Le second livre de la jungle Rudyard Kipling

Le second livre de la jungle de Rudyard Kipling
(The Second jungle book)

Catégorie(s) : LittĂ©rature => Anglophone , LittĂ©rature => Nouvelles

Critiqué par PlĂ©iades, le 6 fĂ©vrier 2012 (Inscrite le 29 janvier 2012, 42 ans)
Critiqué par PlĂ©iades, le 6 fĂ©vrier 2012 (Inscrite le 29 janvier 2012, 42 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 9 Ă©toiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 6 Ă©toiles (13 607ème position).
Visites : 7 055 

Et les histoires ont un parfum de légende...

Ce second livre reprend les histoires de Mowgli le petit d'homme dans un ordre pas toujours chronologique ! Avec toujours des histoires dans ce second livre de la Jungle qui ne sont pas en lien avec Mowgli. Ce livre est tout aussi beau que le premier, parfois mĂȘme plus ! Il y a chez Kipling une façon de raconter qui semble qu'il a puisĂ© des lĂ©gendes indiennes et vous les raconte telles qu'elles se transmettraient depuis des millĂ©naires. Il a une capacitĂ© Ă  vous plonger dans une sorte de mĂ©tahistoire rarement retrouvĂ©e chez d'autres auteurs.

Je trouve les histoires du second livre de la jungle concernant Mowgli parfois plus abouties et plus profondes que celles du premier. Il vaut vraiment la peine d'ĂȘtre lu si on en aime les personnages !

Il y a aussi d'autres histoires, telles que la discussion des dieux quant Ă  un pont que les hommes veulent construire sur le fleuve indien. Les dieux se rĂ©unissent afin d'Ă©changer leurs arguments : certains sont pour laisser les hommes construire le pont, d'autre pour envoyer une crue et les en empĂȘcher. Le discours de l'ingĂ©nieur britannique sur ses difficultĂ©s et celui des dieux sur leurs opinions est unique ! Et ce n'est que l'une des nombreuses et riches histoires qui vous attendent...

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Les éditions

Le Second livre de la jungle [Texte imprimé] Rudyard Kipling traduction de l'anglais par Louis Fabulet et Robert d'HumiÚres
de Kipling, Rudyard Fabulet, Louis (Traducteur) HumiĂšres, Robert d' (Traducteur)
Folio / Collection Folio
ISBN : 9782070363254 ; 7,50 € ; 15/02/1973 ; 247 p. Poche
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8 nouvelles

8 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 70 ans) - 25 juillet 2018

Rudyard Kipling n’a pas lĂąchĂ© « Mowgli » aprĂšs « Le Livre de la jungle » - qui se prĂ©sentait dĂ©jĂ  sous forme de nouvelles – il nous fait suivre son Ă©volution dans ce « second livre de la jungle ».
Sur les huit nouvelles de ce « second livre de la jungle », trois ne concernent pas Mowgli. Evacuons-les :
- « Le miracle de Purun Bhagat » nous laisse toujours en Inde, patrie de jeunesse de Rudyard Kipling et qui l’a tant marquĂ©. Et il n’est donc pas Ă©tonnant d’y retrouver les grandes constantes des rĂ©cits de Kipling : le rapport Ă  la nature, les relations avec les animaux, la mise en avant de la vertu. Purun Dass est, en cette fin du XIXĂšme siĂšcle, un indigĂšne indien, Ă©levĂ© Ă  l’occidentale, et qui devient un Premier Ministre respectĂ© d’un des Etats du Nord-Ouest de la colonie indienne. Au plus haut de sa cĂ©lĂ©britĂ© et du pouvoir, il renonce, prend le nom de Bhagat en lieu et place de Dass, revĂȘt la robe d’un saint homme, prend l’écuelle et le bĂąton du mendiant et part jusqu’aux confins de l’Himalaya. Il s’y Ă©tablit en ermite, ne gardant de relations qu’avec les animaux, qui lui rendront le service de sauver un village 

