Rencontres à Angoulême : Wilfrid Lupano et Relom avec Michel

Wilfrid Lupano est un scénariste, certes, prolixe, mais surtout pertinent ! Je lis ses ouvrages depuis longtemps, presque depuis le premier, et je l’ai interviewé plusieurs fois, toujours avec autant de plaisir, d’attention et de satisfaction… En fait, pour être précis, c’est avec la série Alim le tanneur que je l’ai découvert (dessin de Virginie Augustin) et jamais je n’ai été déçu par ses bandes dessinées. Certes, elles peuvent être plus ou moins fortes, géniales ou agréables, mais elles ne sont jamais mauvaises, du moins à mes yeux, et ce malgré l’avis de certains…

Chaque année, à Angoulême ou Saint-Malo, je tente de le rencontrer car ses productions multiples permettent des interviews variées même si elles sont régulières. Cette année, durant le festival international de la bande dessinée, il fut question, avec lui et son dessinateur Relom, de la série Traquemage qui se termine avec son tome 3, Entre l’espoir et le fromage.Il s’agit-là d’une fable, d’une drôlerie, d’une fantaisie – qu’importe le nom pourvu que l’on ait l’ivresse – qui pourrait être qualifiée d’écolo, alternative, anticapitaliste, fromagère, délirante, déjantée… Mais, là encore, n’allons pas trop vite ni trop loin. Cette fable pourrait être aussi humaniste, philosophique, métaphysique, politique, économique (et chacun remettra les mots dans l’ordre qui lui convient).Quant à moi, je trouve cette fable lupanesque, tout simplement. C’est-à-dire qu’elle est tout cela à la fois et c’est justement ce qui me plait chez ce scénariste depuis toujours… Dans Alim le tanneur, en faisant preuve d’une réflexion forte avant beaucoup, il pointait du doigt les religions quand elles sortent de leur cadre traditionnel – la vie privée et intérieure de chacun – pour devenir un objet de pouvoir politique. En clair, c’était la dictature des clercs… Et, ici, avec Traquemage, il continue et enfonce le clou !

Pistolin, son village de Troussec, ses cornebiques et son fromage, le Pécadou, tout cela, c’est nous, l’humanité normale et paisible… Enfin, celle qui aimerait bien rester paisible ! Seulement, voilà, dans ce monde de fou il y a des perturbateurs, des mages, des tyrans de toute nature et même un Dieu un peu perdu… La survie va s’avérer délicate mais il ne faut pas désespérer de voir Troussec retrouver un peu de tranquillité+…

Pour une fable, pour raconter une telle histoire décalée, il fallait trouver un dessinateur de qualité et il a bien été trouvé, Relom. Or, durant ce festival, j’ai eu la chance de rencontrer les deux, Relom et Lupano, et ce fut un plaisir…On a pu parler du projet, de la recherche de l’équipe pour le réaliser, de son apparition dans le monde éditorial, des objectifs déclarés de Lupano, de la façon de travailler de ce duo improbable…  Que faut-il garder en mémoire de cet entretien ? Le mieux est que vous patientez un peu pour l’écouter à la radio et vous faire votre opinion vous-mêmes… Mais… Je peux quand même vous donner mon avis…

En fait, on rencontre-là un Lupano simple, modeste, paisible et profond. Il dit le respect qu’il a pour les différents dessinateurs qui ont travaillé avec lui… Il parle aussi de ceux avec qui il aimerait travailler mais qu’il n’ose pas venir déranger dans leur travail… Il démontre, une fois encore, qu’il est tout simplement un grand, timide et modeste, chaleureux et plein d’humanité, un homme que je suis content de rencontrer régulièrement et qui fait grandir la bande dessinée même s’il ne revendique surtout pas cette mission…

« Moi, je me contente de raconter des histoires… C’est mon plaisir ! »

Et c’est le nôtre aussi. Merci !

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