Le monde a faim - Nourrir les peuples, valoriser les producteurs, préserver la planète de Stéphane Layani
Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Essais
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Rungis veille au grain
Le monde a faim, un peu en France, beaucoup plus en Asie et en Afrique. Le monde va avoir soif à cause des sécheresses et du manque d’eau douce. Face aux menaces transformées cyniquement en enjeux des conflits politiques et en armes de guerre de quels leviers les pays par trop dépendants des importations disposent ils pour avancer vers la souveraineté alimentaire ? Rungis desservant quotidiennement une population de 18 millions d’habitants en Île-de-France se veut être un exemple abouti d’une future « Cité de l’alimentation » offrant des services à valeur ajoutée.
Les marchés d’intérêt national ou MIN approvisionnent les réseaux de grossistes en produits frais. Ils contribuent à la valorisation de la production agricole, à la reconnaissance de ses terroirs, à l’excellence de ses traditions gastronomiques. Les fruits, légumes, viandes, volailles, produits de la mer, lait et fromages, fleurs et plantes sont revendus aux marchés locaux, aux restaurants, détaillants, éventuellement aux collectivités publiques et privées, hôpitaux, écoles, prisons, EHPAD. Enfin les dons aux associations réduisent le gaspillage des invendus consommables.
Le Marché de Rungis fonctionne comme un service public. Appelé à jouer un rôle primordial comme levier de la souveraineté alimentaire il se positionne comme premier marché de gros au monde et vitrine de l’excellence française à l’exportation. Sa politique d’achats aux coopératives, négociateurs mandataires et aux agriculteurs est qualifiée de circuits courts moins par la distance que par la réduction du nombre d’intermédiaires. Par ses services à valeur ajoutée physiques et numériques de groupage dégroupage, de transformation sur place, de livraison il se prépare à devenir « Cité de l’alimentation » en 2028.
Après Rungis et Toulouse, d’autres MIN auraient vocation à suivre ce modèle à moindre échelle pour les pays ou communautés supérieurs à 5 millions de consommateurs, certes concurrents des centrales d’achat opérant entre l’agroalimentaire et la grande distribution. Une coopération renforcée du savoir-faire acquis par Rungis s’opère avec des villes comme Bruxelles, Hambourg, Canton, Tachkent, Cotonou ou Abou Dhabi. Des projets sont en cours au Vietnam, dans l’état d’Oyo au Nigeria, en Asie centrale et du Sud Est, d’autres se profilent en Colombie et à Chicago.
Le monde mérite l’accès à une alimentation suffisante, saine, respectueuse des normes, préservant la biodiversité et l’environnement. La litanie d’intentions mièvres du début relevant d’une double dose de yakafokon et d’autosatisfaction est à survoler rapidement. Les causes de la faim sont hélas bien connues : conflits armés, catastrophes naturelles, changement climatique, épuisement des ressources et des sols d’une part, les énormes gaspillages par suite des faiblesses en infrastructures logistiques, de l’absence de froid pour le stockage de l’autre.
Site de l’auteur : https://www.stephanelayani.fr/
Les éditions
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Le monde a faim - Nourrir les peuples, valoriser les producteurs, préserver la planète
de Layani, Stéphane
le Cherche midi
ISBN : 9782749185323 ; 26/02/2026 ; 320 p. Broché
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