Ballade des perdus Christine Payeux

Ballade des perdus de Christine Payeux

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Débézed, le 19 septembre 2026 (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 79 ans)
Critiqué par Débézed, le 19 septembre 2026 (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 79 ans)
La note : 8 étoiles
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Peuples massacrés

Comme l’écrit la préfacière, Marie-Christine Vandoorne, c’est un véritable cri que pousse dans ce texte Christine Payeux, un cri aussi glaçant que celui que Munch a peint pour la postérité. Un cri contre la violence qui déferle sur notre monde en folie et qui a déjà déferlé depuis les origines, l’auteure cite une liste de massacres aussi célèbres que meurtriers, pour l’exemple et la mémoire. Elle interroge le monde sur sa capacité à vivre hors de la violence, dans le calme et la paix, en toute quiétude et tolérance, fuyant la guerre et la mort violente. Christine évoque pour l’image de la terreur, Villon pour sa ballade à lui et aussi Boris Boubacar Diop pour le génocides du Ruanda

Ce texte, comme une véritable poésie en prose, s’appuie sur l’exode douloureux d’une famille palestinienne fuyant la guerre, les bombes et maintenant les drones, nouvelles armes de terreur contre les pauvres civils innocents, pour quitter ce territoire de feu et de mort où la vie n’est plus possible. Les armes ne détruisent plus des cibles, elles frappent au hasard ceux qui ont la malchance d’être dans leur champ de tir au mauvais moment. Cette fuite désespérée, c’est l’image de ce peuple massacré mais c’est aussi le rappel de toutes ces villes détruites, ravagées où les populations ont été massacrées. Un texte mémoriel à l’usage des gouvernants et autres puissants mais aussi des générations à venir afin qu’elles en fassent le meilleur usage.

« L’histoire se passe dans une ville en ruine sans ciel. Des machines métalliques écrivent sous les pieds des lettres de mort avec des herses. Des machines de guerre tombent sur les têtes, déchirent des corps, des êtres. // L’histoire s’Y passe. / La mort s’Y vit. / La vie s’Y mort./ Il Y a une ville. Il Y a des gens. Il Y a. Ils Y ont. Ils Y sont / … »

Christine use de formes littéraires nouvelles, des formes qu’elle crée pour la circonstance avec des mots détruits dans un véritable « Linguicide » comme les êtres qu’ils décrivent. « Walid (l’enfant héros de ce texte) comprend qu’il voit le passé, le présent et le futur simultanément : les scènes successives lui apparaissent de façon concomitante… ». Il voit les vivants mourir et les morts partir, fuir, prendre le chemin d’un ailleurs où une autre violence les tuera de nouveau dans un supplice sans fin.

C’st un petit bijou de texte que livre Christine Payeux pour dire l’horreur qui sans cesse recommence avec toujours plus de violence ici, là ou ailleurs encore.

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Les éditions

La ballade des perdus
de Payeux, Christine Hanifi, Ahmed (Postface) Vandoorne, Marie-Christine (Préfacier)
MEO
ISBN : 9782807005730 ; 14,00 € ; 09/04/2026 ; 80 p. Broché
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