Que la joie demeure: Vivre avec Bach Claire Marie Le Guay, Erik Orsenna
Catégorie(s) : Arts, loisir, vie pratique => Musique
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Il serait illusoire et vain et décevant de demander à ce petit ouvrage à deux voix, celle de l’écrivain Erik Orsenna et celle de la pianiste Claire-Marie Le Guay, ce qu’on est en droit de trouver dans les copieux ouvrages que Gilles Cantagrel consacra à Jean-Sébastien Bach, voire même dans le Bach de Marc Leboucher, récemment commenté sur mon blog.
L’exercice auquel se livrent l’écrivain et la pianiste est beaucoup plus modeste et revient à témoigner de la place de Bach dans leur vie et de l’influence de ce dernier sur leur manière d’être (sans compter, pour ce qui concerne la pianiste, les questions d’interprétation de la musique de Bach). Tout cela est modestement évoqué dans de courts chapitres où chacun, chacune, s’exprime tour à tour (une fois, même, de la part de Claire-Marie Le Guay, en renvoyant à un de ses disques au moyen d’un QR Code !).
Ce qu’écrit Erik Orsenna, tout en prenant grand soin de retracer les grandes lignes de la vie de Bach, paraît, d’une certaine manière, plus naïf que ce que confie Claire-Marie Le Guay, une interprète fréquentant Bach, pourrait-on dire, intimement lorsqu’elle le joue sur son piano. Erik Orsenna, lui, ne craint pas les paris les fous puisqu’il s’est mis à vouloir apprendre le piano à près de soixante-dix ans !
Sur certains points, les propos émis par Erik Orsenna m’ont paru même naïfs au point de manquer de rigueur. C’est en particulier le cas chaque fois qu’il est question du fameux « Jésus, que ma joie demeure ! » Or, ni Erik Orsenna ni Claire-Marie Le Guay, qui sont pourtant des personnes cultivées, ne font remarquer que cette traduction du texte d’un célèbre choral est erronée, qu’elle est même un contresens ! « Jesus bleibet meine Freude » signifie en français « Jésus demeure ma joie » , ce qui n’a pas du tout la même signification que « Que ma joie demeure » !
Pourtant, et cela m’a réjoui, Erik Orsenna et, peut-être plus encore, Claire-Marie Le Guay se réfèrent volontiers à la foi de Bach, foi d’un luthérien qui est indissociable d’un grand nombre de ses œuvres. Comme le fait remarquer Erik Orsenna, Bach ne signait pas ses partitions au moyen de ses propres initiales, mais il écrivait « SDG », autrement dit « Soli Deo Gloria ».
Les deux auteurs insistent également beaucoup, et c’est justice, sur la place importante qu’occupèrent successivement les deux épouses de Jean-Sébastien : Maria Barbara et, surtout, Anna Magdalena. Et puis, ils rendent hommage à ceux qui servirent Bach, à commencer par Félix Mendelssohn, et le servent encore, comme l’organiste et compositeur Thierry Escaich.
En fin de compte, ce petit livre incite à se mettre à l’écoute de Bach, à découvrir ou à réécouter et réécouter encore ses œuvres. Que demander de mieux ?
Les éditions
Que la joie demeure, vivre avec Bach, Erik Orsenna [...], Claire-Marie Le Guay
de Orsenna, Erik Le Guay, Claire MarieISBN : 9782226503435 ; 19,90 € ; 01/04/2026 ; 208 p. Broché
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