La Maison vide Laurent Mauvignier
Catégorie(s) : Littérature => Francophone
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Lien générationnel
Difficile de parler de façon neutre de cette oeuvre dont on a tant entendu parler en cette rentrée littéraire 2025.
D'autant plus qu'il vient tout juste de recevoir le fameux prix Goncourt!
Mauvignier nous trace ici de façon magistrale l'histoire de sa famille et principalement celle de deux de ses ancêtres, son arrière-grand-mère et sa grand-mère Marguerite. Comment leur histoire singulière a été transmise à travers le temps et leur impact sur la génération actuelle, c'est ce que l'on découvre entre les lignes, à travers le récit.
C'est subtil, parfaitement écrit et le lecteur est plongé dans l'Histoire de la plus belle des façons.
Le récit commence à la fin du XIXe siècle et se termine en 1976 : nous suivons donc l'histoire de la famille à travers les 2 grandes guerres mondiales, l'entre-deux et l'après.
Le lien entre les générations se fait à travers la maison familiale, en campagne, qui est au coeur de l'histoire et qui est pratiquement un personnage à part entière. Cette maison dans laquelle Mauvignier entre, 20 ans après son abandon.
A lire, sans aucun doute. (et promis, on ne voit pas passer les 750 pages!)
"La mémoire, quand elle est trop douloureuse, s'écarte des chemins qui font mal, et ne garde pour se réinventer une joie dans le passé que les moments d'été, de soleil et de vie qu'on n'aura, en réalité, qu'à peine effleurés."
Prix Goncourt 2025
Prix Le Monde 2025
Les éditions
La Maison vide [Texte imprimé]
de Mauvignier, LaurentISBN : 9782707356741 ; 25,00 € ; 28/08/2025 ; 752 p. Broché
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Faire parler les traces
Critique de Froidmont (Laon, Inscrit le 28 octobre 2022, 34 ans) - 20 mai 2026
Pour qui sait les entendre, ils sont comme un écran.
Un petit rond au sol, une lettre oubliée,
Des bijoux, des tenues, des faveurs bien nouées,
Un arbre qui grandit et se charge de fruits,
Une ombre de piano qui ne fait plus de bruit,
De vieilles partitions que le printemps oublie,
Un foulard défraîchi jaune encor de sa vie.
Les objets ont des mots d’où transpire le temps ;
Pour qui sait les entendre, ils sont comme un écran.
Entre eux surgit alors, blanc fantôme livide,
La présence obsédante d’un immense vide.
Écouter le chant mort des objets poussiéreux,
à travers leurs échos, auditeurs minutieux,
Recomposer alors la possible légende
De ceux qui ont vécu et dont nos corps descendent.
Le silence a des mots d’où transpire le temps ;
Pour qui sait l’écouter, il vous ouvre l’écran.
__________________________________________
Un immense ciel bleu parsemé de nuages
Petits et peu nombreux emplit tous les parages.
Pas un oiseau ne passe en cet azur sans fin
Qui trône sur la cendre du royaume éteint.
Le spectacle est joli mais aussi monotone :
Le ciel reste le même et rien ne nous étonne.
Aussi le fixons-nous pour ces feux cotonneux
Qui en passant nous donnent des reflets heureux.
Ce n’est pas le meilleur sous cette signature.
Il est toujours aussi soigné pour l’écriture,
Mais son cours ralenti égare l’attention
Pour ce que le récit manque un peu de tension.
Le plaisir était là, mais il était plus terne :
Son drapeau souverain tombait parfois en berne ;
Parfois aussi le vent redressait ses couleurs,
Alors un nouveau souffle m’emplissait le cœur.
Histoires de la nuit m’a fait manger ses pages
Par deux fois goulûment sans manquer de courage ;
Mais cette Maison vide au seuil de sa moitié
M’a changé en comptable au regard fatigué.
L'histoire de mal-aimants
Critique de Pascale Ew. (, Inscrite le 8 septembre 2006, 59 ans) - 18 avril 2026
Ouf, quel pavé !!! Plus de 700 pages ! Et pourtant, le style tient en haleine. Je dirais même qu’il fait toute la saveur du livre. Les phrases sont interminables, mais le rythme est magnifique, comme une scansion. L’auteur s’applique à décortiquer les pensées des personnages, comme on effeuille une pâquerette. Il commence en écrivant qu’il ne connaît quasiment rien de l’histoire familiale, mais s’acharne tout de même à en reconstituer tous les plus infimes détails. Il veut retrouver l’origine du suicide de son père dans les drames de ses ancêtres. Chaque génération a imprimé son malheur sur sa descendance et les drames se succèdent ainsi en cascade. L’indifférence de Marie-Ernestine pour sa fille (pendant des centaines de pages) fait mal au cœur. Et le manque de psychologie de l’époque est cruellement ressenti.
Quelle histoire !
Critique de Colen8 (, Inscrite le 9 décembre 2014, 85 ans) - 10 mars 2026
Une plongée profonde paraissant réelle dans ce qui aurait pu être leur tout petit milieu social ignorant du monde alentour en révèle brillamment l’univers sociologique avec ses préjugés, ses mœurs, ses coutumes et la réalité physique. Les malheurs de chaque génération transmis aux suivantes sont compensés en quelque sorte par le ton décalé à la fois subtil et drôle d’un roman fleuve riche en détours et rebondissements.
Une sensible saga familiale
Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 48 ans) - 13 décembre 2025
Des secrets réémergent, l'histoire familiale est retracée par les nombreuses touches successives qui composent cette fresque. Cette dernière s'avère mélancolique, lourde de non-dits pesants, voire douloureux. Le style est simple et élégant, laisse transparaître tristesse et compassion. Un devoir de mémoire semble être opéré avec une part de satisfaction. L'ensemble s'avère donc sombre, assez beau et intéressant.
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