L'IA va-t-elle aussi tuer la démocratie ? Laurent Alexandre, Jean-François Copé
Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Economie, politique, sociologie et actualités , Arts, loisir, vie pratique => Informatique et Internet
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Homo Numericus avec ou contre Homo Politicus ?
En bon connaisseur des neurosciences, des technologies biologiques et numériques Laurent Alexandre poursuit ses alertes sur le retard tragique des institutions européennes et françaises en intelligence artificielle (IA). L’IA met à mal en un rien de temps toutes les certitudes de leur supériorité accumulées depuis des siècles par les occidentaux. Un mouvement se dessine vers la domination mondiale où ne concourent plus que la Chine et les Etats-Unis avec leurs champions technologiques respectifs, les BATX, GAFAM, NATU(1). Facteur aggravant les régimes autoritaires n’ont pas de scrupules à réduire les libertés publiques de leurs ressortissants au moyen de ces outils tandis que le chaos savamment entretenu par les réseaux sociaux(2) sape la souveraineté des états démocratiques en faveur des populismes en tous genres.
La réponse de son co-auteur Jean-François Copé, ancien ministre, ancien député et actuel maire bien que conscient des enjeux n’apparait pas à la hauteur attendue. On retrouve son argumentaire dans la plupart des ouvrages des années 1970-80 quand il était question d’une précédente révolution, celle de l’informatique dans la gestion des entreprises. Devenir comme il le suggère une IA nation d’ici 2030 en rassemblant les forces, par exemple celles des opérateurs télécoms, relève semble-t-il de l’incantation même s’il s’en défend. L’analyse de son texte regorgeant de « il faut », « on doit », « et si … », de ses propositions conjuguées au futur suffit à le comprendre d’autant que l’insuffisance criante des budgets publics va aussi dans ce sens.
(1) Pour la Chine : BATX (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi) – pour les Etats-Unis : GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) et plus récemment NATU (Netflix, AirBnB, Tesla, Uber)
(2) En raison des biais introduits dans leurs algorithmes.
Les éditions
L'IA va-t-elle aussi tuer la démocratie ?
de Alexandre, Laurent Copé, Jean-FrançoisISBN : 9782709664042 ; EUR 18,00 ; 30/01/2019 ; 266 p. Broché
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L'IA, meilleure ou pire des choses ?
Critique de CC.RIDER (, Inscrit le 31 octobre 2005, 68 ans) - 17 juillet 2026
Cet essai technico-socio-politique écrit à quatre mains se compose de deux parties. Chaque auteur s'exprimant ainsi à tour de rôle, mais sans vraiment se répondre. Dans un premier temps, Laurent Alexandre, chirurgien-neurologue, essayiste, futurologue, chroniqueur et surtout expert de plateau télé, expose ses idées sur l'IA. Il reconnaît qu'elles sont très proches de celles d'Uval Hariri, de Schaw et du WEF. Il défend peu ou prou le transhumanisme, pense que le cancer et la plupart des maladies seront vaincues et que la science va pouvoir repousser si loin les limites de la mort que l'on verra apparaître de rien moins que l'Homo Deus (homme-dieu), mi-humain, mi-IA. Il pense que de très nombreux emplois disparaitront dans la manutention et les travaux répétitifs, mais aussi dans la médecine, la justice, le journalisme et autres. Mais il est farouchement opposé à un revenu universel qui permettrait de calmer les éventuels troubles sociaux occasionnés. Dans un second temps, la parole est donnée à Jean-François Copé, homme politique, ancien ministre et maire de Meaux. Il tente, sans vraiment y parvenir, de contrer l'argument du premier selon lequel l'IA n'aura que faire des hommes politiques, qu'ils seront dépassés et quasi obsolètes tout comme la démocratie hackée par la technologie. Copé voudrait une IA nation, mais uniquement dans le cadre européen. Point de salut en dehors du « machin », mais quelques pages plus loin, il donne en exemple de réussite Singapour et l'Estonie, une cité-état et un petit pays. Logique. Il pense aussi que les opérateurs fournisseurs d'accès, genre Orange, Telefonica ou SFR, pourraient à terme prendre le relais des GAFAM américains et initier une IA maison. Le lecteur ne voit pas bien comment cela pourrait être possible rien qu'en comparant les budgets respectifs. Un titre provocateur, une problématique capitale pour notre avenir et deux points de vue qui laissent rêveur et insatisfait. Un lecteur un brin informé n'apprendra rien de bien nouveau ou de bien original à la lecture de ce bouquin. Il aura même l'impression d'avoir perdu son temps à lire les élucubrations d'un illuminé et les vœux pieux d'un has been…
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