Votre corps a une mémoire: Partir sur la trace des souvenirs profonds que l'esprit a oublié Myriam Brousse
Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Psychologie
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La mémoire cellulaire du corps
L’histoire de Myriam Brousse, l’auteure de ce livre de développement personnel, n’est pas banale. À presque quarante ans, elle découvre un matin, au réveil, qu’elle est toute en sang. À l’hôpital, on lui diagnostique un cancer des ovaires. On l’opère, mais il est trop tard, le cancer était trop avancé. On ne lui donnait maxi 1 an de vie, moins même. Elle allait mourir là comme ça, à quarante ans, du même mal que sa mère et sa grand-mère, elles aussi mortes au même âge.
Puis une de ses amies demanda à un bouddhiste tibétain de sa connaissance de venir la voir, ce qu’il fit. Il se mit à venir à son chevet tous les jours et ensemble, ils travaillèrent à revisiter le passé de Myriam, à lui faire redécouvrir par où elle était passée et à revivre ses blessures personnelles, le départ de son père, la mort de sa mère, le rejet de sa grand-mère et de sa tante qui l’avaient recueillie sans qu’elle comprenne pourquoi, sa mise au couvent d’où elle en sort, la mort de son fiancé… Je résume beaucoup ici le premier chapitre où elle raconte comment tout a commencé.
Après plusieurs mois, où le sage tibétain lui fit revisiter profondément toutes les blessures de son passé, elle put guérir peu à peu et revenir à la vie. Elle était mourante, elle n’est pas morte. Et le tibétain lui dit le dernier jour : « fais ce que tu as appris », et il partit et elle ne le revit plus. Elle approfondit alors que ce qu’elle avait appris avec lui, et déchiffra qu’il s’agissait d’une thérapeutique basée sur la mémoire cellulaire du corps.
La théorie est que le corps enregistre dans la mémoire de chacune de ses cellules tous les souvenirs, les blessures, les traumatismes que la personne a vécus et porte, et qui remontent à l’enfance, à l’état fœtal et même plus loin encore, à ceux des parents et ancêtres. Le travail de Myriam, qu’elle appelle « praticienne en mémoire cellulaire », est de revisiter avec ses patients tous les souvenirs profonds enfouis dans les cellules, que l’esprit a oublié mais dont le corps, lui, se souvient toujours et de l’en libérer (ce qu’on appelle « désactiver la mémoire ») pour que celui-ci (le patient) puisse aller mieux et reprendre sa vie en suivant ses aspirations personnelles et non plus subir celles que le patient portait et qui le faisaient souffrir.
De multiples exemples de vie sont relatés dans le livre, expliquant les problématiques rencontrées par telle et telle personne et le cheminement qu’elle a suivi, accompagnée par Myriam, pour s’en libérer. Le but est de comprendre le sens de ses douleurs, de ses souffrances, passées et présentes, d’où découlent toute une série de symptômes et de comportements inadaptés qui font sentir qu’on n’est pas totalement maîtres de sa propre vie et de ses propres choix. Et ensuite d’aller au plus profond de ses blessures passées, les plus primordiales, les plus fondamentales, pour que le patient les revisite et les revive en les ressentant dans son corps, dans sa chair, hors de toute considération mentale et psychologique et pouvoir enfin s’en libérer et ne plus en souffrir.
Tous ces exemples de vie et de libération de mémoires sont édifiants, et la vie de Myriam Brousse elle-même ne l’est pas moins. Voici ce qu’elle écrit : « Je ne prétends ni soigner ni guérir. Mon travail à moi est d’accompagner celui ou celle qui me le demande dans son propre travail de mémoire, et d’aider ceux qui le souhaitent à libérer leurs corps des empreintes douloureuses de cette mémoire, pour qu’ils puissent enfin aller mieux ».
Ce livre retrace l’expérience de 30 années et de centaines de personnes traitées. Elle ne prétend pas apporter toutes les réponses ni même de pouvoir expliquer pourquoi ça marche. La science pourra peut-être un jour apporter des réponses et des explications. Myriam, pour sa part, s’est concentrée sur la pratique du « comment », ce qu’elle a maîtrisé et qu’elle nous rapporte dans ce livre, ma foi, très convaincant.
Ce livre est sorti en 2007 mais je ne l’ai découvert que maintenant. Entretemps, Myriam Brousse est décédée. La théorie et la pratique de la mémoire cellulaire du corps en France lui doit beaucoup, même si elle n’en fut pas la conceptrice.
Les éditions
Votre corps a une mémoire: Partir sur la trace des souvenirs profonds que l'esprit a oublié
de Brousse, MyriamISBN : 9782501084796 ; 20/03/2013 ; 192 p. Poche
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