Tentative d’épuisement d’un jeu de quatrains de Christophe Gilot
Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Théâtre et Poésie => Poésie
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Titres en poésie
Après avoir publié son recueil « Quatrains de bouquiniste » dans lequel il compose des quatrains avec les titres de livres qu’il a toute la journée sous les yeux, Christophe Gilot récidive avec ce nouveau recueil composé de la même façon. Comme une contrainte qu’il s’impose à la mode de Perec à qui ce recueil est dédié, son livre « Je me souviens » est le premier vers du quatrain qui introduit ce nouvel opus. Les titres des œuvres de Georges Perce sont très présents dans les quatrains, tout comme ceux de Marie-José Nat. En premier lieu, ce recueil m’a permis de constater tout ce que j’ai lu mais surtout tout ce que je n'ai pas lu et que je ne lirai probablement jamais considérant mon âge.
Ce mode de création littéraire provoque des associations d’idées, de mots, de thèmes et d’auteurs souvent insolites voire improbables comme réunir Margaret Mitchell et Achille Chavée dans le même quatrain : « Autant en emporte le vent / comme battements d’ailes / le livre des étreintes / écrit sur un drapeau qui brûle », mais toujours fort bien venues, parfois même poétiques comme celui-ci : « Nuit sur la neige / les arbres noirs / tirant le blanc / vers les étoiles » (Laurence Cossé, Henri Deluy, Joanot Martorell, Brandon Sanderson). Parfois, un auteur propose à lui seul quatre titres pour écrire un quatrain, comme celui-ci inspiré par Henri Calet : « Les deux bouts / de ma lucarne : / un grand voyage / contre l’oubli » ou cet autre provenant de l’œuvre de Marguerite Duras : « Détruire dit-elle / la douleur / c’est tout / l’amour ».
Ce recueil est à lui seul est une véritable bibliothèque qui met en évidence des auteurs fort connus, certains méconnus qui méritent d’être mieux connus, d’autres presque inconnus qui méritent eux aussi une meilleure place sur les rayons des bibliothèques et des librairies. Pour ma part, j’y ai retrouvé des auteurs que j’ai déjà fréquentés une ou plusieurs fois, et même certains qui sont devenus des amis de lecture et dont je lis souvent les œuvres.
Et comme ce recueil est publié chez un éditeur spécialisé dans la forme courte, plus particulièrement l’aphorisme, je conclus ce propos par ce quatrain qui, pour moi, sonne comme un bel aphorisme : « Quand la forêt parle / au nom de l’arbre / l’arbre parle / de la forêt » (Brigitte Tsobgny, Jacques Rocher-Sylvain Tesson, Octavio Paz / Bibhouti Bhoussan Banerji ».
Les éditions
Tentative d épuisement d un jeu de quatrains[Texte imprimé]
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