Sur quel pied danser
de Constance Delaunay

critiqué par Clarabel, le 6 juin 2005
( - 48 ans)


La note:  étoiles
Cas de conscience
Recueil de huit nouvelles, cette dernière publication de Constance Delaunay surfe sur divers thèmes (les rapports avec la mère, le dédoublement de la personnalité, la folie latente, etc.). La tonalité générale demeure imparable, l'auteur est très espiègle, du moins j'aime à le penser ! Elle écrit comme elle respire, dit "je" dans l'ensemble de ses nouvelles, et, comble de l'ironie, prétend faire intervenir régulièrement la narratrice dans chaque histoire. Explication confuse ? oui. En fait, une narratrice inconnue fait régulièrement intrusion, un peu farceuse ou malicieuse. Qu'importe...

Cette vipère moqueuse prend en grippe le métier d'écrivain, le pourquoi d'écrire, le procédé "d'embrouiller le lecteur en présentant une série de personnages", la volonté "de ne pas juger tout en racontant une histoire", et de conclure : "Il faut que je m'en débarrasse, de mes petites histoires, elles se bousculent dans ma tête, elles veulent sortir, les mots sont comme nous, ils veulent à tout prix exister encore un peu, avant d'être chassés de partout, oubliés, expulsés des dictionnaires, oui les mots ont, eux aussi, peur de mourir." !

Toute spéculation n'est pas utile pour connaître qui parle, qui raconte, où va-t-on, etc. En tant que lecteur, c'est un bonheur d'ouvrir un livre de Constance Delaunay ! C'était un enchantement avec "Autour d'un plat", c'est une continuation douce-amère avec "Sur quel pied danser".