Le livre de Kells Sorj Chalandon
Catégorie(s) : Littérature => Francophone
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Combats pour s'en sortir
L’auteur raconte sa jeunesse : tout d’abord sa fuite de chez lui à dix-sept ans, loin de l’Autre, ce père raciste et violent, avec l’idée d’aller à Ibiza et Katmandou. Il prend le pseudo de Kells, d’après un évangéliaire médiéval irlandais dont un ami lui avait envoyé une carte postale. Hélas, il va vite déchanter et se faire dévorer par la rue. Face à l’épuisement, la faim, le froid, la peur, la solitude, Kells vit au jour le jour. Il raconte ses errements, la violence, les rares mains tendues, la mendicité,…
Plus tard, Kells fait la connaissance d’un groupe de jeunes militants : les maos ou Gauchistes prolétaires, qui font preuve de solidarité gratuite envers lui et l’aident à reprendre pied. Ils deviennent pour lui une fraternité. Mais leur combat est violent, de plus en plus violent. Kells y trouve une revanche contre son père raciste. Il ne fait pas partie des têtes pensantes, mais des poings actifs dans les manifs, actions punitives, etc. Même s’il tente parfois d’éviter la violence gratuite, son engagement politique passe par la baston, voire les armes.
J’ai trouvé la première partie du livre (dans la rue) poignante et criante de vérité, mais j’ai moins été passionnée par la deuxième. Ces combats politiques anarchistes, cette révolte violente me sont étrangers. J’ai pu un peu mieux comprendre ce qui peut les motiver et comment on peut en arriver là, mais la violence, ça ne passe pas chez moi.
Les éditions
Le livre de Kells [Texte imprimé], roman Sorj Chalandon
de Chalandon, SorjISBN : 9782246843214 ; 23,00 € ; 13/08/2025 ; 384 p. Broché
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L’engagement d’une génération
Critique de CHALOT (Vaux le Pénil, Inscrit le 5 novembre 2009, 78 ans) - 15 avril 2026
L’autre, nom qu’il donne à son père est un homme brutal, une brute, facho en plus. Sa mère, aimante mais faible décide d’aider financièrement son fils à partir de l’enfer familial.
Kells, nom qui est à l’origine, celui d’un Evangélitaire irlandais du IX ème siècle est bien choisi, le lecteur s’en apercevra à la lecture du récit de l’envolée de ce jeune adulte.
Kells quitte Lyon et rejoint Paris avec un petit peu d’argent en poche, très peu.
Il connaît la galère, les intempéries, les mauvaises rencontres et la vie difficile du sans toit.
Nous sommes en 1970, juste après mai juin 68 dans un Pays connaissant des années d’un soubresaut révolutionnaire.
Il fait différentes rencontres et notamment une qui va orienter sa vie à Paris.
Il tombe sur les révolutionnaires pro chinois de la Gauche prolétarienne.
Il connaît l’aventure, les coups de poing contre les fachos, les grands combats au service du peuple.
Il va y trouver une famille de substitution, des valeurs à partager, une très forte camaraderie.
Comme il le dit bien, il aurait pu très bien trouver une secte religieuse comme refuge à son mal être et à sa détresse.
S’il entre dans des combats violents et prends des risques, il n’est plus dehors, seul, il vit dans l’insécurité physique mais dans une sécurité affective.
L’époque est violente mais les faits sont réels et toute une génération s’est forgée dans ces luttes anti capitalistes, dans la solidarité avec les immigrés et dans tous les combats sociaux et sociétaux.
Il y a eu les impasses de certains, mais l’engagement de toute une génération de militants et de militantes.
L’auteur nous l’explique bien en réussissant à créer un climat d’épopée sans jamais cacher la réalité.
Jean-François Chalot
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