L'inconnue de Bangalore Anita Nair

L'inconnue de Bangalore de Anita Nair
(Cut like wound)

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers , Littérature => Anglophone

Critiqué par Pucksimberg, le 28 mai 2013 (Toulon, Inscrit le 14 août 2011, 46 ans)
Critiqué par Pucksimberg, le 28 mai 2013 (Toulon, Inscrit le 14 août 2011, 46 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (42 811ème position).
Visites : 6 318 

Un thriller captivant dans une Inde ambiguë

Voilà un roman qu'il est difficile de poser tant l'envie de connaître la suite taraude le lecteur !

Tout se déroule à Bangalore, grande ville indienne, qui est le théâtre de meurtres obéissant à un rituel bien précis. Un jeune prostitué est retrouvé mort, sans doute brûlé vif. L'inspecteur Borei Gowda mène l'enquête dans cette ville où règne la corruption. Ce personnage éveillant l'intérêt du lecteur malgré sa froideur est accompagné de Santosh, grand débutant dans les enquêtes de cette envergure, qui a souhaité travaillé avec Gowda considéré comme un modèle. Le rapport maître/élève reste l'un des points forts de ce roman. L'on croise aussi dans ce roman des eunuques et des prostitués, des personnages dévoués à des divinités, des magouilles immobilières ...

Ce roman est captivant et entraîne le lecteur dans une Inde aux antipodes des images exotiques que l'on peut contempler dans les brochures touristiques. Ce texte est suffisamment riche pour plaire à un large public. Il contient les éléments du roman policier, mais aussi ceux du roman noir. Anita Nair brouille les pistes en construisant de courts chapitres qui permettent de basculer d'un personnage à l'autre sans en dire trop. Dans certains passages, le lecteur a même des difficultés à deviner qui est le personnage décrit. De plus, comme s'entremêlent eunuques et travestis, les pronoms "il" et "elle" sont mélangés, de manière à brouiller les pistes. Malgré ces jeux de construction, le lecteur suit le roman avec plaisir et se repère aisément.

Le personnage de Gowda, ours mal léché, intrigue le lecteur. De la même manière que l'on témoigne du plaisir à suivre cette histoire trépidante, on se plaît à observer cet être écorché vif qui sombre dans l'alcool. Les scènes dans lesquelles il est confronté à son fils ou à une ancienne amie rencontrée à l'université suscitent un vif intérêt.

Un roman policier indien qu'il serait dommage de rater.

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Les éditions

L'inconnue de Bangalore [Texte imprimé], roman Anita Nair traduit de l'anglais (Inde) par Dominique Vitalyos
de Nair, Anita Vitalyos, Dominique (Traducteur)
Albin Michel
ISBN : 9782226246844 ; 22,00 € ; 10/05/2013 ; 385 p. Broché
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Premier polar

5 étoiles

Critique de Aaro-Benjamin G. (Montréal, Inscrit le 11 décembre 2003, 57 ans) - 7 juillet 2026

Ce roman de littérature ‘noire’ est mieux écrit que la plupart des titres du genre mais ne parvient pas à atteindre son but : évoquer le côté sombre de Bangalore

Le livre commence par l'assassinat d’un prostitué masculin dans Shivajinagar. D’autres meurtres suivent et nous faisons la rencontre du protagoniste, l’inspecteur Borei Gowda, le seul à voir un lien dans les tueries. Gowda est décrit comme un flic physiquement inapte, avec des cheveux gris et une bedaine, mais il a un tatouage de motard sur son bras, insinuant un passé rebelle.

Bien qu’un inspecteur perspicace, son attitude et son mépris pour ses supérieurs le contraignent au bas de l'échelle. En une quarantaine d'années, après une carrière presque stagnante, ses seuls intérêts sont le rhum et sa moto. La série de meurtres ravive l'intérêt de Gowda dans le travail d'enquête et une affaire extra-conjugale lui redonne la vitalité.

