Zaï zaï zaï zaï Fabcaro
Moyenne des notes :
(basée sur 3 avis)
Cote pondérée :
(41 666ème position).
Visites : 6 215
Drôle de chasse à l'homme
Fab en arrivant à la caisse du supermarché, s'aperçoit qu'il n'a pas sa carte du magasin, oubliée dans une poche.
Traumatisant la caissière, il menace d'une botte de poireaux le vigile et parvient à prendre la fuite. Sa cavale l'emmènera jusqu'en Lozère mais il sera difficile de lutter contre toutes les forces de l'ordre lancées à ses trousses.
La BD est un genre que je connais peu et j'ai eu souvent beaucoup de mal à lire les textes des bulles. Mais j'ai beaucoup apprécié ce road movie original, aux dessins succincts, aux textes pertinents et d'un inquiétant surréalisme.
Beaucoup d'humour dans ce voyage en Absurdie, mais un humour grinçant, où personnellement il m'est arrivé de penser qu'il n'était peut-être pas si absurde qu'on voudrait le croire ; prémonitoire ou surréaliste ?
Quant à la fin, si vous êtes de ma génération, le titre vous parlera, quant aux jeunes, ils compatiront probablement moins à la sanction encourue pour un tel délit !
Les éditions
Zaï zaï zaï zaï [Texte imprimé], un road-movie de Fabcaro
de Fabcaro,ISBN : 9782352121169 ; 13,00 € ; 21/05/2015 ; 1 vol. (non paginé [72] p p. Album
Les livres liés
Pas de série ou de livres liés. Enregistrez-vous pour créer ou modifier une série
Les critiques suivantes (2) » Enregistrez-vous pour publier une critique !
Plongée dans un absurde réaliste
Critique de Mimi62 (Plaisance-du-Touch (31), Inscrit le 20 décembre 2013, 73 ans) - 10 mars 2026
Réglons d'abord ce qui ne pose pas de problème d'analyse : le graphisme.
Le trait évoque davantage l'esquisse que le dessin précis de l'école belge. Les décors sont également minimalistes, juste évocateurs par moments, carrément absents à d'autres.
La mise en couleurs est, elle également, réduite au minimum. Le jaune est la seule couleur utilisée. Sa fonction consiste la plupart du temps à attirer l'attention sur le sujet principal de la case, met en valeur l'élément important de cette dernière, ce qui entraîne parfois une case totalement en jaune. Le noir sert à donner un peu de relief à l'ensemble.
Ce n'est pas mon type de graphisme favori mais il est efficace.
Par contre, je suis beaucoup plus réservé sur le lettrage. Celui-ci, toujours en majuscule comme dans la plupart des BD (on se demande pourquoi cette option ne facilitant pas la lecture ?) est ici extrêmement serrée, rendant la lecture parfois très difficile. Je pense que le problème vient de ce que le dessinateur travaille sur un grand format et que lors de la réduction sur un format évoquant le A5, cela densifie l'écriture.
Pour moi c'est un point négatif.
Reste le contenu...
Si on connaît Fabcaro, on sait à quoi s'attendre et on n'est pas dépaysé, on est totalement dans son univers.
Si on ne connaît pas, c'est très déstabilisant et il faut reconnaître que cela peut enthousiasmer... ou carrément repousser.
Le scénario se tient, la surprise ne vient pas de là, elle se trouve dans le traitement.
A la réflexion, alors que je pensais parler de quelque chose de déjanté, je pense que le terme plus précis est loufoque, absurde.
Il apparaît que le dessinateur travaille par page car, par moment, une page pourrait être isolée du reste, alors que, cependant, elle trouve très bien sa place.
Il n'en reste pas moins, qu'à travers ce qui semble par moment incohérent, Fabcaro dénonce les travers de notre société. L'humoristique provient bien souvent d'une rupture entre la narration classique et le comportement des personnages qui, en fait, ne font que répéter, de façon amplifiée ce qui se passe dans la réalité.
On n'aime ou on n'aime pas.
Je fais partie de ceux qui aiment.
Je pense qu'il faut essayer de lire un des ouvrages de Fabcaro pour savoir que cet univers existe. Ensuite, à vous de le laisser de côté ou de vous y immerger.
Quelle que soit votre décision, il est certain que vous ne resterez pas indifférent.
Pas le charme des débuts
Critique de Blue Boy (Saint-Denis, Inscrit le 28 janvier 2008, 0 ans) - 23 juin 2022
Fabcaro va en effet opter pour un dessin plus réaliste tout en conservant le même minimalisme, un dessin plus froid aussi, où les personnages apparaissent quasiment dépourvus d’expressions. Seul l’humour des textes demeure, produisant un décalage encore plus grand et renforçant l’absurdité des situations. Et pour ce qui est de l’absurdité, on est servis avec « Zaï Zaï Zaï Zaï » ! Fabcaro se met en scène dans une sorte de thriller improbable, prenant comme point de départ l’oubli par notre héros de sa carte de fidélité au moment de régler ses courses. De là va s’ensuivre une course poursuite effrénée entre la police et le « délinquant », car dans ce monde fictif qui ressemble beaucoup au nôtre, ne pas avoir sa carte de fidélité constitue un crime impardonnable !
Autant l’avouer, le trait n’a pas le même charme que le dessin des débuts, il est même difficile de le trouver remarquable. De plus, Fabcaro use et abuse de l’itération iconique, même si heureusement son sens de la punchline et sa façon particulière de glisser ses états d’âme et ses préoccupations d’auteur de BD compensent avec drôlerie cette tournure graphique un peu revêche.
Fort logiquement, l’auteur va reprendre cette formule qui lui a réussi pour la suite de sa production (« Et si l’amour c’était aimer ?», « Open bar », jusqu’au récent « Moon River »…) mais on ne peut s’empêcher de regretter les petits mickeys d’avant et leur puissance comique.
Forums: Zaï zaï zaï zaï
Il n'y a pas encore de discussion autour de "Zaï zaï zaï zaï".


haut de page