La Cuisine des Ogres - Trois-fois-morte Fabien Vehlmann (Scénario), Jean-Baptiste Andréae (Dessin)
Catégorie(s) : Bande dessinée => Légende, contes et histoire
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Excellente BD
Blanchette, le personnage principal, fait partie d'une bande de gamins des rues qui survivent comme ils peuvent.
Ces gamins sont enlevés par un croque-mitaine qui va les livrer à la cuisine des ogres. Blanchette réussit à éviter d’être tuée immédiatement et …
Blanchette est surnommée Trois-fois-morte. On ne découvre la véritable explication de ce surnom que peu avant la fin … qui change le regard sur cette BD.
Les dessins et les couleurs sont magnifiques avec une infinité de détails dont certains ont de l’importance pour l’histoire.
Un coup de cœur !
Les éditions
La cuisine des ogres [Texte imprimé], Trois-fois-morte un conte écrit par Fabien Vehlmann mis en scène et dessiné par Jean-Baptiste Andreae
de Vehlmann, Fabien Andréae, Jean-Baptiste (Illustrateur)ISBN : 9782810202683 ; 20,00 € ; 13/03/2024 ; 84 p. Relié
Les livres liés
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Festin visuel
Critique de Blue Boy (Saint-Denis, Inscrit le 28 janvier 2008, 0 ans) - 21 juin 2026
Dans un pays lointain, on raconte que la Dent du chat abrite la cité des ogres gastronomes. Cinq orphelins viennent d’être enlevés par Grince-Matin dans un village avoisinant. Quand Blanchette découvre que ses compagnons ont disparu, elle se lancera à la poursuite de l’affreux croque-mitaine en compagnie du chevalier de Saint-Ombre…
Avec cet album paru il y a deux ans déjà, Fabien Vehlmann et Jean-Baptiste Andréae ont réussi un véritable tour de force. Dans leur cuisine très spéciale, ils nous ont mitonné un récit succulent au dressage splendide, en privilégiant les meilleurs ingrédients du conte noir initiatique, avec pour héroïne cette gamine attachante, Blanchette alias « Trois-Fois-Morte ». Après avoir fui le foyer familial après le décès de sa mère, peu désireuse de subir l’emprise d’un père abusif et violent, la petite fille en apparence fragile va révéler sa grandeur d’âme, sa force de caractère et son courage dans un endroit aux milles dangers : la cuisine des ogres. Kidnappée par le croque-mitaine Grince-Matin avec ses camarades orphelins, qui au départ avaient peu de considération pour elle, elle franchira tous les obstacles grâce en partie à ses talents culinaires, mais aussi avec l’aide du jeune korrigan Brèche-Dent.
Connu pour son talent de scénariste — avec notamment « Les Cinq conteurs de Bagdad », « Jolies ténèbres » ou encore « Le Dernier Atlas » —, Fabien Vehlmann a conçu ici encore une histoire très élaborée qui plaira autant aux jeunes lecteurs qu’aux plus âgés, soucieux de conserver leur âme d’enfant. Car en effet, Vehlmann est parvenu à réactualiser de fort belle manière la thématique des ogres et autres croque-mitaines, ceux qui nous ont tant fait trembler dans les contes de Perrault, à commencer par « Le Petit Poucet » mais aussi « Barbe bleue » ou « Le Chat botté ».
Au-delà du scénario, l’univers particulièrement riche développé ici est magnifié par le dessin de Jean-Baptiste Andréae, au sommet de son art. Les cases fourmillent de détails que l’on pourrait passer des heures à contempler. Le trait très enlevé bénéficie d’un sens accompli de la mise en page et du cadrage, tant pour les vues « panoramiques » que rapprochées. Quant à la couleur, elle vient régaler nos rétines de mille nuances, avec des tonalités jaunes et rougeoyantes (oui, il y a un peu d’hémoglobine, c’est logique…) pour les scènes se déroulant dans les fameuses cuisines, bleutées pour celles des lacs souterrains de la Dent du chat, la cité des ogres. L’ensemble est juste incroyable et devrait déclencher chez tout lecteur normalement constitué une sensation de pur enchantement.
Mais dans « La Cuisine des ogres », il y a aussi du fond, avec un propos très stimulant porté par le personnage de Trois-Fois-Morte et son parcours initiatique. Sous les bandages masquant ses blessures, tant physiques que psychologiques, la fillette au surnom bien trouvé, consciente qu’elle a survécu miraculeusement à tous les dangers, n’a plus peur ni de la mort ni des monstres qu’elle choisit d’affronter. En adoptant une grille de lecture plus métaphorique, tous ces monstres sont peut-être un peu les nôtres, intérieurs comme extérieurs, incarnant d’une certaine manière les figures patriarcales dominantes de notre monde auxquels nous nous soumettons trop souvent et qui entravent notre quête de liberté. Bien que cette série soit classée « tout public » sur le site de l’éditeur, on conseillera tout de même aux parents de vérifier que ce premier tome, un brin « gore » et morbide par moments, convient à leurs jeunes enfants, malgré son apparence de conte merveilleux…
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