Pour le pire - Tome 01 Tarō Nogizaka
(夏目アラタの結婚)
Catégorie(s) : Bande dessinée => Manga , Bande dessinée => Aventures, policiers et thrillers
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BOZO LE CLOWN, SERIAL KILLER!..
De quoi cela parle?
Au début de l’histoire nous faisons la connaissance d’Arata Natsume, un jeune homme, célibataire endurci d’une trentaine d’années, qui travaille comme fonctionnaire au service d’aide à l’enfance de la ville de Tokyo (Japon).
En compagnie de sa collègue Melle. Kaori «Momo» Momoyama, il a rendez-vous chez Takuto Yamashita, un jeune garçon de quatorze ans, dont le père a été victime d’une tueuse en série surnommée le “Le clown de Shinagawa”. Takuto a des excuses à lui présenter et un service à lui demander.
En effet, si la tueuse en série a été arrêtée, surprise en train de découper le corps, la tête de son père décédé, reste introuvable et la coupable... Refuse d’avouer où elle l’a cachée!
Voulant lui «tirer les vers du nez», Takuto lui a écrit de nombreuses lettres en se faisant passer pour… Arata! La tueuse l’a alors invité à discuter de vive-voix. Takuto demande donc à Arata d’aller à ce rendez-vous à sa place. Pour l’aider à retrouver la tête de son père, Arata accepte mais... Pour l’éloigner de la tueuse, dont il soupçonne le jeune d'être «tombé sous son charme», uniquement à condition qu'il ne lui écrive plus jamais!
Arata se rend donc à Kosuge, dans l’arrondissement de Katushika, au centre de détention de Tokyo. C’est là où est détenue la célèbre «Bozo Shinagawa», la jeune femme corpulente arrêtée deux ans plus tôt, en flagrant délit par la police, alors qu’elle démembrait un corps à la scie, pour le fourrer dans un sac! La coupable était donc une jeune femme de vingt ans, déguisée en clown, qui s’appelait Shinju Shinagawa.
Lors du procès, c’est une femme au visage masqué par de long cheveux noirs et secs, qui avait terriblement maigri pendant son incarcération, et avait une affreuse dentition qui s'était présentée. Au cours de ce même procès, trois victimes, - tous des hommes dans la trentaine, qui avaient bien réussi dans la vie -, avaient été identifiées. Les deux premiers corps retrouvés étaient privés respectivement du bras gauche et de la jambe droite. Quant à celui découvert auprès de la coupable, sa tête restait introuvable, sans doute abandonnée quelque part. L’ADN d’une quatrième personne avait été également retrouvé, mais jamais identifié.
Verdict final pour Shinju «Bozo» Shinagawa: Condamnation à mort par pendaison!
Mais quelle n’est pas sa surprise quand, à la place du «Clown» corpulent, c’est une frêle et fragile jeune fille, douce et timide qui se présente au parloir. Bien coiffée, les cheveux blond et courts, bien habillée, seule son affreuse dentition confirme que c’est bien Shinju. Mais, lorsque celle-ci comprend qu'Arata n'est pas le véritable auteur des lettres, elle décide de mettre immédiatement fin à leur entretien et de partir. Complètement pris au dépourvu, et voulant absolument attirer son attention, Arata tente alors un coup de bluff, et lui demande de … Se marier avec lui!.. Intriguée, Shinju décide de rester.
Un «jeu» de Poker menteur commence alors entre eux…
Les dessins:
Les dessins sont d’intérêt inégal. Comme toujours avec Tarô NOGIZAKA (*1968), les plus beaux dessins alternent avec les moins bons. Ils sont parfois typiquement ceux d’un Manga japonais, avec les traits «forcés» au maximum, pour surligner les réactions des personnages quand il faut bien montrer leurs expressions (p. 10 p. ex.), et parfois absolument beaux, magnifiques même et d’une tendresse sans pareil (p. 42/43 ; 55 ; 61... ).
Ils sont surtout là pour servir l’ambiance «lourde» et plus que glauque installée par le scénario. Quand on voit Shinju déguisée en «Bozo le clown», (P. ex. p. 8 ; 21 ; 27/31…), c’est vraiment exceptionnel.
Mais, les plus beaux dessins sont sans doute les gros plans sur le visage et les yeux des deux «tourtereaux», (P. ex. p. 52/53 ; 54/5 ; 83/84 ; 108/109…), qui sont révélateurs, et qui font très bien «passer» les sentiments et les émotions des personnages.
