Il faut désobéir : La France sous Vichy
de Didier Daeninckx

critiqué par Voni, le 2 octobre 2005
(Moselle - 64 ans)


La note:  étoiles
La désobéissance aux ordes de Vichy
“Il faut désobéir”, titre bien audacieux pour cet album destiné aux enfants. Pourtant il n’est ni une impertinence, ni une incitation à l’anarchie mais une très profonde histoire d’humanité.
Il est dédié “à Pierre Marie, inspecteur de police et à ses sept collègues du Commissariat central de Nancy qui, en juin 1942, ont sauvé la vie à quelque 300 juifs, en désobéissant aux ordres du gouvernement de Vichy.”
A la veille d’une rafle, ils sont parvenus à prévenir de nombreuses familles les faisant ainsi très probablement échapper à une mort certaine.
Parce que , soixante ans après, un grand-père raconte à sa petite fille son histoire, l’accroche des enfants est d’autant plus soutenue.
Parsemé d’illustrations de Pef, de photos et documents historiques, cet album retrace ainsi les moments importants du nazisme, de l’occupation et de la collaboration.
Il suscite chez les enfants suffisamment de questionnements où se mêlent indignation et consternation.
Une grande ouverture citoyenne qui justifie qu’il est des circonstances graves où “il faut désobéir”, non sans prendre de risques.

[en hommage à ces policiers, il existe à présent à Nancy, une place des Justes qui leur est dédiée]

Prolongements possibles :
- “Un violon dans la nuit “ Pef-Daeninckx
- “Viva la liberté” Pef-Daeninckx
- “Otto, autobiographie d’un ours en peluche” Tomi Ungerer