Spirale de Yannick Girouard
Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Théâtre et Poésie => Poésie
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Spirale
Spirale, le dernier recueil de poésie de Yannick Girouard publié aux éditions Ex AEquo, commence comme un cri de révolte et se termine en prière.
Au cours d’un lent cheminement intérieur, l’auteur endosse les plaies dont souffre le monde actuel, aidant la foule des victimes à porter la croix de la souffrance. Lui, ne peut travailler que le poème, par lequel il reconnaît les violences perpétrées sur Terre. Elles s’inscrivent dans notre monde contemporain bien qu’elles reproduisent les horreurs que l’histoire a déjà expérimentées, cette page nouvelle l’auteur la compare à un palimpseste.
Dans la chair de l’humanité, toujours les mêmes déchirures !
L’écriture de Yannick est chargée de symboles, de visions apocalyptiques.
Où se situe la réalité par rapport aux messages prophétiques dans un monde où la violence de siècle en siècle s’intensifie, avec une puissance destructrice que les avancées technologiques décuple ?
Et la parole ? Quel poids a-t-elle dans un temps qui s’accélère alors que personne ne s’écoute, tandis que « sur les réseaux serpentent vénéneuses répliques, s’y fendent nos miroirs » ?
La parole vraie est occultée. «… pleurs de joie et de douleurs indélébiles / sur le linge de la parole »
Pour sortir du maelstrom du mal, l’être doit en jaillir verticalement.
Ainsi la deuxième partie du recueil s’ouvre sur la métaphore de la tour et de son escalier. Cette tour est celle de la parole, la parole qui libère. L’ascension étant la seule issue face au vertige, à l’attrait du vide.
Belle métaphore que cette tour qu’un enfant pourra dénouer comme un ruban, libérant les mots que le vent portera dans le ciel spirale jusqu’au nid de l’oiseau… et c’est l’oiseau qui reconstruira plus tard le corps de la parole dans son envol. Le poète, lui, a porté le poids de cette immense colonne, il aimerait qu’elle se repose, à l’horizontal, sur un lit de lumière.
La troisième partie du livre est consacrée à l’ami Guy Perrocheau, auprès de qui le silence est devenu source.
« Nulle vérité hors de l’oreille qui l’écoute »
La parole,d’abord écoute, s’est faite accompagnement. Oubliée la parole préfabriquée qui, en circuit fermé, multiplie la haine à force de se répéter. Enfin la parole peut se rétablir dans l’amour et retrouver sa fonction première, permettre la création.
Le temps du silence autorise la Prière à devenir pont, et aux mots de l’ami de s’établir comme échelle des anges entre l’En-bas et l’En-haut.
« Le poème en ascension
tire sa force de l’En-bas
où se niche l’Espérance »
Le recueil de Yannick Girouard nous emmène au coeur de la tourmente, puis au plus près du dépouillement où la parole de l’ami se fait baume, et où, malgré la vulnérabilité, le souffle de l’espérance se laisse entendre.
Une belle poésie, humble, profonde, spirituelle, rythmée par l’image de la spirale que l’ on peut voir illustrée par l’auteur en première de couverture. Une forme ovoïde bleue dans laquelle nage un fœtus, couleur chair, qui semble enlacer une spirale rouge à l’intérieur de laquelle se trouve une autre spirale turquoise. Au milieu de celle-ci on devine une pupille. Image destructrice si l’on pense à l’oeil du cyclone ou possible renaissance si on la voit comme l’oeil du poète capable de faire jaillir la parole source de joie et de paix, s’il est autorisé à dire « la page que tourne l’ange ».
Le 6 mai 2026
Carmen Pennarun
Message de la modération : Ex Aequo: "l'éditeur se réserve le droit de facturer la correction"
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Spirale[Texte imprimé], recueil de poésies, Yannick Girouard
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