Mon vrai nom est Elisabeth Adèle Yon

Mon vrai nom est Elisabeth de Adèle Yon

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Pascale Ew., le 11 novembre 2025 (Inscrite le 8 septembre 2006, 59 ans)
Critiqué par Pascale Ew., le 11 novembre 2025 (Inscrite le 8 septembre 2006, 59 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (15 977ème position).
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Dénouer les fils du passé

Jean-Louis, le grand-oncle de l’auteure et inventeur du Minitel devenu millionnaire, s’est méthodiquement suicidé en se défenestrant, ne laissant rien derrière lui. A partir de là, Adèle Yon mène une enquête sur son arrière-grand-mère Elisabeth, dont personne ne parle dans la famille. Elle a bien du mal à faire parler les membres encore vivants de sa famille. Elle entrevoit une relation de couple difficile avec André, qui l’a finalement placée à l’asile. Betsy a subi des traitements barbares utilisés à l’époque, comme des comas hypoglycémiques, une lobotomie, etc.
Le certificat d’internement spécifie comme raisons « troubles mentaux avec attitude mal adaptée, autoritarisme morbide, troubles du comportement et incapacité à une vie sociale normale », « schizophrénie », « intolérance aux contraintes », « irritabilité »…
Adèle Yon redoutait d’être folle et d’avoir hérité de ce lourd passé comme d’un gène pathologique fatal, tant sa famille a véhiculé cette idée que la maladie mentale était due à un dérèglement physique comme un cancer qu’on pourrait retirer par ablation. Adèle découvre que cette parade permet à la famille de se dédouaner de toute responsabilité, de toute remise en question.
50 000 lobotomies auraient été pratiquées aux EU et 100 000 dans le monde, 10 000 en France entre 1945 et 1960, dont des enfants de 4 à 20 ans ! Tout cela sans aucune preuve scientifique d’efficacité !
L’enquête de l’auteure est prenante et bien écrite. Sa colère, même si heureusement elle ne transparaît pas trop dans l’écriture, est contagieuse. Elle permet de rendre quelque peu justice à son aïeule et de délier les peurs qui se sont transmises à la descendance féminine.

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Les éditions

Mon vrai nom est Elisabeth [Texte imprimé] Adèle Yon
de Yon, Adèle
Éditions du Sous-sol
ISBN : 9782364689572 ; 22,00 € ; 06/02/2025 ; 400 p. Broché
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Place de la femme et de la maladie mentale à l’époque de nos arrière-grand-mères

8 étoiles

Critique de Ichampas (Saint-Gille, Inscrite le 4 mars 2005, 62 ans) - 9 mai 2026

Adèle YON à travers ce récit autobiographique met en lumière la place des femmes et de la maladie mentale à cette époque, début du 20ème siècle, et de pratiques cliniciennes d’un autre temps. J’ai beaucoup apprécié sa lecture hormis quelques passages très techniques, trop pour moi dans un roman.

Secrets de famille

8 étoiles

Critique de Cédelor (Paris, Inscrit le 5 février 2010, 54 ans) - 10 avril 2026

Un secret de famille en cache un autre. Voici en résumé le propos du livre d’Adèle Yon. Et son corollaire : les effets délétères de ces secrets sur les descendants de la famille en question, celle d’Adèle Yon précisément.

Qu’est-il arrivé à « Betsy », cette arrière-grand-mère, la mère de sa grand-mère, dont personne ne parle dans la famille et qui a été internée 17 ans en asile psychiatrique ? Ce livre est donc une enquête que l’auteure, son arrière-petite-fille, effectue auprès des membres de sa famille, auprès des archives des différents hôpitaux et cliniques, et internet, bien sûr. Le résultat est cette somme édifiante de découvertes sur ce qui est réellement arrivé à Betsy (dont le vrai nom est Elisabeth) et d’informations sur ce que furent les conditions d’internement en asile psychiatrique et des « traitements », notamment la lobotomie, qui y étaient pratiqués sur les patients et surtout les patientes (qu'on voulait rendre « réadaptables » à la vie en société et qu’elles puissent y tenir leurs rôles jugés « traditionnels » de mère et d’épouse).

Un livre nécessaire pour s’informer et se garder des dérives toujours possibles d’un acharnement thérapeutique pas toujours justifié, délirant jusqu’à l’absurde même. Je tire mon chapeau à la persévérance et au courage d’Adèle Yon d’être parvenue au bout de ces éprouvantes recherches. Les secrets de familles se doivent d’être dévoilés pour éviter qu’elles n’empoisonnent les générations à suivre.

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