Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes

Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes

Catégorie(s) : Littérature => Fantasy, Horreur, SF et Fantastique

Critiqué par Elric, le 23 juillet 2001 (Boussu, Inscrit le 15 mai 2001, 43 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 38 avis)
Cote pondérée : 9 étoiles (77ème position).
Visites : 22 489  (depuis Novembre 2007)

Pour ceux qui n'aiment pas la SF... parce qu'ils ne la connaissent pas !

Prix Hugo ! Et, pourtant, ce court roman est à peine de la science-fiction. Disons que seul l'argument de départ est fantastique (et pour combien de temps encore ?) ,mais qu'importe, car cette histoire est superbe.
Un attardé mental accède à l’intelligence et découvre l'amour suite à un traitement révolutionnaire semblable à celui expérimenté sur Algernon, une souris de laboratoire devenue géniale. Mais tout est provisoire et la souris, peu à peu, décline… Comme le débile devenu génie et qui, à son tour régresse. De plus en plus vite.
Une histoire simple, parfois naïve diront les cyniques. C’est vrai. Et alors? C’est le genre de roman qui ferait pleurer une pierre, alors prévoyez les kleenex par paquets et n'oubliez pas de déposer une petite fleur sur la tombe d’Algernon !

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Intelligence et Liberté !

10 étoiles

Critique de Frunny (PARIS, Inscrit le 28 décembre 2009, 52 ans) - 11 novembre 2017

Daniel Keyes (1927- 2014) est un chercheur universitaire en psychologie américain.
En parallèle, Keyes s’essaie à l’écriture, en publiant en 1959 la nouvelle "Des fleurs pour Algernon" (Flowers for Algernon). Considéré comme un classique, ce livre a été traduit à ce jour dans près de trente pays, vendu à 5 millions d’exemplaires et adapté au cinéma et au théâtre, ce qui vaudra à son auteur une réputation internationale.
"Des fleurs pour Algernon" remporta le prix Hugo de la meilleure nouvelle courte en 1960 et le prix Nebula du meilleur roman en 1966.

Le Pr. Nemur et le Dr Strauss ont obtenu de prodigieux résultats sur une souris (Algernon) en décuplant son l'intelligence.
Les deux savants souhaitent expérimenter la découverte sur un jeune homme simple d'esprit; Charlie Gordon.
Ce dernier a toujours voulu devenir "un télijant" et s'y efforce sans succès depuis son plus jeune âge tyrannisé par une mère qui refuse d'admettre l'évidence.
Lentement, le miracle opère, Charlie surpasse ses maîtres et devient un génie omniscient.
Mais les choses ne sont pas si simples car l'intelligence extrême a ses revers.
Aux tourments psychologiques, Charlie va devoir faire face à une terrible nouvelle: Algernon commence à décliner !

Une oeuvre incroyable, simple et tellement puissante.
De courts chapitres articulés sur autant de comptes-rendus de l'évolution intellectuelle et psychologique du jeune homme.
Fantastique analyse des limites de l'intelligence, de l'instruction.
Est-on plus heureux intelligent ? Nous isole-t-elle ? Obère-t-elle les relations humaines ?
Plus qu'un simple roman d'anticipation, un ouvrage culte alliant analyse scientifique et sensibilité.
Une oeuvre culte dont le succès n'est pas usurpé.

science sans conscience…

10 étoiles

Critique de Jfp (Yerres (Essonne), Inscrit le 21 juin 2009, 69 ans) - 15 octobre 2016

Science sans conscience n'est que ruine de l'âme, ce vieil adage hérité de François Rabelais, a inspiré nombre d'écrivains, notamment ce précurseur de la science-fiction qu'a été Mary Shelley avec son "Frankenstein ou le Prométhée moderne". On a souvent taxé les scientifiques d'apprentis sorciers, lorsqu'une découverte, riche d'applications, est lancée sans prendre en compte les risques qu'elle peut faire courir à l'humanité ou à la nature. Pressés de connaître la gloire, certains savants n'hésitent pas à s'engager sur ces chemins de hasard, tout en arguant de leur parfaite bonne foi. Tel est le thème abordé dans ce roman datant des années 1960 et largement popularisé par le petit et le grand écran, puis à Broadway. Dans une université américaine la chirurgie du cerveau a permis de mettre au point un traitement visant à développer les facultés intellectuelles. Une souris, surnommée Algernon, a d'abord été traitée, devenant capable de se diriger sans erreur dans un labyrinthe en trois dimensions, d'une complexité sans cesse croissante. C'est au tour de Charlie Gordon, un handicapé mental (on disait un "attardé") de trente-six ans, de se faire opérer. Il a été sélectionné car il avait depuis toujours eu l'envie de "devenir intelligent". Les progrès sont spectaculaires, Charlie devenant en quelques semaines un "génie" scientifique mondialement connu, mais seront vite suivis d'une chute tout aussi spectaculaire, à la manière d'un "mauvais trip". L'intérêt du livre, au-delà des sentiments que l'on éprouve pour le héros involontaire de cette navrante épopée pseudo-scientifique, tient à l'analyse des rapports humains qui s'instaurent entre "normaux" et "handicapés" et au mince fil auquel tient le fait d'être accepté ou rejeté par la société. Un discours profondément humaniste, malgré une fin prévisible, très pessimiste en ce qui concerne les bienfaits de la science. L'édition augmentée est agrémentée d'un texte où l'auteur, quarante ans après, rassemble ses notes et ses souvenirs consacrés à la genèse de l'œuvre et à son destin artistique. Un parcours du combattant, avec un succès tardif mais durable, et des détails intéressants sur la façon dont l'artiste incorpore des éléments de sa propre vie à une fiction. En finale, la nouvelle originale d'où a été tiré le roman, qui fait bien pâle figure à côté de celui-ci.

Un roman captivant

8 étoiles

Critique de Fro (, Inscrite le 12 octobre 2014, 22 ans) - 13 octobre 2014

J'ai beaucoup apprécié ce roman car l'on vit en même temps que Charlie son évolution, ses progrès mais aussi ses doutes, ses angoisses. On découvre en même temps que lui ce nouveau monde qui s'ouvre à lui et qu'il absorbe à toute vitesse, bien plus vite que le lecteur. En connaissant son intime, son passé, ses peurs, je me suis sentie très proche de lui. Ce livre donne à réfléchir au lecteur.

