Commandant de Edoardo De Angelis, Sandro Veronesi
(Comandante)

Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par Nav33, le 7 février 2024 (Inscrit le 17 octobre 2009, 78 ans)
Critiqué par Nav33, le 7 février 2024 (Inscrit le 17 octobre 2009, 78 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 10 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (2 235ème position).
Visites : 3 914 

De l'angoisse , de la cuisine , de l'humanité

Une histoire de sous-marin cela fascine toujours en littérature comme au cinéma. Ici on découvre pleinement les conditions de vie épouvantables au début de la deuxième guerre mondiale dans un vaisseau de la marine italienne. La dureté des conditions est rendue moins insupportable par l'aura d'un commandant d'exception , par ses qualités de marin , son intuition supérieure de guerrier , mais aussi en même temps par son humanisme. D'autres membres de l'équipage allègent également cette odyssée aux confins des profondeurs et de la mort. C'est notamment le cas du cuisinier , tant les mets italiens tiennent une place immense dans l'imagination et parfois les estomacs des marins.
Cet ensemble de paradoxes médusera des marins Flamands lors d'une improbable rencontre . Elle surprendra aussi l'amiral allemand Dönitz moins nourri des subtilités et de l'humanisme d'un esprit italien , même si ce dernier est un serviteur loyal d'un régime fasciste .

Je pense qu'il est plus intéressant de lire la préface après le roman. Celle-ci explique la motivation des auteurs pour la rédaction de ce récit dont l'écho résonne dans notre époque , pour les descendants de ce drame , comme pour ceux qui tentent d'atténuer ceux de leurs contemporains.

Connectez vous pour ajouter ce livre dans une liste ou dans votre biblio.

Les éditions

Commandant [Texte imprimé], roman Sandro Veronesi, Edoardo De Angelis traduit de l'italien par Dominique Vittoz
de Veronesi, Sandro De Angelis, Edoardo Vittoz, Dominique (Traducteur)
B. Grasset / En lettres d'ancre
ISBN : 9782246835059 ; 20,00 € ; 27/09/2023 ; 224 p. Broché
Amazon FR
Amazon BE
BNF
Commandant
de Veronesi, Sandro De Angelis, Edoardo
le Livre de poche
ISBN : 9782253250876 ; 7,90 € ; 02/01/2026 ; 192 p. Poche
Amazon FR
Amazon BE
» Enregistrez-vous pour ajouter une édition

Les livres liés

Pas de série ou de livres liés.   Enregistrez-vous pour créer ou modifier une série

Les critiques suivantes (2) » Enregistrez-vous pour publier une critique !

« Das Boot » à l’italienne

9 étoiles

Critique de Pacmann (Tamise, Inscrit le 2 février 2012, 61 ans) - 8 mai 2026

Pléthore de romans, après Jules Verne, ont exploité les conséquences liées à la promiscuité et autres agréments d’un équipage confiné dans un tube d’acier. Tout cinéphile un peu érudit connait le terrible film allemand tiré du roman éponyme « Das Boot » qui évoque globalement l’univers angoissant et particulièrement pénible de la vie dans un sous-marin pendant la seconde guerre mondiale.

On est bien dans le même contexte, notamment lors du passage particulièrement périlleux du détroit de Gibraltar par les submersibles et qui constitue un épisode évoqué dans cet autre roman. On apprend tout d’abord que l’Italie possédait aussi quelques cercueils d’acier, et qu’ils ont aussi laissé un tribut impressionnant resté au fond de l’océan.

Le roman, tiré d’une vraie histoire, va dans sa première partie, contextualiser à la sauce vénitienne, sarde ou piémontaise l’ambiance pouvant régner dans un tel navire, notamment en décrivant les différentes affinités, les dialectes encore fortement parlés dans la péninsule et la discipline particulière d’un équipage dirigé par un commandant meneur d’homme et d’une grande humanité.

Dans la seconde partie, lorsque ce commandant du Cappellini, Salvatore Todaro, donne l’ordre de couler un cargo belge, une autre histoire commence, vu que si les instructions de la Kriegsmarine du Maréchal Donitz sont de laisser les naufragés à leur sort, il décide de les secourir et ce au risque de créer d’autres graves complications.

Il va accomplir un acte humanitaire reconnu et exceptionnel. Outre, ce que je pense être quelques erreurs historiques, puisqu’au moment où se situent ces évènements, en octobre 1940, la Belgique n’était déjà plus neutre, comme le croit l’auteur. Elle avait déjà capitulé début juin de cette année-là.

On retiendra surtout le message humanitaire, et le lien que l’auteur fait avec la fuite des migrants venus de Libye que certains membres du gouvernement italien voudraient laisser à leur propre sort lors de détresse en mer.

Un livre utile et d’un grand intérêt, et sans conteste qui distille un message positif et plein d’espoir.

« … parce que nous sommes Italiens ! »

10 étoiles

Critique de Saint Jean-Baptiste (Ottignies, Inscrit le 23 juillet 2003, 90 ans) - 15 mai 2024

Ce livre est inspiré d’une histoire vraie qui s’est passée au début de la guerre 40/45 à bord d’un sous-marin italien. Il est absolument formidable. Il n’est pas possible de raconter l’histoire parce que ce serait gâcher le plaisir de lire un suspense qui, dans ce livre, est permanent.

L’histoire est racontée par les marins : chapitre après chapitre chaque marin fait avancer l’histoire en racontant ses impressions, ses jugements, sa peur et son rôle dans le sous-marin. C’est un procédé généralement trop facile d’écrire roman, mais ici, il est parfaitement justifié : l’auteur a recueilli des documents authentiques et ça lui permet de suivre la réalité d’au plus près.

Et cette réalité est extraordinaire. Ce n’est pas seulement l’aventure de ce sous-marin qui est extraordinaire, c’est aussi la tenue de son équipage et surtout de son commandant, pour qui : « le soldat qui gagne n’est jamais aussi grand que lorsqu’il s’incline devant le soldat vaincu », et qui plus loin dira : « nous sommes en guerre mais nous ne sommes pas seulement en guerre. Nous sommes en mer. Nous sommes des hommes. Or la mer aussi a ses lois et notre condition d’hommes les siennes aussi, qu’on soit en guerre ou pas. ». Ce qui fera dire à son pire ennemi : « même si la guerre le tue, il ne mourra jamais ». C’est un genre d’homme que Saint-Exupéry aurait apprécié. Mais tous ces marins font preuve d’un héroïsme magnifique, simplement parce qu’ils font leur devoir qui est de faire la guerre, même si on déteste la guerre.
Ces guerriers sont d’abord des hommes et leur attitude dans l’adversité est vraiment exemplaire.
En fait, ce roman est beaucoup plus qu’une histoire de guerre, c’est une histoire d’hommes pour qui : « le bonheur n’est en aucun cas un but, au mieux une récompense, pour un dur travail ».

Au passage, on découvrira un humour assez incroyable dans de telles circonstances et en particulier à propos de la cuisine italienne et du plat préféré des Belges (!). On découvrira aussi l’importance des patois italiens qui permettaient aux marins de se parler librement sans qu’aucune table d’écoute n’arrive à les déchiffrer.

Ce roman est magnifique, émouvant, édifiant, à mettre dans toutes les mains.

Forums: Commandant

Il n'y a pas encore de discussion autour de "Commandant".


En achetant chez nos partenaires, vous nous aidez.
Mais faire vivre les libraires indépendants est important aussi