Le scénario:
Ce Manga «vaut» surtout par son scénario! C’est le point culminant de cette série, ce n’est d’ailleurs pas sans rappeler le fameux film «Le silence des agneaux» (1991) du réalisateur américain Jonathan DEMME avec Jodie FOSTER et Anthony HOPKINS, adapté du roman de Thomas HARRIS (1), sauf que les rôles sont ici inversés.
C’est très bien écrit, original, surprenant, bizarre, bluffant, avec des retournements de situation en veux-tu en voilà! On va de surprise en surprise, de révélation en révélation, de bras de fer en bras de fer, au fil des différents entretiens entre Arata et Shinju, le tout savamment entretenu par les défis que se tendent mutuellement les deux héros, chacun essayant de prendre psychologiquement le dessus sur l’autre.
En temps normal je dirais que c’est un scénario trop «capillotracté» pour y croire vraiment. Mais, et c’est peut-être justement la force de M. NOGIZAKA, d’arriver à nous faire croire que c'est plausible!..
Les personnages sont extraordinaires, en ce qu’ils sont, - du moins pour les deux principaux en tous les cas -, très, mais très bien fouillés psychologiquement! Ils dénotent fortement des personnages habituellement rencontrés dans les Manga. Arata est comme un jeune enfant, bourrin, bourru, têtu, irréfléchi, impulsif, emporté, tout en ayant les responsabilités d’un adulte.
Shinju est mystérieuse, insaisissable, énigmatique, froide, manipulatrice, calculatrice, aguicheuse, perdue, d’une beauté provocante et certainement d’une intelligence supérieure à la moyenne.
Les défauts?
A part la qualité un peu trop «fluctuante» des dessins (voir ci-dessus), j'ai surtout été dérangé par certaines «imprécisions» dans le scénario, ainsi p.ex. Shinju a 18, puis 20, puis 21 ans?
Mais bon, encore une fois, ce Manga tient surtout par sa psychologie (voir ci-dessous).
Aparté:
Ne vous laissez surtout pas influencer par la couverture de ce Manga! Bien que l'on peut y voir Arata et Shinju en tenue de mariés. Ce n'est absolument pas un Manga «d'amour à l'eau de rose», comme la couverture pourrait vous le laisser trop facilement croire. Que du contraire! C'est un thriller psychologique, doublé d'une véritable enquête policière et le sang est amplement présent! Il y en a d'ailleurs sur ce même dessin!
Les qualités?
Comme déjà dit, ce manga peut être lu à plusieurs niveaux, avec plusieurs interprétations. Mais, rien que son aspect psychologique est assez «percutant». Le suspense est très bien entretenu, à la fin on se demande p.ex. si Shinju est vraiment le tueur? Est-elle une mythomane et une psychopathe sanguinaire, ou juste une jeune fille très sensible? Est-elle vraiment un monstre sanguinaire ? Ou bien elle aussi une simple victime? Est-elle une jeune fille innocente, ou un psychopathe sanguinaire?
En guise de conclusion:
J’ai vraiment beaucoup aimé ce premier volume de «Pour le pire», qui m’a beaucoup «Hypé» (comme disent les «Djeun’s)… C’est vraiment un thriller psychologique haletant… Je vais donc partir, avec un plaisir certain, à la découverte de la suite des (més-)aventures d’Arata et Shinju…
P. S. : A noter que le Manga «Pour le pire» a été adapté au cinéma en septembre 2024, par le réalisateur Yukihiko TSUTSUMI (*1955), pour la Warner Bros Japan. Les comédiens Yuya Yagira et Yuina Kuroshima, interprètent respectivement Arata Natsume et Shinju Shinagawa, les deux protagonistes de l'histoire.
Natsume Arata no Kekkon («Le mariage d'Arata Natsume» en VO ), a été publié en série dans le magazine manga seinen de Shogakukan , Big Comic Superior, de juin 2019 à janvier 2024, en douze volumes au format de poche. Natsume Arata no Kekkon a remporté le 70e Shogakukan Manga Award en 2025.
(1). : Cf. : ici sur CL : https://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/5464
Les éditions
Pour le pire[Texte imprimé], Taro Nogizaka
de Nogizaka, TarōLes livres liés
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