Petite histoire de la prostitution liégeoise Jean Catin, Michel Elsdorf, Robert Ruwet

Petite histoire de la prostitution liégeoise de Jean Catin, Michel Elsdorf, Robert Ruwet

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Histoire

Critiqué par Catinus, le 8 février 2026 (Liège, Inscrit le 28 février 2003, 75 ans)
Critiqué par Catinus, le 8 février 2026 (Liège, Inscrit le 28 février 2003, 75 ans)
La note : 9 étoiles
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Chaud devant !

La prostitution liégeoise semble avoir toujours existé. On retrouvait ces « dames de petite vertu » partout en ville ; peu de quartiers furent épargnés. Sujet sensible, tabou, il n’en fallait pas plus pour que trois « coquins » liégeois se mettent à farfouiller dans leurs archives et ainsi proposer cette histoire si particulière. Vous ne trouverez pas ici une occasion de faire la promotion pour cette activité, ni d’offrir un répertoire de « bonnes adresses », ni de profiter de l’aubaine pour balancer des propos salaces, d’étaler scènes graveleux, ce n’est absolument pas le but de cet « essai », richement illustré.

Voici quelques extraits de ces 200 pages.

Nous vous en souhaitons une franche et saine lecture !

Un spécial grand merci à Sophie Henrion pour son mémoire de 2001, dont

voici quelques lignes :

– Les sources relatives à la prostitution ne sont pas nombreuses à Liège.

Celles qui ont été conservées ne concernent que les 17ème et 18ème siècles. Beaucoup de sources ont été détruites au fil du temps. Mais il est aussi fort probable que les filles de joie laissent peu de traces de leur passage qui est empreint d’une certaine clandestinité.

Les hauteurs de la rive gauche de la Meuse :

– Il s’agit ici surtout des paroisses de Saint-Servais et de Saint-Séverin. Ces deux paroisses ont à plusieurs reprises (en 1725 et 1775) été dénoncées comme abritant des filles de joie. (…)

En 1775, le curé de Saint-Séverin déclara : « À en croire la rumeur publique, dans la rue Cokraimont, beaucoup passent pour concubins, fornicateurs, adultères, prostituées. Des fornicateurs et adultères sont aperçus dans les établissements suspects où l’on entend des éclats de voix, des blasphèmes et des jurons abominables. Il y a quinze jours, je me suis rendu dans trois ou quatre de ces maisons où j’ai trouvé neuf à dix filles qui ont la réputation d’être galantes. Je leur ai demandé leur certificat de bonne vie et mœurs. Elles n’en produisirent aucun. Je leur enjoignis de quitter la paroisse. Je les ai dénoncées aux offices de la police mais celle-ci n’y fait rien »

(…)

– Il n’y a pas une seule partie de la cité qui échappe aux prostituées et aux maisons de débauche. Lorsque les prostituées s’installent, c’est pour longtemps et il est très mal aisé de les en déloger. L’action des curés semble inefficace ce qui peut expliquer que beaucoup ne tentent même plus d’y remédier ou feignent de ne rien voir. La prostitution était jadis attachée à la vie de garnison (caserne de la Citadelle) et à la misère citadine. Il est évident que les bords de Meuse, comme la Batte, doivent, de jour comme de nuit, accueillir un grand nombre de filles.

– Philippe de Hugues, voyageur français de l’époque, en visitant la ville écrit : « Il n’y a faute encore de maquereaux, de maquerelles et de putains qui invitent les étrangers, arrivant sur le quai, comme faisaient ces gauloises ».

Extrait d’un article de Jean Jour daté de 1984 :

« – Si les grandes villes et les ports ont en commun une large satisfaction du plaisir tarifié, alors Liège peut se compter parmi les grandes villes, puisque s’y sont multipliés à loisir les « salons » luxueux et parfois très particuliers, les bars où officient ce que le langage judiciaire appelle pudiquement les « serveuses élégantes », le racolage sur la voie publique et les « masseuses » spécialisées dans la relaxation.

– Quelques chiffres pour fixer les idées. Les dernières statistiques faisaient apparaître plus de 200 prostituées recensées travaillant dans une centaine de salons répartis dans la ville.

– Ce milieu est peu fluctuant. Il n’en va pas de même chez les serveuses de bars dont le total évolue aux environs de 300 dans un roulement presque quotidien.

– À ces dames s’ajoutent une quarantaine de racoleuses qui exercent leurs talents dans quelques rues bien fournies en hôtels, aux sorties des spectacles ou encore dans certains cafés.

– Si l’on ajoute quelques call-girls qui, à défaut de travailler en réseau comme cela se pratiquait encore voici quelques années, reçoivent chez elles ou se rendent à domicile, on aura dressé un bilan relativement exact de la prostitution à Liège ».

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Les éditions

Petite histoire de la prostitution liégeoise
de Ruwet, Robert Elsdorf, Michel Catin, Jean
Noir Dessin
ISBN : 9782873514372 ; 01/02/2026 204
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