Madame Placard
de Geneviève Brisac

critiqué par Clarabel, le 4 juin 2005
( - 48 ans)


La note:  étoiles
Amère déconfiture
Je me trouve en position épineuse puisqu'après avoir lu ce seul livre de Geneviève Brisac qu'il m'avait manqué de découvrir je renâcle beaucoup ! Car j'aime l'auteur, son style, son univers et j'ai toujours apprécié l'ensemble de ses livres. "Madame Placard" est son deuxième roman paru après "Les filles". C'est une vague histoire de terrier où se sont nichées Martha et ses filles, Evangéline et Bérénice. C'est Evangéline la narratrice du récit, complètement décousu et dérangeant. Sa soeur ne marche pas, c'est elle qui s'en occupe à longueur de journée car elle dit de Martha que c'est une mauvaise mère. Le père est parti, comme beaucoup d'autres hommes, car dehors c'est la guerre et les hommes sont tous partis au front. Mais de ce départ du père, la famille n'a pas su se relever, la mère s'est effondrée, rejetée, bafouée. Evangéline a séjourné à l'hôpital, rancunière, haineuse et nourrissant un complexe sentiment d'amour et d'amertume pour sa soeur. Un jour, dans le terrier jonché de piles de photos, de linge à repasser et de crasse indéfinissable, débarque un couple ! Un homme, mystérieux, une femme, belle, prénommée Dora. Ils deviennent les nouveaux parents de Bérénice, aux yeux d'Evangéline, qui se terre dans la cave, avec les poules.

"Madame Placard" s'appuie sur la ritournelle "Quelle heure est-il, madame Persil ? - Il est trop tard, madame Placard" etc. C'est une étrange histoire pleine d'allégories où Geneviève Brisac explore son terrain familier des relations entre soeurs, avec la mère, le père, bref des relations familiales. Cela flirte avec l'amour, la haine, la mesquinerie ou la jalousie, c'est très alambiqué, teinté d'humour noir et ce livre, confus et à tendance mystique, me laisse bougrement perplexe !