Je savez pas que les souris été aussi un télijent

6 étoiles

Critique de Lolo6666 (, Inscrit le 20 août 2009, 44 ans) - 29 avril 2014

Un test expérimental permet à Charlie Gordon d'accéder à une intelligence à jamais inaccessible.

De la bêtise incurable à l'érudition progressive, le lecteur suit le ressenti du personnage principal à travers ses comptes-rendus post-opératoires. Une narration qui nous plonge dans sa société familiale, professionnelle, amicale et amoureuse singulière et relate les altérations relationnelles liées à son changement d'état.

Un roman en 3 phases qui se lit facilement. L'accession vertigineuse à l'intelligence, une phase de stagnation, puis le déclin. Je regrette que la phase de décroissement soit décrite de façon expéditive par rapport à la phase ascendante. Mais l'ensemble est touchant.

Original et bien écrit

8 étoiles

Critique de Bretzel33 (, Inscrit le 14 août 2012, 33 ans) - 1 avril 2014

Ce livre est original tant par son histoire que par sa forme. L'écriture par compte-rendu est parfaitement adaptée à ce thème, cette évolution mentale très rapide de Charlie Gordon. Nous pouvons ainsi prendre toute la mesure de cet "apprentissage" de l'intelligence, en commençant par voir l'évolution de la manière d'écrire de Charlie, puis de sa manière de comprendre, de ressentir...

C'est un très beau livre, très court et qui se lit donc très vite. Un passage très intense de la vie de Charlie Gordon et d'Algernon.

Répétitif

5 étoiles

Critique de Ayor (, Inscrit le 31 janvier 2005, 45 ans) - 6 août 2013

Ce roman construit comme un journal intime, nous raconte l'histoire extraordinaire de Charlie Gordon, un arriéré mental à qui l'on offre par le biais d'une expérience scientifique de décupler ses facultés mentales.

Le scénario apparait donc comme original, et la psychologie du personnage, intérêt principal de l'œuvre, bénéficie d'une très grande profondeur, l'auteur nous confrontant aux diverses émotions et réflexions du patient.

Certes l'histoire est belle et émouvante, nous interroge sur les droits de chacun à disposer de sa personne, mais fait preuve également de beaucoup de répétitions, et certains comptes-rendus paraissent presque inutiles tant le contenu est prévisible. Faut-il rappeler qu'à l'origine il s'agit d'une nouvelle, et qu'il a donc fallu combler pour obtenir ce roman.
Bien, sans plus.

Hymne à l'intelligence dans une société imbécile

9 étoiles

Critique de AmauryWatremez (Evreux, Inscrit le 3 novembre 2011, 48 ans) - 15 mai 2013

Gallimard, dans sa collection « Folio SF », a la bonne idée dans sa grande sagesse de ressortir « Des fleurs pour Algernon » de Daniel Keyes en édition « augmentée » de l'autobiographie de l'auteur, qui n'a rien d'une confession narcissique, il raconte plutôt ce qui l'a amené à écrire, à commencer par la nouvelle originelle, classique instantané lors de sa sortie en 1959 et le roman éponyme. L'œuvre est classée en Science-Fiction mais elle n'est ici qu'un prétexte pour nous tendre un miroir.

Ce récit a énormément de choses passionnantes à exprimer sur la définition de l'intelligence dont l'intelligence du cœur, sur la place de la raison dans notre société, sur la solitude, sur la complexité des sentiments amoureux, sans mièvrerie ni sensiblerie inutile. Daniel Keyes a longtemps porté cette histoire en lui, et à la lecture de ses autres œuvres, plus mineures ou anecdotiques, on comprend à quel point « Des Fleurs pour Algernon » lui tient à cœur.

Algernon est une souris blanche de laboratoire dont l'intelligence à été considérablement augmentée par une opération chirurgicale complexe menée par deux médecins, les docteurs Strauss et Nemur, qui décident de passer à l'étape suivante qui est l'expérimentation sur un être humain sans être tout à fait certains qu'ils puissent le faire.

Celui qui a été retenu est Charlie Gordon, un jeune homme « attardé » mental, souffre-douleur à son travail, seul, mais qui a le désir profondément ancré de devenir intelligent afin, croit-il, d'échapper à sa solitude, il est amoureux de l'éducatrice qui lui fait « la classe » dans l'institution spécialisée où il vit, Alice Kinian, et être plus armé face à l'adversité, l'auteur révélant dans son autobiographie qu'il a rencontré un garçon comme son personnage alors qu'il était jeune enseignant.

C'est son ardente volonté de s'élever qui d'ailleurs fera de lui le « cobaye » idéal aux yeux des deux scientifiques dont les motivations, Charlie le découvrira plus tard, sont beaucoup plus triviales que les siennes :

Pour l'un il s'agit d'impressionner sa femme, pour l'autre de compenser des frustrations personnelles.

Le lecteur suit le récit à travers les yeux de Charlie, son évolution tragique, et sa déchéance à la fin du roman, étant symbolisées par la complexification progressive de l'orthographe et le retour en conclusion de l'histoire à la syntaxe torturée du Charlie « retardé », syntaxe émouvante et qui a donc un sens.

Charlie subit donc l'opération, comme Algernon, et son intelligence est décuplée, il entrevoit même la réponse ultime à la question que se posent la plupart des êtres humains sur le sens que revêt notre présence sur terre, en faisant une expérience cosmique, mais l'« ancien » Charlie prend peur et ne veut pas franchir cette ultime frontière.

Cependant, de devenir intelligent, plus lucide, et rationnel ne change rien à la solitude de Charlie, voire même l'aggrave, car être intelligent dans notre société est largement plus handicapant que de ne pas l'être, celle-ci préférant une personne moyenne en tout qui n'éveillera aucun sentiment de jalousie ou d'envie. Et alors qu'il avait réussi à débuter une relation amoureuse avec Alice Kinian, celle-ci s'éloigne de lui, ayant peur de ne plus pouvoir le comprendre, de ne plus être comprise, et de ne plus pouvoir continuer à partager les mêmes sentiments avec lui.