- « Les croque-morts » Ă©galement se dĂ©roule en Inde. Il met en valeur trois animaux – personnages des plus antipathiques : un « Mugger », crocodile mangeur d’hommes, une grue – Adjudant et un chacal miteux. UnitĂ© de temps, de lieu, tout se dĂ©roule en quelques heures, sur la berge de la riviĂšre oĂč vit le « Mugger », le mangeur d’hommes. La grue – Adjudant et le chacal, habituĂ©s Ă  ramasser les restes du « Mugger » ont un comportement des plus obsĂ©quieux et des plus hypocrites vis-Ă -vis du monstre. Nul n’en est dupe, comme dans la vraie vie, et la fin sera plutĂŽt inattendue, et renforcera encore l’antipathie vis-Ă -vis des personnages.
- « Quiquern », Ă  l’instar du « Phoque blanc », Kotick, dans « Le livre de la jungle », se dĂ©roule dans le Grand – trĂšs Grand – Nord. C’est plutĂŽt une histoire d’hommes pour le coup, mĂȘme si les chiens y jouent un rĂŽle mineur.
- Et donc 5 nouvelles qui concernent Mowgli (puisque quand mĂȘme, dans l’imaginaire collectif, « Livre de la jungle = Mowgli) : « Comment la crainte », « La descente de la jungle », « L’ankus du roi », « Chien rouge » et « La course du printemps ».
Des nouvelles plus crĂ©pusculaires que dans « Le livre de la jungle ». Peut-ĂȘtre parce qu’il fallait d’abord installer Mowgli dans la jungle, construire le personnage ? LĂ , Mowgli existe dĂ©jĂ  et il arrive Ă  l’ñge de jeune adulte, un Ăąge oĂč l’on se pose beaucoup de questions et des questions, justement, Mowgli s’en pose. Je ne connais pas vraiment la version Walt Disney du « Livre de la jungle » mais il me semble que ces Ă©pisodes lĂ  ne sont pas repris dans cette version Walt Disney.
Nous avons lĂ  des histoires plus graves, oĂč la possibilitĂ© de la mort est beaucoup plus prĂ©sente, oĂč Mowgli est devenu le MaĂźtre de la jungle (prĂ©dominance de la nature humaine sur la simple nature dans l’esprit de Kipling ?), oĂč il peut ĂȘtre carrĂ©ment chef de guerre (« Chien rouge ») et oĂč le village dont il est issu est condamnĂ© par lui, littĂ©ralement, condamnĂ© et dĂ©truit par les animaux de la jungle. Seule, en fait, Messua, sa mĂšre naturelle, trouve grĂące Ă  ses yeux. Et le dernier Ă©pisode « La course du printemps » nous laisse avec un Mowgli dĂ©chirĂ©, sur le point de laisser la jungle de Seeonee pour rejoindre Messua et ses congĂ©nĂšres humains. Des nouvelles aussi peu « gnan-gnan » que possible.
Et puis, disons-le, une trĂšs belle Ă©criture d’un auteur manifestement trĂšs amoureux de la nature et des animaux, et particuliĂšrement de la prolifique nature indienne (indienne au sens sous-continent indien).

« Dans la Jungle indienne les saisons glissent de l’une Ă  l’autre presque sans transition. Il semble qu’il n’y en ait que deux – la saison des Pluies et la saison sĂšche – mais, Ă  y regarder attentivement, vous vous apercevez que, sous les torrents de pluie, les nuages de poussiĂšre et les verdures torrĂ©fiĂ©es, on peut les dĂ©couvrir toutes les quatre se succĂ©dant selon leur ordre accoutumĂ©. Le Printemps est la plus merveilleuse, parce que sa besogne n’est pas d’habiller de fleurs nouvelles des champs dĂ©pouillĂ©s et nus, mais de chasser devant lui, d’écarter un tas de choses Ă  moitiĂ© vertes, qui s’attachent, ne veulent pas mourir, et que le doux hiver a laissĂ© vivre, et de faire en sorte que la terre caduque, Ă  demi vĂȘtue, se sente neuve et jeune une fois de plus. Et cette tĂąche, il l’accomplit si bien qu’il n’est pas de printemps au monde comparable Ă  celui de la Jungle. »

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