Nair nous raconte la vie de Gowda, expliquant en détail sa relation avec ses parents, sa femme et son fils, sa vie au collège, son choix de carrière, sa vie amoureuse et la corruption dans le département de police. Un travail de recherche sur le système policier bien fait. Nair s’est clairement familiarisée avec les procédures policières et évoque admirablement la frustration d'un individu pris dans un système corrompu.

Ce n’est seulement qu’après cent pages que l'enquête commence réellement. Le problème est qu’à ce moment, la trame s’essouffle. L'histoire ralentit, comme pour s’adapter au rythme de l'enquête. Nair se fait prendre au jeu et s’embourbe dans les préjugés de la police de Bangalore: tous les Nigériens sont revendeurs de drogues et les transgenres sont des criminels latents. Il y a aussi des références à certains crimes sensationnalistes rapportés dans les médias au cours des dernières années.

Le portrait attendu de la ville de Bangalore n’est pas assez pénétrant. Le livre reste donc un polar conventionnel avec les ingrédients habituels : un bon flic dans un mauvais système, un assistant fidèle, un homme politique criminel, une chasse à l’homme, un combat, et une amie infirmière qui soigne le héros à l'hôpital. Malheureusement, ce thriller échoue à livrer l’ingrédient principal : le suspense. En fait, à mi-chemin, il est possible de prédire qui est le meurtrier.

Pour une écrivain du calibre de Nair, ce roman ne rend pas honneur à son talent. Visiblement, elle ne possède pas encore les outils pour écrire des romans policiers. D’autres vont suivre et espérons qu’elle pourra s’améliorer. À moins que cela ne soit qu’un aparté commercial ?

Anita Nair vient de recontrer Maxime Chattam ?

5 étoiles

Critique de Elya (Savoie, Inscrite le 22 février 2009, 36 ans) - 26 juin 2013

Je ne partage malheureusement pas du tout l'avis des précédents commentateurs.
Malheureusement, car j'attendais avec impatience un nouveau roman d'Anita Naïr, une des rares romancières contemporaines que j'affectionne. J'avais particulièrement apprécié Les neuf visages du coeur, un roman presque documentaire qui nous fait découvrir un art dansant indien traditionnel. Bien sûr, il y avait déjà quelques ficelles consensuelles qui dans L'inconnue de Bangalore forment une grosse pelote informe et fade : histoire d'amour fusionnel, tromperies, secrets... Mais cela n'était qu'un petit constituant du roman, alors qu'ici on est dans un thriller type best-seller avec tous les ingrédients qu'il faut pour attiser les foules, jusqu'à la description ultra-poncive de l'éditeur, qui évoque, je cite "Une fresque magistrale sur une Inde mouvante, entre tradition et modernité."

Honnêtement, à quel roman ne peut-on pas apposer cela, en changeant juste le nom du pays ? J'avoue utiliser sans doute souvent ce type de formule qui avec un peu de recul font franchement sourire, mais je les emploie sincèrement, ce qui ne me semble pas être le cas d'Albin Michel.

Quand à la forme du roman qu'évoque Pucksimberg, à savoir une alternance de chapitres dans lesquels interviennent divers personnages à divers époques, je n'y ai trouvé aucune originalité.

Avec de nombreux passages voyeuristes, un type d'écriture réduit à son minimum acceptable pour un livre publié, une intrigue ordinaire, Anita Nair rejoint à mon goût le clan des auteurs à succès qui pourront sans doute mettre dans leurs poches un grand nombre de lecteurs mais sans pour autant les marquer durablement.

Une petite précision

8 étoiles

Critique de Chakori (, Inscrite le 2 juin 2013, 76 ans) - 2 juin 2013

Ce livre a été traduit de l'anglais par Dominique Vitalyos. Merci de l'indiquer!
C'est effectivement un bon livre, à la fois léger et solidement construit, un récit efficace dans lequel de nombreuses situations se déroulent et se dénouent (ou pas) autour de l'intrigue principale, et qui révèle Anita Nair dans un genre où elle excelle.

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