Devenu intelligent, Charlie est tout aussi incompris qu'avant...

Les personnes qui l'entouraient toléraient le Charlie « retardé », handicapé, qu'ils pouvaient humilier à loisir et railler grassement sans qu'il n'en ait vraiment conscience. Les handicapés, mentaux ou physiques, sont comme un miroir pour les médiocres ou les personnes blessées, elles y voient le reflet de leurs manques réels ou supposés, des souffrances qu'ils induisent.

Il était l'alibi des carences de son entourage, de ses bassesses et petites médiocrités. Après l'intervention des professeurs Strauss et Nemur, il prend conscience de tout cela, des compromis que chacun entretient pour s'assurer une survie confortable, sans avoir à faire trop d'efforts de réflexion.

Il se souvient de tout ce qui l'a amené à vouloir subir l'opération, de tous les manques d'amour qu'il a vécu, ces petites lâchetés des uns et des autres, qui préfèrent laisser faire des abominations petites et grandes qu'ils estiment inévitables, qu'ils cachent, camouflent et justifient sous divers prétextes.

Charlie devenu supérieurement réfléchi comprend aussi que la raison ne peut tout expliquer dans le comportement de chaque être humain.

Un jour, cependant, Algernon, la souris blanche, commence à décliner, à régresser à son ancien état voire même un peu plus bas. Charlie comprend alors qu'il lui reste peu de temps, il essaie désespérément de corriger les erreurs des deux neurochirurgiens qui l'ont opéré, mais en pure perte.

Il s'enfuit à la faveur d'une conférence médicale avec Algernon, qu'il soigne, vit quelques moments de liberté, mais Algernon finit quand même par mourir. Charlie revient alors chez lui pour attendre l'issue fatale, s'enfermant, s'isolant dans ce qui est redevenu pour lui un désert affectif et mental.

Il s'enfuit alors de nouveau, définitivement cette fois-ci, ne demandant qu'une chose : que l'on fleurisse la petite tombe d'Algernon dans son jardin...

L'auteur eut beaucoup de mal à faire respecter cette fin triste lorsque le livre a été édité et lors des adaptations à la télévision (quatre à ce jour : une en 1959 d'après la nouvelle, une en 1978, une en 2000 et une autre, par la télévision française, en 2006), au cinéma (avec Cliff Robertson, dans une réalisation de Ralph Nelson qui ne respecte pas la chronologie du roman car le film commence par l'opération) ou au théâtre, mais c'était la seule fin logique.

Une perle !

10 étoiles

Critique de Pazuzu (, Inscrit le 10 mai 2012, 45 ans) - 12 avril 2013

Bon, je suis un peu sur le pied de guerre lorsque je lis que ce roman n'est pas de la grande littérature.
Pour moi c'est un classique, un livre unique, incomparable et inégalable.
Avec une écriture simple et un nombre de pages réduit Keyes nous livre une histoire remplie d'humanité et de sentiments divers.
La dernière phrase est certainement plus chargée en émotions que tout ce que j'ai pu lire dans ma vie.
La note maximale est de rigueur, je verse une larme à chaque fois que je repense à cette petite souris.
Ne passez pas à côté, ne soyez pas aigris des bons sentiments en lisant cette oeuvre, vous rateriez un monument.

Des fleurs pour Algernon

8 étoiles

Critique de Sarazohra (, Inscrite le 3 mars 2012, 29 ans) - 28 février 2013

Ce roman est extrêmement touchant. On a de la pitié, de la colère puis de la compassion et de l'intérêt pour Charlie Gordon.

J'ai été en tout cas entièrement absorbée par ce roman. Au fil des comptes rendus on voit l'ascension puis la descente de l'intelligence, de l'autonomie du Héros.

Bouleversant!

Qu'est-ce que l'intelligence?

8 étoiles

Critique de Psychééé (, Inscrite le 16 avril 2012, 29 ans) - 24 janvier 2013

Algernon est une souris de laboratoire sur laquelle est tentée une expérience pour la rendre plus intelligente. Suite à son succès, il est décidé de la tester sur un homme, Charlie Gordon, simple d’esprit qui rêve d’accéder à l’intelligence suprême. Les progrès sont fulgurants, on s’en aperçoit notamment grâce à ses comptes-rendus quotidiens qui, truffés de fautes au début, deviennent savants et à la limite du compréhensible en très peu de temps et ajoutent un côté original et plaisant à cette lecture.

Mais l’intelligence n’est pas de tout repos. De nouveaux sentiments apparaissent comme le comportement à adopter en présence d’une femme, la prise de conscience des moqueries des autres et bientôt de sa supériorité intellectuelle : une nouvelle sensibilité surgit. Il cherche à présent à comprendre d'autres choses qui lui étaient inaccessibles et, à travers ses rendez-vous avec les scientifiques, revit de nombreux souvenirs pénibles qui l’empêchent d’avancer et le perturbent au plus haut point. L’ancien Charlie n’a pas totalement disparu.

Ce classique de la science-fiction mérite d’être connu pour son originalité et les émotions qu’il suscite. C’est une belle réflexion sur l’intelligence et la nature du bonheur.

L'intelligence comme handicap

10 étoiles

Critique de Prouprette (Lyon, Inscrite le 5 février 2006, 33 ans) - 14 novembre 2012

La SF dans tout ce qu'elle a de plus riche selon moi. L'intelligence est abordée à son extrême comme un handicap parfois plus lourd que la bêtise. Comme le dit Oops, l'intelligence ne fait pas le bonheur, et être conscient des failles des autres, et surtout des siennes, ce doit être déconcertant et exclure brutalement de la société dite "normale" ou normée.

Quel beau livre!

Qu'est-ce qu'un homme ?

8 étoiles

Critique de Romur (Viroflay, Inscrit le 9 février 2008, 44 ans) - 11 novembre 2012

« Le Dr Strauss dit que je devrez écrire tout ce que je panse ». Dur les premières pages écrites comme ça ! Elles sont l’œuvre de Charlie Gordon, simple d’esprit d’une trentaine d’années qui va être le premier cobaye humain sur lequel va être tenté une expérience destinée à améliorer ses facultés intellectuelles. Comment cela va-t-il transformer sa vie, le regard des autres, ses rapports avec les, la lecture de son propre passé ? Son parcours ressemble en accéléré à celui d'un être humain, de l'enfant qui apprend au vieillard qui oublie.

