La Tristesse du Samouraï Víctor del Árbol

La Tristesse du Samouraï de Víctor del Árbol
(La tristeza del samurái)

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Mimi62, le 8 octobre 2019 (Plaisance-du-Touch (31), Inscrit le 20 décembre 2013, 73 ans)
Critiqué par Mimi62, le 8 octobre 2019 (Plaisance-du-Touch (31), Inscrit le 20 décembre 2013, 73 ans)
La note : 6 étoiles
Moyenne des notes : 5 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 4 étoiles (52 983ème position).
Visites : 4 688 

Intéressant mais des longueurs

La femme d'un homme aux grandes ambitions politiques et au passé peu clair, souhaite le faire disparaître pour échapper à son emprise despotique et essayer de se reconstruire.

Cette décision est liée à d'autres faits du présent mais tous ont en commun d'être liés entre eux par des actes appartenant au passé, le présent en étant les conséquences.
Une succession de personnes dont les chemins vont se croiser en raison de plusieurs morts plus ou moins suspectes.
L'explication de ceux-ci trouve son origine dans les actes de la génération précédente dans le cadre mouvementée de la guerre civile d'Espagne.

L'intrigue tente de dénouer toutes ces interactions mais le résultat n'est pas clair, il est nécessaire de noter précisément les divers personnages et leurs liens tant dans le présent que dans le passé pour la génération précédente.
L'ambiance qui en découle évoque celle des romans d'espionnage.
L'explication de ceux-ci trouve son origine dans les actes de la génération précédente dans le cadre mouvementée de la guerre civile d'Espagne.

Ce roman se lit avec un certain intérêt mais celui-ci n'est pas constant avec des longueurs un peu trop nombreuses.

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Les éditions

La tristesse du samouraï [Texte imprimé], roman Víctor del Árbol traduit de l'espagnol par Claude Bleton
de Árbol, Víctor del Bleton, Claude (Traducteur)
Actes Sud / Babel (Arles).
ISBN : 9782330015145 ; EUR 8,70 ; 04/01/2013 ; 528 p. Poche
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Pas d'innocents au Royaume d'Espagne

4 étoiles

Critique de Kostog (, Inscrit le 31 juillet 2018, 54 ans) - 23 juin 2026

A la différence des savoureuses critiques de Critiques libres, la presse offre souvent un parfait Dictionnaire des idées reçues de la critique littéraire. Aussi, avant même de rédiger cette humble appréciation de lecteur, ne résistai-je pas à la curiosité de connaître les avis éclairés des chroniqueur professionnels. Pour Télérama, c'est „un thriller tragique à l'ombre du franquisme et de ses conséquences“ : autant comprendre que les tribulations des personnages les plus retors ne choquent pas fondamentalement un conformisme bien-pensant attendant de l’Espagne franquiste une galerie de pervers de première catégorie. Le critique du Monde évoque, lui, un „roman glaçant de noirceur“ donnant l’impression que les critiques du vénérable quotidien n'ont comme lectures de chevet que Virginie Grimaldi, Marie Vareille, Thomas Gunzig et autres auteurs de romans tisanes.

Bon, je ne serai sans doute pas le premier à ne pas être au diapason des journalistes culturels.

Le récit de Víctor del Árbol est bâti sur de constants allers retours entre le début des années quarante, époque où le franquisme s’installe définitivement et la tentative de coup d'Etat en 1981. L'assassinat d'une femme adultère, victime des violences de son mari, entraîne une cascade d’autres malheurs, les auteurs du meurtre et leurs complices s’étant efforcés de désigner d‘autres coupables et de les faire disparaître.

Víctor del Árbol a une prédilection pour dépeindre les personnages les plus faibles, les mieux intentionnés, en deux mots les plus innocents, comme n‘étant nullement étrangers aux malheurs du monde et même partiellement responsables de ceux-ci. Ainsi, le policier qui a vu son père se faire faussement accuser et être pendu au début du franquisme, devient quarante ans plus tard le terrible tortionnaire du malfrat qui pourrait l’aider à retrouver sa fille enlevée ou encore la soif de justice de l’avocate, fille rebelle de l'auteur du premier crime par lequel commence le récit, a pour conséquence paradoxale de laisser un criminel sadique en liberté et est finalement présentée comme le masque hypocrite de l'égoïsme et du désir de réussir. Même chose pour le fils de la belle dame assassinée qui est noirci artificiellement et qui, pour cette raison, est l'un des personnages les moins vraisemblables et les plus fabriqués du roman.

Cette façon de procéder ajoute de la complexité aux personnages, mais fait davantage sentir la „construction philosophique“ mise en œuvre par l'auteur sans convaincre réellement le lecteur de la justesse psychologique des personnages ainsi créés.

Comme dans Toutes les vagues de l'océan, l’auteur a souhaité créer une vaste fresque historique avec un penchant pour le glauque et une ambition visible de créer les éléments d’un puzzle qui s’entremêlent parfaitement. L´ambition est sympathique d´autant plus que, pour le lecteur français, la période qui suit la guerre civile espagnole est relativement mal connue, et guère plus les années qui suivent la fin du franquisme. Hélas, même si le récit n’a pas les longueurs de Toutes les vagues, le montage du puzzle est trop souvent peu convainquant, les pages où l’action se situe en Russie faibles et convenues, la mécanique du roman trop visible. A nouveau, la philosophie générale que souhaite mettre en avant l’auteur et, notamment que les individus demeurent prisonniers des choix de leurs aïeux, devient peu plausible à force d'être appliquée systématiquement.

A plusieurs reprises, je me suis dit : ce personnage de la première héroïne, femme malheureuse, qui trompe son mari phalangiste ; son amant, protagoniste selon l´auteur davantage mû par les idées et prêt à la sacrifier sans vergogne ; cette avocate brillante, mais victime de violences conjugales dans la Barcelone du début des années 1980, pourquoi l’auteur n’a-t-il pas davantage cherché à approfondir ces caractères et ces destins ? Au lieu de cela, Víctor del Árbol a voulu impressionner, mais malheureusement dans ce récit le tout est beaucoup moins probant que certaines parties qui le composent.

Le titre du roman est poétique, mais le thème de La Tristesse du samouraï est également artificiel et n’apporte rien à l’économie du récit.

En conclusion, on regrettera que les talents littéraires réels de l’auteur soient gâchés par ce qui n’est rien d’autre qu’une philosophie pessimiste superficielle et par sa propension à vouloir créer des longues fresques qui se révèlent factices par leur construction.

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