Fuck up Arthur Nersesian
(The fuck-up)
Catégorie(s) : Littérature => Anglophone
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DESCRIPTION D’UN MONDE QUI, - MALHEUREUSEMENT -, N’EXISTE PLUS!
Au début de ce roman, nous sommes à New York en 1982, nous faisons connaissance du héros de ce roman. Un héros très loin d’être parfait, un jeune homme de 22 ans, 1,78m, 70 kg. On n’en saura d’ailleurs guère plus, et on ne connaîtra jamais son nom… Mais on va suivre son histoire… Cela commence d’ailleurs très mal pour lui, puisqu’il est «largué» dès les premières pages par Sarah, sa petite amie chez qui il vit dans l’East Village. Celle-ci lui reproche de «fricoter» un peu trop avec Eunice, une jeune femme qui travaille dans le même cinéma que lui…
Pas de chance pour lui, le même jour il est viré de son travail d’ouvreur dans un petit cinéma de quartier… Sans travail, sans domicile, il trouve alors refuge dans l’appartement du dernier ami qu’il lui reste, Helmsey, un écrivain raté, ancien professeur d’université, qui vivote en traduisant des livres… Pendant qu’il squatte le canapé de son ami, il erre à la recherche d’un boulot dans l’East Village.
Mais, alors que les choses semblent enfin s’arranger pour lui, alors qu’il a retrouvé du travail dans un cinéma comme manager d’un cinéma porno gay en se faisant passer pour un homosexuel… Il apprend le suicide d’Helmsey…
Que dire sur ce livre?
«Fuck Up» (Foirade en VF), est le premier livre d’Arthur NERSESIAN, paru aux États-Unis en 1991, mais malheureusement seulement traduit en français en… 2023!
C’est sans doute là ce qu’il y a de plus dommage puisqu’au moment où l’on peut enfin découvrir ce livre en français, le monde qu’il décrit n’existe malheureusement… plus! «Fuck Up» est en effet le récit de la vie d’un «Looser magnifique», de 22 puis 23 ans dans le New York des années 80! Inutile donc de dire ici que tous ceux qui n’ont pas connu ces années-là seront très surpris, et ceux qui les ont connues seront… nostalgiques?
Que dire de plus?
Ce livre est aussi le récit clinique de la lente descente aux enfers de son anti-héros. À coup de mauvaises décisions, de compromissions, de lâchetés, de bêtises, de combines, de mensonges, d’arnaques, de manipulations, de vols, de beuveries, quand ce n’est pas de «poudrage de nez», il va peu à peu sombrer toujours plus, toujours plus loin… Inutile de dire que cette lente agonie du corps et de l’âme, cette exploration - très bien rendue par l’auteur -, est sans aucun doute la partie la plus intéressante à lire…
Il y a un humour noir très «corrosif» qui fait grincer les dents! On rit, on rit même beaucoup, mais on rit jaune!.. Bien que ce soit un «Page Turner», à l’écriture très facile à lire, bien que ce soit un livre véritablement addictif, c’est avant tout une critique acerbe de la société américaine et plus particulièrement des habitants de New York de l’époque.
Qu'est-ce que je n’ai pas aimé dans ce livre?
Pas grand-chose je dois le reconnaître honnêtement, mais je dois quand même dire que si la fin est très belle, et très bien amenée elle aurait quand même mérité quelques (beaucoup en fait!..) pages en plus!
Il y a aussi une scène absolument impossible, entre les p. 20 et 27. P. 20 Eunice dit au héros qu’elle part pour les vacances, p. 22 il surprend Eunice en boîte dans les bras d’un autre homme! Début de la p. 27 il rentre chez lui et Sarah n’est pas là. A la fin de la p. 27 il surprend Sarah dans un bar, bien entendu dans les bras d’un autre homme! Il apprend donc les infidélités de sa maîtresse et de sa copine en deux soirées, et dans des circonstances exactement identiques? Incroyable n’est-ce pas? Ce n’est pas rédhibitoire, mais bon, à mes yeux, la cinquième étoile y est passée!..
Qu'est-ce que j’ai aimé dans ce livre?
Comme le précédent livre que j’ai lu de l’auteur (1), je dois dire que c’est vraiment, mais alors vraiment bien écrit! Je dois même dire que pour un premier livre, je suis très agréablement surpris!
Les descriptions de la ville de New York sont absolument éblouissantes, c’est simple, on s’y croirait! Tous ceux qui (comme moi…), aiment «Big Apple» vont en prendre plein les yeux!
M. NERSESIAN arrive à capturer et à nous restituer, avec un talent sans pareil, l’âme de cette ville! Attention toutefois, comme déjà dit c'est le New York des années 80! Il y a bien sûr les fêtes, les bars, les paillettes, les discothèques, les fêtes, les artistes, les galeries d'art...
Mais, si on «gratte» un peu le vernis, on trouve très vite aussi l'envers du décor... La drogue bien sûr qui est partout, mais aussi la crise immobilière, les immeubles insalubres, le manque de travail, la misère, les clochards, les pickpockets, les agressions, le sida qui fait des ravages, l'homophobie, la stigmatisation, la violence sociale, la mort qui frappe les gens de plus en plus jeunes, le sexe, les discriminations sociales, les gens qui vivent dans la rue, ceux qui n'ont même pas de quoi se payer des soins médicaux...
Est-ce que je conseille la lecture de ce roman?
Oui! Sans l’ombre d’un doute! Et surtout si la ville de New York vous fascine, et si les «Road Movie», vous plaisent parce que ce livre en est vraiment un! Vous allez lire ici la mégalopole américaine comme vous ne l’avez jamais lue, et voir le «côté obscur» du rêve américain comme rarement exposé…
Je pense aussi qu’Arthur NERSESIAN est un écrivain bien trop méconnu et absolument à lire et à découvrir au plus vite… Pourquoi pas avec son premier livre?..
(1). : Cf. Ici sur CL : https://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/73051
Les éditions
Fuck up[Texte imprimé], Nersesian Arthur traduit de l'anglais (États-Unis) par Charles Bonnot
de Nersesian, Arthur Bonnot, Charles (Traducteur)Les livres liés
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