Influencé par le mythe de la caverne de Platon et assez fortement marqué par la psychanalyse, Des fleurs pour Algernon est un livre poignant.
Comme tout bon roman de SF il n’a pas pris une ride depuis sa sortie depuis 50 ans car la SF (il y a un peu de jargon biologico-scientifique sans intérêt) est d’abord le prétexte à créer une situation inhabituelle pour mieux réfléchir sur la dimension humaine, intellectuelle et affective, de l’existence. A ne pas résumer dans une dialectique simpliste « quotient émotionnel vs quotient intellectuel » ou « ce n’est pas parce qu’on est intelligent qu’on est heureux » !

Fuis, Charlie, fuis !

7 étoiles

Critique de Olelko (Lausanne, Inscrit le 4 mars 2012, 27 ans) - 18 août 2012

Je m'excuse d'avance pour cette présente critique qui sera courte et concentrée.
Les Fleurs pour Algernon n'est pas un mauvais roman en soi, Keyes a essayé d'y incorporer des éléments de psychologie, de neurologie, etc., pour rendre son récit plus plausible. La "montée" commence très bien", est intéressante à suivre, les flashbacks pertinents, l'évolution de Charlie Gordon intéressante.

Le "stagnation intelligente" devient un peu pompeuse: les flashbacks deviennent redondants et l'auteur n'a plus rien à nous révéler de son personnage. De plus, on en vient à douter de l'évolution psychologique de Charlie, qui devient un nombriliste atrabilaire et horripilant. La dualité entre QI - Âge Relationnel commence bien mais il oublie de faire évoluer son personnage sur le deuxième plan qui reste un enfant perdu et attardé. De plus, ayant côtoyé une dizaine de surdoués d'intelligences diverses, la comparaison rend le livre frauduleux: la divergence réflexive-sentimentaliste de Charlie est ratée. Mais je me suis surpris à continuer ma lecture malgré tout, en appréciant la nouvelle vie de ce nouvel intelligent, son évolution professionnelle, mentale, ses recherches (même si trop brièvement décrites par l'auteur), en espérant une évolution plausible de ses relations avec Alice et Fay.
Le "vieux Charlie" qui regarde m'a plus incité à la moquerie qu'autre chose, il est en tout point ridicule.

Puis vient la "descente". Ce Charlie complètement égoïste qu'on vient à détester devient encore plus énervant en ne parlant plus que de lui, sur des sujets maintes et maintes fois dissertés (j'en veux à Keyes, là), et tout s'embrouille: beaucoup de présupposés du récits disparaissent, l'histoire est bâclée et seule la plume de l'auteur ainsi que le côté touchant de Charlie peuvent faire crocher jusqu'aux derniers mots.

Un roman d'été (et pas mauvais, en prime), en rien une histoire aboutie dont on peut se rappeler toute sa vie.
À ne pas confondre avec de la vraie littérature.

Chapeau bas

9 étoiles

Critique de Flory (, Inscrite le 17 mars 2012, 27 ans) - 17 mars 2012

Une histoire d'amour incroyable. Une condition de vie indéfinissable. Une rechute invivable. Le lecteur est plongé dans un océan de mots violents et touchants tout au long de ce livre, fantastique. "Heureux sont les simples d'esprit disait la chanson. Ici, Keyes, nous prouve le contraire. Un vrai chef d'oeuvre.

L'intelligence ne fait pas le bonheur !

9 étoiles

Critique de Oops (Bordeaux, Inscrite le 30 juillet 2011, 51 ans) - 21 février 2012

Charlie Gordon est un homme de trente-trois ans qui a l'âge mental d'un enfant de 6 ans. C'est tardivement que les parents réalisent réellement que leur enfant est déficient mentalement. Charlie a une sœur un peu plus jeune que lui tout à fait normale, lorsqu'elle grandit elle a de plus en plus de mal à supporter son frère. La mère obsédée par l'idée que Charlie puisse faire du mal à sa sœur demande à son mari que le garçon soit interné dans un asile. Sa famille le renie, seul un oncle bienveillant réussit à lui trouver un petit job dans une boulangerie où il s'épanouit malgré les moqueries continuelles, il va aussi dans un établissement spécialisé pour suivre des cours. C'est dans cet établissement que deux chercheurs scientifiques viennent de mettre au point un procédé pour décupler les capacités intellectuelles, l'expérience réalisée sur une souris du nom d'Algernon semble efficace aussi propose-t-on à Charlie d'en bénéficier. Charlie s'applique chaque jour à consigner ce qu'il fait, ce qu'il ressent sous forme de compte-rendu parce qu'il est persuadé qu'il peu devenir plus intelligent. le lecteur suit donc l'évolution de Charlie avant et après l'opération, au fur et à mesure l'intelligence de Charlie, effectivement évolue jusqu'à devenir bien embarrassante pour son entourage tant les uns et les autres se sentent inférieurs à lui y compris ceux qui ont conçu le procédé. Il réalise alors qu'il n'y a rien d'humain dans la façon dont on le traite tout comme la souris Algernon qui commence à se comporter bizarrement. Emotionnellement Charlie a beaucoup de mal à faire face, les humiliations de son passé n'ont de cesse de le poursuivre, il prend conscience des valeurs de l'amour qui lui ont tant manqué et combien l'intelligence n'y change rien. Il profitera jusqu'au bout de sa lucidité régressant pour rechercher l'essentiel, l'affection. Ce roman tragique et émouvant à connotation science-fiction est écrit sous forme de journal intime ce qui lui donne une force imparable. Il a été publié pour la première fois en 1959 mais il n'a rien perdu de son humanité ! Charlie dit avec sincérité sa différence qu'il assume dignement et l'indifférence des scientifiques trop empressés à construire leur notoriété. Si l'on avait besoin de preuve que l'intelligence ne mène pas au bonheur, l'auteur le démontre subtilement.

Un livre à méditer!

