de conscience: pas de monde sensible. Pas de monde sensible: pas de monde intelligible.

On voit aussi ici par quelle démarche dialectique (dialogique?) la science peut progresser en intégrant la démarche phénomènologique. La systémique américaine, démarche abstraite et quant à elle purement réductionniste ne résistera pas, me semble-til) à la nouvelle approche neuronale explicitée plus tard par Changeux dans "du Vrai, du Beau, du Bien" qui en est la critique implicite: le système nerveux humain n'est pas un système clos, mais ouvert et "intentionnel".

Ce mot de Ricoeur, que Changeux (hommage?) reprendra ultérieurement (du Vrai...etc), devrait être l' inlassable leit-motiv de la pensée (lorsqu'elle existe):

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