Le rêve de l'assimilation: De la Grèce antique à nos jours Raphaël Doan
Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Histoire , Sciences humaines et exactes => Economie, politique, sociologie et actualités
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Et l’identité nationale ?
La Grèce conquise par Rome ne lui en a pas moins transmis un héritage majeur, celui qui s’était imposé après les conquêtes d’Alexandre autour de la Méditerranée orientale et au-delà en acculturant des empires multimillénaires. Par ailleurs la politique romaine a été celle de la souplesse et du pragmatisme allant jusqu’à accorder la citoyenneté à tous les habitants placés sous sa domination par l’édit de Caracalla en 212.
Plus près de l’époque contemporaine il y a lieu de suivre la création des Etats-Unis, pays colonisé puis peuplé par les Européens des siècles durant au nom de grands principes chrétiens. Et d’en reconnaître les failles dans la mesure où ils se sont construits au détriment des Amérindiens natifs, des Afro-américains issus de l’esclavage, des Latinos dans les Etats du Sud, et bien entendu des Asiatiques.
Comment l’islam se disant universel s’est-il répandu dès ses débuts en à peine quelques décennies de la Perse à l’Atlantique ? Comment le Japon a-t-il tenté sans succès autre que celui des Aïnous d’Okinawa l’assimilation de Taïwan, de la Corée et de la Mandchourie ? Ce sont autant d’éléments à retenir pour comprendre les chocs culturels vécus par les peuples soumis de gré ou de force à la culture dominante.
Identité, nationalisme, intégration, multiculturalisme, assimilation, impérialisme, ségrégation sont des notions confuses et mal comprises servant à attiser les polémiques. A l’aide de ces cas d’école pris en divers lieux et temps cette étude en propose un début d’éclaircissement. Elle conclut à l’équivalence à priori paradoxale de l’assimilation et de l’universalisme en France même si ceci n’est que parcellaire.
Les éditions
Le rêve de l'assimilation [Texte imprimé], de l'Antiquité à nos jours Raphaël Doan
de Doan, RaphaëlISBN : 9782379336508 ; 22,00 € ; 13/01/2021 ; 345 p. Broché
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L’assimilation : une technique politique ancienne de dominer une autre culture.
Critique de Burney (, Inscrit le 22 octobre 2025, 51 ans) - 17 juin 2026
Elle désigne un processus par lequel un groupe dominant attend d’un groupe minoritaire qu’il adopte ses normes, ses pratiques et son identité. « la pratique consiste à exiger de l’étranger qu’il deviennent un semblable ».
L’assimilation repose sur l’idée qu’une société doit être culturellement homogène pour être stable. Elle suppose que l’identité peut être transformée par l’éducation, la discipline, la volonté, la contrainte.
Ce modèle implique une hiérarchie symbolique entre ceux qui définissent la norme et ceux qui doivent s’y conformer.
L’auteur remonte à la Grèce antique, et à l’Empire romain comme premiers cas d’illustration. Domination, incorporation culturelle son déjà pratiqués dès l’antiquité.
La Révolution française réactive l’idée romaine d’universalité politique. Elle affirme que tous peuvent devenir citoyens s’ils adoptent les normes communes. Cette universalité se veut abstraite, mais elle repose sur une culture majoritaire. L’école républicaine devient l’instrument central de l’homogénéisation. La langue française y est présentée comme vecteur d’unité. Les langues régionales sont combattues comme des obstacles à la cohésion.
La colonisation française réactive l’imaginaire assimilationniste. Les colonisés sont invités à adopter la culture française pour accéder à certains droits. Le vocabulaire change quant à ce qui est effectué auprès des populations, mais les attentes restent assimilationnistes.
Doan montre que l’assimilation existe dans de nombreuses sociétés, sous des formes différentes.
Les États Unis sont souvent présentés comme un modèle opposé. Du melting-pot au multiculturalisme. « L’adoption du pluralisme culturel, puis du multiculturalisme, alors que même l’assimilation à l’anglo-saxonne n’avait pas été sans effet, traduit l’échec de l’utopie du melting-pot. Des sociologues peuvent encore définir l’assimilation comme la disparition d’une distinction ethnique et des différences culturelles et sociales qui lui sont associées ». Le cas des Amérindiens est bien sûr détaillé dans cet ouvrage.
Les États Unis oscillent entre pluralisme affiché et assimilation implicite.
Le Japon représente un modèle d’homogénéité radicale. L’identité nationale y est pensée comme ethnique. L’étranger reste perçu comme extérieur à la communauté nationale au point qu’aucun étranger ne puisse assimiler la culture Japonaise sans être Japonais.
L’assimilation, qu’il faut souvent poser en synonyme de domination, aurait pu être aussi appliquée au cas de la « colonisation numérique », mais cet ouvrage, bien que contemporain, n’en fait nul état. Pourtant cette pression institutionnelle et technique reproduit plusieurs mécanismes décrits par Doan : imposition d’une norme dominante, extermination des alternatives, hiérarchisation implicite. Ce serait pourtant un terrain fécond pour prolonger la réflexion sur les nouvelles formes de domination et de normalisation. Tout comme les assimilations ("acculturations") lors des fusions-acquisitions d'entreprise auraient pu être évoquées dans le contexte contemporain.
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