8 étoiles

Critique de Rock30 (Nimes, Inscrit le 6 juillet 2008, 54 ans) - 29 janvier 2012

Cela commence comme un livre écrit par un enfant, le narrateur étant le déficient mental décrivant à sa façon, pas à pas la progression depuis le déficient mental initial à son ascension vers un état de génie. Outre la vie et les émois intimes du jeune homme, ce sont les drames de l’enfance et familiaux qui sont évoqués devant nous sans la retenue pudique des gens bien portant, ses souvenirs se faisant plus précis au fur et à mesure que grandit en lui l’intelligence. Il y a tout dans ce livre, la vision de l’intérieur du débile mental, mais aussi les réactions de son entourage qui accepte plus ou moins la différence, et on en revient toujours là, à la différence. A mesure que le personnage s’éveille au monde, il a conscience des souffrances endurées, choses qui ne lui apparaissaient pas auparavant. L’aspect scientifique n’est qu’un prétexte pour évoquer un sujet un peu tabou, et les implications, les retombées psychologiques si un tel progrès faisait des gens de peu d’éveil, des gens même normaux. C’est un sujet peu commun, un livre qui se lit sans difficulté et que je recommande ne serait-ce que pour l’originalité de l’œuvre. Même si je ne suis pas un grand fan de SF.

Plus humain que l'humain

10 étoiles

Critique de Thibaut (, Inscrit le 14 avril 2011, 45 ans) - 6 juin 2011

Ce livre est proprement génial !!!

L'histoire est toute simple: on y suit le parcours d'un déficient mental, auquel on applique un traitement sensé le rendre plus intelligent. Ce traitement a été au préalable testé sur une souris Algernon, or il se trouve qu'au bout de quelques semaines la souris régresse à nouveau...

Ce livre est brillant, il contient quelques idées merveilleuses: le début du livre, sans ponctuation et avec des phrases décousues, en utilisant un peu le principe du flot de conscience (à la manière de "Le Bruit et la Fureur") pour rendre compte des pensées déficientes et éparses de Charlie.

Et surtout le moment où Charlie acquiert la conscience de ce qu'il est, pour se rendre compte qu'il perd petit à petit cette lueur d'intelligence pour alors régresser à l'état de presque bête... c'est émouvant et déchirant...
On devine rapidement que Charlie vit une régression, on la vit même avec lui, on en a presque le cœur brisé de devoir assister impuissants à ce changement que l'on sait irrémédiable, on se dit pour se consoler que Charlie aura goûté quelques instants à cette lueur intérieure, à ce bourgeon d'intelligence…
Est-ce pour cela qu'il en demeure moins heureux ? A-t-il le souvenir de cet espoir, de cette élévation intellectuelle ? Autant de questions laissées en suspens.

Ce livre est donc un régal de par la variété des styles employées: pour exprimer la variété d'état intellectuel et d'état d'âme du personnage principal.

A lire de toute urgence ; certainement un des chef d'œuvre de la science-fiction, très loin des space-operas à la Arthur C. Clark, mais par contre relativement proche de certains livres de Robert Silverberg, je pense notamment à "L'oreille interne".

Chef d'œuvre dur, triste, sombre, pessimiste, implacable, avec une lueur d'espoir et relativement peu moralisateur (le lecteur se forge son propre avis) mais d'une beauté et d'une force jamais égalée dans cette branche de la littérature.
La note maximale sans hésiter...

Message de la modération : Attention spoiler


Déprimant et beau

9 étoiles

Critique de Herve2 (, Inscrit le 23 mars 2011, 48 ans) - 27 avril 2011

Un beau livre, très beau même, mais tellement douloureux !!! Il ne m'est pas souvent arrivé d'être pris par un livre tout en ne souhaitant guère en lire la fin. Faut tout de même être un brin masochiste pour se plonger dans une telle histoire... Et que dire de celui qui l'a écrit ? Masochiste, sadique ??? A ne pas lire en état dépressif, mais c'est magnifique.

Une histoire qui fait réfléchir

7 étoiles

Critique de Nb (Avion, Inscrit le 27 août 2009, 34 ans) - 3 mars 2011

Charlie Gordon, la trentaine, est un attardé mental qui travaille dans une boulangerie. Il est choisi par quelques scientifiques pour être le premier cobaye humain d'une expérience révolutionnaire: une opération supposée le rendre intelligent. Les résultats obtenus sur une souris de laboratoire, Algernon, sont plus qu'encourageants.
Charlie accepte. Commence alors une progression intellectuelle fulgurante, qui fera de lui un génie en quelques mois. Charlie va aussi se rendre compte de bien des choses dont il n'avait pas conscience auparavant... Mais cela va-t-il durer ?
J'ai bien aimé le début du roman: c'est raconté de façon simple, on s'attache immanquablement au personnage de Charlie, et on a de la peine pour lui lorsqu'il découvre, avec un regard neuf, ce qu'était "sa vie d'avant".
Par contre, j'ai moins accroché pour la deuxième partie, beaucoup plus cynique. Vu le titre, je m'attendais aussi à une plus grande place accordée à Algernon.
Cela restera tout de même un bon souvenir, un livre qui pousse à réfléchir.

Le plus surprenant ? Sa simplicité !

10 étoiles

Critique de Simplicité (, Inscrit le 6 août 2010, 25 ans) - 7 août 2010

Ce livre m'a donné envie de lire, il a un cœur et une philosophie sociologique ! Cela m'a impressionné, Charlie Gordon est devenu culte et je ne cesse de le conseiller. Un personnage attachant, peut-être même le plus attachant (avec Ripley (dans la quadrilogie de PATRICIA HIGHSMITH et Clov dans Fin de Partie de Beckett et j'en passe)

Un roman de SF bouleversant!

10 étoiles

Critique de Nana31 (toulouse, Inscrite le 29 janvier 2006, 48 ans) - 25 janvier 2009

Un roman qui nous pousse à la réflexion sur l'intelligence et les limites des expériences humaines.Je ne suis pas fan de la SF et pourtant j'ai beaucoup aimé ce livre.
Je le conseille vivement !

Poignant

10 étoiles

Critique de Mane (Bordeaux, Inscrite le 5 février 2007, 30 ans) - 27 août 2007

Tout est dit, je crois. J'ai adoré ce livre parce qu'il a réveillé en moi différentes émotions : peine, révolte, joie et surtout, une très grande tristesse. La fin m'a bouleversée.

