J'ai donné trois valium à l'humaniste qui sommeillait en moi Nomen Nescio
Catégorie(s) : Littérature => Francophone
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Le nom de l’auteur de ce recueil est déjà tout un programme puisque les latinistes disent que sous Nescio se cache la formule « je ne sais pas », nous devrons donc nous contenter d’un auteur qui ne veut pas dire son nom mais qui gravite probablement dans la sphère qui entoure les Editions Louise Bottu où la plupart des auteurs sont friands de textes un peu hermétiques.
Dès les premières lignes, ce recueil m’a fait penser à un livre du prix Nobel nigérian, Ken Saro Wiwa, Sozaboy, l’histoire tragique d’un enfant soldat, racontée dans un langage extrêmement réduit. Cet enfant ne connait que peu l’anglais qu’il utilise pour raconter son histoire, l’auteur dit qu’il l’a écrite dans un anglais pourri, un mauvais pidgin. J’ai retrouvé dans ce texte de Nescio ce minimaliste, cette réduction du langage aux seuls mots nécessaires : les noms et les verbes principalement. Chacun des textes proposés est suivi de « scholies » (j’ai cherché la définition de ce mot et j’ai trouvé celle-là : scholie « est un commentaire, une note philologique figurant sur un manuscrit et servant à expliquer un texte ». Les scholies incluses dans ce texte sont donc des explication nécessaires à la bonne compréhension du texte proposé précédemment. L’auteur a aussi inséré dans certains endroits de son recueil des « récréations » comme des aphorismes en caractère très gros et très gras, de véritables illustrations. « Désormais il en manquera : j’ai étouffé l’effronté en moi ».
Dans ses textes, l’auteur évoque le monde qui s’agite dans sa tête, des personnages fort divers qui chacun voudrait jouer son rôle, « … Locataire et politicien comédien progressiste exhibitionniste électeur proprio et autres intrus… », personnages que nous sommes tous à certains moments de notre vie au moins pour une partie d’entre eux. En combattant ses infiltrés, recherche son identité, son intégrité, sa personnalité…
Les textes de cet inconnu sont écrits dans un français fort minimaliste alors que les scholies sont, elles, écrites dans un langage très élaboré, à mon sens, ceci démontre l’étendue du talent littéraire de cet auteur. Talent, qu’il affirme aussi dans l’usage qu’il fait des assonances et des allitérations. Les mots sont pour lui plus que des expressions écrites, ils sont une véritable thérapie. « Le vide en moi n’aspirait qu’à la plénitude. Je l’ai comblé. Par des mots bien sûr. D’autres mots. Banals et nécessaires. Les mots de tous. Les mots de tous les jours et de chacun. Mes mots ».
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