Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l'ouest par les chemins, à l'est par un cours d'eau László Krasznahorkai
(Északról hegy, Délről tó, Nyugatról utak, Keletről folyó)
Catégorie(s) : Littérature => Européenne non-francophone
Moyenne des notes :
(basée sur 3 avis)
Cote pondérée :
(4 422ème position).
Visites : 5 781
UN LIVRE INCLASSABLE!
Au début du livre nous sommes dans une petite ville du Japon au Sud-est de Kyoto.
A une époque indéterminée, mais qui pourrait bien être la nôtre, un mystérieux personnage, dont nous ne saurons jamais le véritable nom, mais qui sera toujours désigné comme étant le petit-fils du prince Genji, arrive par le train à la gare. Il fait nuit noire, la ville est déserte, le petit-fils du prince Genji ne remarque que la présence des fils électriques et des distributeurs automatiques qui enlaidissent le paysage.
Il faut dire que le petit-fils du prince Genji a une quête, il est à la recherche d’un temple qui abriterait le petit « jardin caché », dont il a découvert l’existence dans un livre – aujourd’hui disparu - intitulé « Cent beaux jardins » dont le souvenir le hante, et qu’il rêve de trouver et voir depuis des dizaines d’années.
Malheureusement , nul ne sait où se situe exactement le fabuleux jardin, même si le petit-fils du prince Genji pense l’avoir localisé dans le temple de cette localité et part donc à sa recherche tout en haut de la colline qui domine la petite ville…
Si au début de la lecture de ce livre on peut être un peu perdu par le style d’écriture ressemblant à s’y méprendre à celle des français du «Nouveau roman », et en particulier à celle de Claude SIMON, avec de longues phrases quasiment sans ponctuation (c’est-à-dire très peu de virgules et encore moins de points), dès que l’on est rentré dans cette histoire, et bien... On oublie qu’il n’y a pas d’histoire, pas de récit!
On ne fait plus que suivre les déambulations du petit-fils du prince Genji (en passant l'un des personnages de la dernière partie du "Dit du Genji" de Muraki SHIKIBU écrit au XIe Siècle et qui se passe aussi à Kyoto...) et on se laisse porter par les magnifiques descriptions du temple, de la faune, de la flore, de l’architecture, etc... présente dans le livre.
Je dois admettre que j’ai été subjugué, littéralement «envoûté» par la poésie et beauté qui se dégagent de ce livre. Il n’y a pas de véritable héros et de personnage principal dans ce livre et surtout pas le petit-fils du prince Genji. Le héros n’est pas celui que l’on croit, et même si héros il y a, la part belle est laissée au paysage et aux descriptions, au visuel et au ressenti du lecteur. La sensation de « vivant » que l’on a à la lecture de ce livre frôle la perfection!
Que dire de plus ? C’est vraiment un livre « inclassable » ! La preuve ? Vous en connaissez beaucoup, vous, des livres qui commencent au chapitre II (en chiffres romains SVP) et qui se poursuivent par de tout petits chapitres de parfois une demi-page, jusqu’à L ?
Ou bien encore qui ont pour titre «Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l'ouest par des chemins, à l'est par un cours d'eau»? Non, n’insistez pas je ne vous dirai pas le pourquoi de ce titre si mystérieux, la réponse est dans le livre…
Une fois encore, László KRASZNAHORKAI a réussi à me surprendre (en passant, quelles connaissances incroyables du Japon ancien…) et à me faire aimer un de ses livres. Je dois dire que c’est le cinquième livre que je lis de l’écrivain hongrois, et bien une fois encore ce livre est totalement différent - si ce n’est dans le style semblable au nouveau roman français, déjà présent dans « Guerre & guerre » - , des autres.
A tel point que j’ai l’impression d’avoir lu cinq livres de cinq écrivains différents…
Rappelons que László KRASZNAHORKAI a été le lauréat du prestigieux prix littéraire « Prix International Man Booker » en 2015 avec le livre «La mélancolie de la résistance », et que son nom circule avec insistance depuis de nombreuses années à Stockholm, pour le Prix Nobel de Littérature.
Les éditions
Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l'ouest par des chemins, à l'est par un cours d'eau [Texte imprimé] László Krasznahorkai traduit du hongrois par Joëlle Dufeuilly
de Krasznahorkai, László Dufeuilly, Joëlle (Traducteur)ISBN : 9782916589541 ; EUR 20,30 ; 13/06/2013 ; 187 p. Broché
Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l'ouest par des chemins, à l'est par un cours d'eau [Texte imprimé], roman László Krasznahorkai traduit du hongrois par Joëlle Dufeuilly
de Krasznahorkai, László Dufeuilly, Joëlle (Traducteur)Les livres liés
Pas de série ou de livres liés. Enregistrez-vous pour créer ou modifier une série
Les critiques suivantes (2) » Enregistrez-vous pour publier une critique !
Une ascension splendide mais inégale
Critique de Aaro-Benjamin G. (Montréal, Inscrit le 11 décembre 2003, 57 ans) - 9 mars 2026
Le livre fascine par son atmosphère : un monde suspendu, où chaque détail devient signe. Pourtant, cette fascination se heurte à une certaine frustration. Le lecteur avance dans une brume stylistique splendide mais parfois hermétique, où l’émotion peine à percer.
Il y a de très beaux moments mais ils alternent avec des passages qui paraissent se complaire dans la difficulté. On sent l’ambition, la maîtrise, la volonté de créer une expérience littéraire totale, mais aussi une certaine rigidité qui empêche le texte de respirer.
En somme, une œuvre intrigante, parfois sublime, parfois exaspérante. Elle séduira les lecteurs sensibles aux expérimentations radicales, mais risque d’en laisser d’autres au bord du chemin.
Une lecture laborieuse...
Critique de Saule (Sydney, Inscrit le 13 avril 2001, 60 ans) - 8 mars 2026
Mais indépendamment, la lecture de ces phrases interminables demande un effort de concentration et il est facile de perdre le fil. Certains chapitres sont intéressants et captent plus l'attention, comme le chapitre sur les arbres qui sont sélectionnés pour la construction du temple (un peu comme la cathédrale de Paris qui a droit aux plus beaux chênes centenaires), le chapitre sur le papier qui sera utilisé pour les textes sacrés,.. tout le texte est imprégné de l'infinie patience, de la recherche de perfection, de tout les aléas dont résulte la construction d'un temple et de son jardin secret qui est parfait. L'histoire est très tenue, on ne comprend pas tout et l'auteur brouille d'ailleurs les pistes.
C'est le deuxième livre que je lis de cet auteur et c'est la deuxième fois que je le termine en me disant que je n'ai rien compris. C'est un peu frustrant car j'ai l'impression de ne pas avoir été à la hauteur d'un prix Nobel, mais je ne regrette pas cette lecture.
Forums: Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l'ouest par les chemins, à l'est par un cours d'eau
Il n'y a pas encore de discussion autour de "Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l'ouest par les chemins, à l'est par un cours d'eau".


haut de page