Je le recommande vivement.

émotion, réflexion, plaisir

10 étoiles

Critique de C.line (sevres, Inscrite le 21 février 2006, 40 ans) - 18 juillet 2007

J'ai lu "Des fleurs pour Algernon" il y a plusieurs années maintenant.
Si les détails de l'histoire se sont estompés avec les temps, la sensation que j'ai ressenti à la lecture du journal de Charlie est intacte.
C'est l'un des livres qui m'a le plus bouleversé. Un des (très) rares qui m’a fait pleurer

Ne soyez pas rebuté par la difficulté de lecture au début du livre. Accrochez-vous le temps de ces quelques pages mal écrites (c’est Charlie encore idiot qui écrit… c’est difficile à lire) car ça vaut VRAIMENT la coup.

Charlie est différent. Il le sait.
Ca le rend malheureux et il voudrait être comme ces médecins qu’il admire. Tout ce qu’il demande c’est être intelligent.
Mais une fois son souhait réalisé par ces apprentis sorciers médicaux… c’est tout son monde qui s’effondre morceaux par morceaux !
Avant, bête, sa vie était simple… il ne la comprenait pas. Mais aujourd’hui… il comprend tout et même plus : et quelle déception.
Charlie est intelligent mais il souffre. Il souffre affreusement.

On développe très vite un lien fort avec ce héros. On l'aime au départ par compréhension... ensuite on le déteste à cause de son arrogance.... puis on ne peut s'empêcher de revenir sur ce jugement trop fort. Et on a de la compassion pour ce garçon qui voulait juste être « comme les autres » et qui le paiera cher !

Trop cher sans doute : parce que Charlie y laissera tout : sa candeur, ses illusions, sa joie et ...
D’autant que cette intelligence surdéveloppée, ce cadeau empoisonné qu’il a pourtant voulu plus que tout, ne l’aidera pas : quand Algernon commence à décliner, Charlie sait que ça lui arrivera de la même façon. Avec son immense capacité de réflexion, il sait qu’il aura le même sort que la souris…

Développé sur le thème de la science médicale et ses abus, ce livre soulève à mon sens plus la question de la conséquence de nos actes et de nos choix que véritablement de l’intégration des handicapés.
Selon moi le parallèle social est simple :
Charlie a fait un choix, sans en envisager (car il ne le pouvait pas) toutes les conséquences.
Les médecins ont utilisé ce choix avec précipitation et pour leur profit personnel sans prendre le temps nécessaire pour en connaître les toutes les retombées.

Chaque jour, nous aussi faisons des choix qu’on espère meilleurs pour nous en demandant l’aide et l’implication des autres… mais finalement… ces choix vont-ils nous faciliter la vie ? Ou pour combien de temps seulement ?

Bouleversant

10 étoiles

Critique de Magicite (au gré du vent, Inscrit le 4 janvier 2006, 39 ans) - 25 avril 2007

Un livre très bien fait, humain, philosophique et hautement émouvant, sans pour autant verser dans l'ennuyeux ou l'érudition inutile. Bref un livre qui se lit très bien, à conseiller à tout le monde. Je me permet de rectifier après les commentaires appréciant cette oeuvre monumentale comme de la SF (l'édition "j'ai lu" fait la même erreur) alors que je le vois plutôt apparenté au genre fantastique. C'est vrai que les frontières sont parfois minces entre les genres et que certains ouvrages , dont celui-ci, couvrent des thèmes tellement vastes qu'ils en deviennent durs à classer. Mais "Des fleurs pour Algernon" n'est pas de la science fiction à proprement parler tout comme l'homme invisible, l'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde ne le sont pas et se rangent dans le fantastique malgré une histoire centrée autour d'un scientifique qui invente une potion aux effets inconnus.

Sort-on indemne de l’expérience de la connaissance ?

8 étoiles

Critique de Saint-Germain-des-Prés (Liernu, Inscrite le 1 avril 2001, 50 ans) - 19 juin 2006

Le propos du livre a de quoi faire rêver : faire de retardés mentaux des génies après une simple opération. De quoi faire pleurer aussi : la souris sur laquelle a été testée cette méthode, après avoir fait de fulgurants progrès, semble régresser. Qu’arrivera-t-il à Charlie qui a accepté de subir l’opération ?

Charlie - le benêt devient donc Charlie - le calé. Sa conscience s’éveille, son intelligence s’épanouit, ses souvenirs se précisent, le laissant blessé quand il se rend compte que ce qu’il prenait pour de la gentillesse venant des autres n’était que de la moquerie. Etre clairvoyant comporte quelques risques… Il y a déjà là quelques scènes réellement touchantes. Et que dire de la fin, bouleversante ?

Je ne dirais pas que ce roman est particulièrement bien écrit, certains passages sont même franchement mauvais d’après moi, mais le sujet est excellent et la façon dont il est développé envisage des aspects intéressants. Et puis Keyes fait référence à l’allégorie platonicienne de la caverne, ce qui m’a fait sourire et mériterait d’être creusé…

Qu'est-ce que l'intelligence ?

7 étoiles

Critique de Xerinata (Amiens, Inscrite le 5 avril 2006, 60 ans) - 28 mai 2006

Est-ce que l'intelligence c'est avoir une mémoire phénoménale et accumuler des connaissances ?…
"Voici peu de temps je pensais sottement que je pouvais tout apprendre –acquérir tout le savoir du monde. Maintenant, j'espère seulement arriver à savoir que ce que je ne sais pas existe et en comprendre une miette." dit Charly quand il est au summum de ses capacités intellectuelles.
Ou est-ce que l'intelligence est la faculté d'adaptation, la créativité, l'ouverture d'esprit, la tolérance…?
En tout cas l'intelligence ne mène pas au bonheur. Au contraire, Charly était beaucoup plus heureux quand il était simple d'esprit parce qu'il n'interprétait pas les réactions des autres vis à vis de lui. On dirait que l'intelligence provoque au contraire un sentiment de paranoïa. "Mon intelligence a creusé comme un fossé entre moi et tous ceux que je connaissais et que j'aimais. Je suis maintenant plus seul que jamais auparavant."
Un sujet original, un livre touchant, mais qui m'a laissée un peu sur ma faim. Finalement on en revient toujours aux mêmes conclusions, comme le dit un autre livre qui m'avait marquée dans le temps : "l'enfer c'est les autres".

