La voiture de pompiers disparue Maj Sjöwall, Per Wahlöö
(Brandbilen som försvann)
Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers , Littérature => Européenne non-francophone
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Un immeuble s'effondre
Cinquième - sur dix - de la série "Le Roman d'un Crime", alias la série "Martin Beck", consacrée à la police de Stockholm et à la brigade criminelle plus précisément, série écrite dans les années 60/70 par le couple d'écrivains Maj Sjöwall et Per Wahlöö, voici "La Voiture de Pompiers Disparue", publié en 1969 en Suède.
Sous un titre français un peu moyen se cache un des meilleurs opus de cette série de romans policiers scandinaves ayant considérablement influencé toute une génération d'auteurs de polars scandinaves (Mankell, Nesbo...) et non-scandinaves (McDermid). Chacune des rééditions de chez Rivages/Noir propose une ou deux introductions par un ou plusieurs auteurs de polars ayant été marqués par ces livres.
Ce cinquième opus (tous sont indépendants dans leurs intrigues même s'il y à parfois des allusions) fait 335 pages en poche, et démarre par un fait divers saisissant : un immeuble d'habitation un peu vétuste s'effondre, une nuit, suite à une explosion, vraisemblablement de gaz. 11 personnes s'y trouvaient. Grâce à la sagacité de Gunvald Larsson, un des flics de l'équipe de Beck, qui était présent sur les lieux pour une histoire de surveillance, seules trois personnes décèdent. L'enquête sur l'effondrement se clôt rapidement sur la thèse de l'accident, mais Beck et ses hommes en doutent un peu, qu'il s'agisse d'un accident, vu la proportion assez effarante de criminels qui étaient sur place...
Un excellent roman, le seul reproche que je fais, je le fais aussi pour les autres romans du cycle (voir mes critiques éclairs) : les dialogues sont un peu moyens, parfois, un peu téléphonés. Sinon, avec son atmosphère incomparable et sa lenteur étudiée et procédurière, sans parler d'un certain sens de l'humour et de personnages bien présents (Kollberg, Beck, Larsson, Rönn...), ce roman est une petite merveille que j'ai, personnellement, savourée d'une traite, avec un plaisir absolu.
Les éditions
La voiture de pompiers disparue [Texte imprimé], le roman d'un crime Maj Sjöwall, Per Wahlöö traduit de l'anglais par Michel Deutsch préfaces de Leif G. W. Persson et de Colin Dexter
de Sjöwall, Maj Wahlöö, Per Dexter, Colin (Préfacier) Persson, Leif G. W. (Préfacier) Deutsch, Michel (Traducteur)Les livres liés
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Captivant
Critique de Poet75 (Paris, Inscrit le 13 janvier 2006, 70 ans) - 7 mars 2026
Avec son titre énigmatique, La Voiture de pompiers disparue est un des fleurons de la série des romans du duo d’auteurs suédois. Martin Beck y tient sa place, qui n’est pas négligeable, mais ce qui est remarquable, c’est que les auteurs ont tenu à accorder autant de place à chacun des membres de l’équipe des policiers. Pas un n’est ce que, dans les films, on pourrait appeler un personnage secondaire. La singularité de chacun des membres de la police est signifiée, détaillée, si bien que l’on peut aisément se familiariser avec eux, d’autant plus que les auteurs se plaisent à raconter la vie privée des personnages. L’écriture de Sjöwall et Wahlöö se distingue par son ton quelque peu distancié et ne manquant pas de plaisantes notes d’humour.
Dans La Voiture de pompiers disparue, tout commence par une impressionnante explosion et tout s’achève par une fusillade. C’est Gunvald Larsson, l’un des policiers, qui, ayant remplacé un de ses subordonnés qu’il juge incapable et dont la mission est de surveiller un habitant d’un immeuble, assiste, médusé, à l’explosion du bâtiment. Aussitôt, et de manière héroïque, Larsson se dévoue pour sauver plusieurs des résidents piégés par les flammes qui dévorent l’immeuble. L’enquête qui s’ouvre bientôt détermine la cause de l’explosion : un des habitants se serait suicidé au gaz, transformant son appartement en une véritable bombe.
Comme on peut l’imaginer (sans quoi il n’y aurait pas de roman), la conclusion hâtive de l’enquête est bientôt remise en cause, s’accordant ainsi avec la conviction de Gunvald Larsson pour qui il ne peut s’agir que d’une affaire criminelle. D’ailleurs, un rebondissement ne tarde pas à apporter la preuve que ce dernier a raison. Martin Beck et ses hommes ont du pain sur la planche. De fait, l’enquête s’avère être longue et complexe. Ce qui n’empêche pas les auteurs de parsemer leur récit de ce qu’on pourrait appeler des temps morts. « Temps morts » peut-être, mais qui n’ont rien de fastidieux, tant on a affaire à une histoire bien menée, mettant en scène des hommes qui ne sont pas infaillibles, qui ne sont pas des superhéros et c’est tant mieux.
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