L'élu de Fluvio Risuleo (Scénario), Antonio Pronostico (Dessin)
(L'Eletto)

Catégorie(s) : Bande dessinée => Divers

Critiqué par Blue Boy, le 21 juin 2026 (Saint-Denis, Inscrit le 28 janvier 2008, 0 ans)
Critiqué par Blue Boy, le 21 juin 2026 (Saint-Denis, Inscrit le 28 janvier 2008, 0 ans)
La note : 4 étoiles
Visites : 111 

Passé à côté...


Présenté par l’éditeur comme un « brillant roman noir d’entreprise signé par le duo d’auteurs le plus original de la bande dessinée italienne », l’ouvrage est clairement un ovni, ou pourrait-on dire, OENI (objet éditorial non identifié). En résumé, ça raconte l’histoire d’un poète méconnu qui, après avoir été repéré pour la qualité de sa calligraphie par les « agents » d’un capitaine d’industrie aux desseins mystérieux, va mal finir. L’entrepreneur, surnommé « le maître », sorte de divinité inaccessible, l’a choisi comme « l’élu » et veut absolument le rencontrer. Entretemps, le poète va tenter de s’adapter au monde kafkaïen de l’entreprise, avec ses codes étranges quasi-ésotériques dont il n’est guère familier, jusqu’au jour fatidique…

Si d’un point de vue narratif, l’ouvrage se lit facilement et reste intriguant jusqu’à la conclusion, je dois avouer mon incompréhension quant à l’épilogue, dont je ne dirai évidemment rien. Certes, on l’aura compris, c’est de la poésie et ça traite de l’absurdité du monde de l’entreprise, mais une poésie tout de même un peu absconse qui laisse le champ vaste à l’interprétation. De plus, le récit est parcouru par des anecdotes (en particulier la visite au cimetière, la fête péruvienne…) dont on saisit encore moins la pertinence et n’apportent rien à la compréhension de l’intrigue.

C’est la qualité graphique qui sauve l’ensemble sans parvenir toutefois à nous faire vraiment apprécier la lecture. Le dessin de Fulvio Risuleo est moderne et stylé, avec un très beau travail sur la couleur à l’aide de tonalités vives et harmonieuses. Cela étant, je n’ai pas saisi l’intérêt d’accompagner chaque planche de la version manuscrite des textes, incluant les ratures. Cela se veut sans doute original pour dévoiler le processus de création d’une œuvre, mais visuellement parlant, ce n’est pas très heureux… En outre, était-il vraiment nécessaire de recouvrir la couverture de ces griffonnages ? En recevant l’ouvrage dans ma boîte aux lettres, j’ai d’abord pensé qu’un petit farceur avait trouvé ça malin de les ajouter lui-même…

Mis à part ça, je ne retiendrai pas grand-chose de cette lecture, et même en me forçant, je décèle peu de subversivité dans le propos, que pourrait laisser croire la page d’introduction. Celle-ci est une affiche du salon auquel participe le narrateur, la « Nuit blanche de la poésie », point de départ du récit, puisque c’est lors d’une séance de dédicace qu’il sera repéré par les émissaires du « Maître ». Sur l’affiche en question, on peut lire comme slogan : « Des vers rebelles pour rester éveillé », le but étant de « se rappeler que la poésie est plus vivante que jamais ! ». Soit. Mais dans ce cas, il faudrait peut-être lui donner les moyens d’être un peu plus accessible… A croire finalement que poètes n’ont pas toujours raison…

Il est possible que cela plaise à un certain public, mais en ce qui me concerne, je suis un peu passé à côté…je ne voterai donc pas pour cet « élu » …

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Les éditions

L'Elu[Texte imprimé]
de Risuleo, Fluvio Pronostico, Antonio (Illustrateur) Pinto, Enrico (Traducteur)
Steinkis
ISBN : 9782368469316 ; 19/03/2026 ; 112 p. Relié
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