Ombre et lumière

10 étoiles

Critique de Dirlandaise (Québec, Inscrite le 28 août 2004, 62 ans) - 11 mai 2006

L’intérêt de ce livre ne réside pas dans l’écriture de Daniel Keyes qui est somme toute assez ordinaire mais dans la réflexion qu’amène l’histoire de Charlie, cet adulte de trente-deux ans, arriéré, qui devient une sorte de génie grâce à une opération pratiquée par une équipe de savants expérimentant une méthode afin de développer l’intelligence chez des êtres humains ayant un quotient intellectuel très bas.
Les premières pages sont assez rebutantes car le livre est écrit sous forme de compte rendu écrit de la main de Charlie qui au début éprouve de grandes difficultés à lire et écrire lisiblement. Mais, il faut s’accrocher et persévérer dans la lecture car ça devient vite passionnant. Suivre le développement du cerveau de cet être défavorisé par la nature et qui accède à un niveau d’intelligence encore inégalé chez aucun être humain est très prenante. La façon dont il réalise que les gens qu’il croyait ses amis, se moquaient de lui et l’utilisaient sans scrupule dans des combines malhonnêtes. De la noirceur la plus profonde, Charlie accède à la lumière. Ce sera pour lui le début d’une vie dont il ne soupçonnait pas qu’elle fut possible. Son univers s’élargit à une dimension illimitée. Il est intéressant de suivre l’évolution du comportement des gens à son égard. Il perdra tous ses amis, suscitera l’envie et la honte chez les personnes qu’il humilie en leur faisant prendre conscience des nombreuses limites de leurs connaissances dont elles étaient si fières. Mais, le rêve sera de courte durée. Charlie apprendra que sa métamorphose n’est que temporaire. On le suit alors dans sa chute, sa descente inexorable aux enfers dont il ne reviendra pas. Ses efforts désespérés pour continuer à lire et à écrire dans l’espoir de conserver un peu de l’intelligence qui a été la sienne pendant un si court laps de temps m’ont presque tiré des larmes.
Ce livre soulève des questions fondamentales sur le sort des personnes handicapées mentalement et sur leur valeur en tant que personne humaine. Charlie est révolté d’entendre les scientifiques parler de lui comme d’un simple cobaye et voudrait le même respect de leur part, peu importe le niveau de son intelligence.
Des thèmes profondément humains et des personnages inoubliables font de ce livre un chef d’œuvre de la science fiction qu’il faut lire absolument pour ceux qui aiment se questionner sur le sens et la valeur de nos vies.
« J’ai mis le corps d’Algernon dans une petite boîte de métal et je l’ai emporté à la maison avec moi. Je n’allais pas les laisser le jeter dans l’incinérateur. C’est bête et sentimental mais tard hier soir, je l’ai enterrée dans la cour de derrière. J’ai pleuré en mettant un bouquet de fleurs sauvages sur la tombe. »


Ce livre m'a fait découvrir un genre

9 étoiles

Critique de Valeriane (Seraing, Inscrite le 16 novembre 2005, 39 ans) - 17 février 2006

L'année 2006 s'ouvre sur une lecture intéressante. Première lecture, premier coup de coeur.
Publié dans les années 50, ce roman de SF est écrit par le héros de l'histoire, Charlie Gordon. Deux savants ont réussi à décupler l'intelligence d'une souris, Algernon, grâce à un tratiement. Motivés par les résultats positifs, ils vont tenter l'opération sur Charlie, arriéré mental. Le jeune homme va peu à peu décourvrir un monde duquel il était exclu jusqu'à présent. Ses connaissances et son savoir vont se développer à une vitesse assez fulgurante. Mais petit à petit, les facultés extraordinaires d'Algernon commencent à décliner. Charlie prend alors conscience que la dégénérescence va aussi le toucher.
Le roman, très difficile à commencer, devient très vite passionnant. L'histoire débute avant l'opération du héros, alors qu'il sait à peine écrire. C'est assez laborieux à déchiffrer. Mais au fil du texte, et donc de l'expérience, le style de l'auteur évolue et nous vivons progressivement son ascension intellectuelle. Nous partageons son voyage à travers ses rêves, ses peurs, son passé retrouvé, son présent et son futur incertain. Personnage attachant, nous gardons espoir jusqu'au bout. Plus dur en est la chute. La prise de conscience que cet état d'intelligence ne va pas durer fait mal. Charlie ne veut pas tout perdre de ses acquis. Nous vivons sa descente à travers ses écrits comme nous avons suivi sa montée. Le style se dégrade. Le nouveau Charlie va rendre se place à l'ancien. Ce qui rend la lecture intense, c'est la conscience que Charlie a de son état, de ce qui va lui arriver.
Le style narratif intègre le lecteur dans la peau du héros.
J'ai adoré ce bouquin, moi qui ne suis pas très SF. Je lui accorde 4,5 étoiles sur 5.

attachant, c'est le mot

10 étoiles

Critique de Yona6 (, Inscrite le 2 février 2006, 43 ans) - 2 février 2006

c'est triste parce que c'est humain .
C'est juste l'histoire d'un homme, d'une femme et d'un groupe d'hommes intelligents, instruits et qui se posent la question de ce qu'est l'intelligence?
C'est bien écrit, c'est brillant, c'est très bien mené, dans une progression comme dans l'autre, c'est plein de réflexions sans prétention sur les attitudes des uns et des autres face aux dadais mais aussi face aux intellos.
Alors, on se place où , nous ?
C'est à lire, absolument.
Et la vraie vie, elle est bel et bien là, au coeur du livre, du début jusqu'à la fin, dans la seule intelligence qui soit, celle du coeur, que ne referme jamais Charlie.

La SF, c'est pas idiot !

