Sa Majesté des Ombres Ghislain Gilberti
Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers
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Peut-être le plus grand auteur de polar du moment
J'avais eu un aperçu de l'univers sombre et torturé de Ghislain Gilberti à travers Le Festin du Serpent ou Le Baptême des Ténèbres. Il persiste et signe. Dans Sa Majesté des Ombres, on ne rigole pas. Et même pas du tout. A chaque changement de page, j'avais envie d'arrêter. Non pas parce que le livre est nul. Bien au contraire. Mais parce que je redoutais de savoir ce qui allait arriver à Cécile Sanchez et sa bande.
Cinématographiquement, ça m'a fait penser à 36 Quai des Orfèvres pour les flics pourris, la guéguerre entre les différents services alors qu'il y a des truands à arrêter mais je pourrais aussi citer Braquo comme le dit la quatrième de couverture. Peut-être The Shield aussi. Gilberti met une intensité de dingue dans les scènes d'action comme dans les longues scènes d'interrogatoire ou de planque. Parce que ces gars de Borderline, ce sont de sacrés lascars. Brutaux, méthodiques, parfaitement organisés, ce sont des psychopathes de la pire espèce. Et pas des loups solitaires. Derrière, on dirait que ça cache une organisation structurée agissant dans l'ombre et ça fout vraiment les jetons car quand ils agissent personne n'est à l'abri.
Et surtout pas Cécile Sanchez dont cette traque ira jusqu'à l’obsession. Tous finiront essorés, broyés, lessivés un peu comme le lecteur. Franchement, bravo.
Les éditions
Sa Majesté des Ombres
de Gilberti, GhislainISBN : 9791095776192 ; 9,90 € ; 19/03/2020 ; 717 p. Poche
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Ombres défoncées
Critique de Kostog (, Inscrit le 31 juillet 2018, 54 ans) - 24 juin 2026
Dès les premières pages, nous rentrons dans le monde des boîtes de nuit, de la fête, vitrine anodine d‘un réseau organisé de main de maître. L‘organisation criminelle nommée Borderline est atypique. Hormis son incroyable efficacité dans la distribution de stupéfiants, elle semble davantage jouer sur les codes et certaines valeurs d‘une extrême gauche anarchiste, notamment par son organisation en petites cellules très indépendantes et son histoire qui nous est progressivement révélée durant le récit. Ce réseau de dealers présente un agencement hautement structuré et un mode de fonctionnement développé qui lui permet notamment de choisir les boîtes de nuit et les lieux festifs liés au monde de la musique techno en prenant directement le contrôle mental du patron du lieu. Cet élément est peu développé, mais ajoute un soupçon de mystère et de fantastique concernant les capacités des dirigeants réels de ce groupe.
Leur capacité de surveillance liée à une maîtrise poussée de l‘informatique leur permet de mettre régulièrement la police en échec d‘autant plus que chaque indic et chaque point de deal investi par la police est impitoyablement supprimé pour ne laisser aucune chance à celle-ci de remonter le réseau.
Pour parachever le tout, le gang est servi par un psychopathe de première catégorie qui se complait dans l’application de tortures et autres sévices infligés à tout individu trahissant l‘organisation et à tout policier venant mettre son nez trop près de leurs activités. Quant aux seconds couteaux, ils ne déméritent que peu, semblant avoir adopté les pratiques les moins reluisantes des gangs mafieux mexicains. Amateurs d‘hémoglobine et et de scènes de torture, vous ne serez pas déçus.
Ce sont les Ombres.
Les lumières, ce sont la police. Elles papillotent. Ses rouages administratifs ne sont pas sans défauts surtout quand la guerre des polices est omniprésente et que les querelles de petit chefs fagocitent l’efficacité des services et laissent les plus compétents dans des positions subalternes. Ces conflits de personnes et de vanité ont bientôt pour résultat une énorme bavure qui entraîne la mort de nombreux policiers des forces d’intervention. 1-0 pour les Ombres.
Le knock-out semble complet n'était l’arrivée de Cécile Sanchez, parisienne chargée de l'enquête, qui offre un nouvel espoir. La nouvelle arrivée devra néanmoins se heurter à un monde d'hommes qui fera tout pour lui compliquer la vie.
Le roman est de ceux qu’on ne lâche pas, servi par une écriture brute, sans fioritures, un bon sens du rythme et des rebondissements. Sous cet angle, il comblera les amateurs du genre.
Il est dommage que Ghislain Gilberti, qui paraît ne pas porter dans son cœur les policiers provinciaux, souvent dépeints comme machistes, arrogants, incompétents et antipathiques en particulier lorsqu'ils s'expriment en alsacien, livre une version assez caracaturale de la guerre des polices. Surtout quand à l'inverse, l’héroïne principale possède les qualités les plus variées, intuition, empathie et esprit d’analyse, et que tous les personnages féminins sont positifs. On peut regretter cet aspect convenu rappelant certaines séries télévisées, dans un univers par ailleurs sombre et sans concessions.
Un excellent point de départ
Critique de GremlinLectrice (, Inscrite le 21 juin 2021, 46 ans) - 21 juin 2021
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