10 étoiles

Critique de Garlabane (Roquevaire, Inscrite le 3 janvier 2005, 43 ans) - 8 janvier 2005

La science-fiction passe souvent pour le parent pauvre de la littérature (seul genre digne d'intérêt). Ce préjugé est d'autant plus bête (comme tous les préjugés) que la science-fiction aborde très souvent des thématiques sociales, des réflexions qui nous apparaissent après coup visionnaires. Je pense, par exemple, à 1984 de George Orwell (mais il y en tellement d'autres). Même des auteurs labélisés et "goncourisés" comme J.C. Rufin, "l'écrivain humanitaire" (s'il en est) s' essaient à la SF (Globalia, Gallimard 2004). C'est dire ! (enfin, en admettant que les prix littéraires soient des gages de "qualité"... mais ça, c'est une autre histoire).
Des Fleurs pour Algernon fait partie de cette catégorie d'oeuvres qui dénoncent des dysfonctionnements ou des injustices et soulèvent des interrogations.
Partant d'un adage, Daniel Keyes montre que si les imbéciles sont heureux, c'est sans doute parce que leur innocence les empêchent de prendre conscience de la cruauté de leurs semblables et peut-être aussi de l'imperfection du monde qui les entoure. Certains passages sont très émouvants et le lecteur s'attache vite à ce cobaye humain qu'est Charlie Gordon.
L'ouvrage de Daniel Keyes est aussi une critique sans complaisance du petit monde scientifique : les apprentis sorciers, les chercheurs trop spécialisés et qui, pourtant, se croient omniscients...
Beaucoup d'écrivains classés dans la catégorie "littéraire" (non, je ne citerai pas de noms) ne pourraient se prévaloir d'autant. Bien-sûr, il faut de tout pour faire le monde des livres : des écrivains qui prétendent nous rendrent plus intelligents, d'autres nous divertir... sans compter ceux dont les desseins sont plus flous (mais là, je m'égare encore).

Pour ouvrir la réflexion...

8 étoiles

Critique de Cuné (, Inscrite le 16 février 2004, 50 ans) - 8 janvier 2005

Charlie Gordon va passer d'un QI de 65 à un niveau indéfinissable, brièvement mais réellement toucher du doigt le génie, la compréhension sublime, dans le cadre d'une expérience scientifique...

C'est un excellent livre où à travers les compte-rendus de Charlie on vit avec lui son histoire. Difficile de ne pas avoir le coeur serré en plusieurs endroits, l'empathie fonctionne à fond mais au delà de ça effectivement ça interpelle sur de nombreux sujets. J'en retiens plusieurs choses, notamment et en dehors de la détresse de Charlie, le fait que plus il devient intelligent, plus son arrogance et sa fatuité augmentent; Il est très bien dit que la maturité affective ne grandit pas proportionnellement, et c'est bien là toutes les limites d'un test de QI. L'intelligence est tellement autre chose qu'une accumulation de connaissances !....

beau et triste, pour masochistes

8 étoiles

Critique de Karl glogauer (, Inscrit le 17 mai 2004, 43 ans) - 11 juin 2004

émouvant, captivant et bien écrit, je dois reconnaitre qu'il faut être un peu masochiste pour le lire ce tant le héros parait prisonnier de ce tragique destin dès les premières pages; un peu comme elephant man adapté au cinéma "charlie", à rapprocher du plus récent l'éveil

Ca fait réfléchir...

10 étoiles

Critique de Crakinath (Onex, Genève, Inscrite le 15 mai 2004, 34 ans) - 15 mai 2004

Je donne volontiers 5 étoiles à ce livre, que je considère comme un chef-d'oeuvre. La réflexion principale est admirablement menée, on sent que l'auteur sait de quoi il parle. Si la science nous permet de faire un pas de plus, a-t-on forcément le droit de le faire, ce pas? Au départ, le lecteur aussi est enthousiaste face à cette merveilleuse possibilité, celle d'offrir l'intelligence à un attardé. Seulement voilà: tout n'est pas si simple. Non seulement ça se passe mal, mais en plus Charlie, le "héros", découvre la petitesse de ces hommes à qui ils voulait tellement ressembler quand il était simple d'esprit. Eux aussi ont leurs préjugés, leurs ambitions somme toute très humaines...
Ce livre est complexe, la réflexion est très subtile. Il montre que l'intelligence, le retard mental, ce n'est pas si simple. Les implications sont multiples, aussi sur le plan émotionnel, dont on a oublié de parler à Charlie. Bref, lisez le vite.

Bonne idée mais récit ennuyeux!

4 étoiles

Critique de Niddle (Le Raincy, Inscrit le 13 janvier 2004, 38 ans) - 14 janvier 2004

Tout débute par une excellente idée de récit. Une opération chirurgicale est effectuée chez un "simple d'esprit" qui lui offre la possiblité d'atteindre un QI très élevé. Organisée en comptes rendus, la forme est originale. On ne peut pas dire qu'il y ait énormément de rebondissements, ce qui est dommage. Bref, à part l'idée qui est bonne; une fois arrivé au milieu du livre, l'intrigue devient monotone et l'on est pressé d'arriver à la fin du bouquin pour passer à autre chose...

Triste

8 étoiles

Critique de Eto Demerzel (Montignies-Sur-Sambre, Inscrit le 10 avril 2001, 37 ans) - 2 novembre 2001

Un attardé devenu subitement intelligent, découvre que son entourage s'est moqué de lui pendant toutes ces années. Cependant, les bonnes choses ont une fin et il régresse rapidement. Mais entre temps, il a découvert l'amour. Ce livre m'a bouleversé.

trop attachant

8 étoiles

Critique de Brunette (Crosne, Inscrite le 10 février 2001, 37 ans) - 26 août 2001

Très vite le lecteur s'attache au héros, non il ne le prend pas en pitié, il compatit à sa douleur, il l'aime. Moi qui ne suis pas sensible j'en ai pleuré, c'est triste mais tellement beau.
Un livre que je conseille de tout mon coeur.

La S.F comme je l'aime

8 étoiles

Critique de Zazabir (La Garenne-Colombes, Inscrite le 7 août 2001, 49 ans) - 9 août 2001

Je suis entièrement d'accord avec le titre proposé par Elric. N'étant pas moi-même une fan de S-F, j'ai adoré ce livre. On est loin des histoires de robots (encore que ceux d'Asimov ne sont pas pour me déplaire) et de soucoupes volantes c'est-à-dire du futurisme pour le futurisme. Ici, une interrogation sur la condition humaine. A lire pour faire tomber ses préjugés contre la S.F.

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