Voir la mer conter les sirènes de Carmen Pennarun

Voir la mer conter les sirènes de Carmen Pennarun

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Théâtre et Poésie => Poésie

Critiqué par Débézed, le 15 avril 2026 (Besançon, Inscrit le 10 février 2008, 79 ans)
La note : 9 étoiles
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Carmen t'emmène écouter les sirènes

En découvrant ce recueil, avant même de l’ouvrir, j’ai eu une petite bouffée de nostalgie, j’ai entendu loin, loin, loin … dans ma jeunesse cette chanson de Graeme Allwright, reprise d’un tube de Lenoard Cohen, qui disait : « Suzanne t'emmène écouter les sirènes / Elle te prend par la main / Pour passer une nuit sans fin … ». Carmen, elle, m’a prise par la main pour me raconter les sirènes qui hantent son recueil. Un recueil de poésie en vers ou en prose « pour ne laisser que la poésie / passer les dunes et ses vers /… ». « Poèmes de traverse, entre terre et mer, en quête d’un éclat de lumière ! » comme l’écrit la préfacière, Josselyne Chourry.

Carmen déroule les saisons avec leurs couleurs, leurs climats, les sensations qu’elles provoquent, les sentiments qu’elles inspirent… Elle chante sa Bretagne entre terre et mer, « La Bretagne est toujours aussi belle // … » et « ... // mon cœur est une île / sur ses rivages crépitent l’écume / que l’amertume des départs / étoile d’un miroitement d’écaille // … ».

« Je suis revenue vers les hommes pour leur dire que juste à côté de la grisaille dans laquelle ils s’enfonçaient, se manifestaient des merveilles ». Elle dit le bien , le beau, la belle face de la vie, l’autre versant du mal, que la vie n’est pas que noirceur qu’elle peut être aussi lumière. Le monde de Carmen est peuplé de sirènes, certainement, mais aussi de poissons, d’oiseaux qui font la jonction entre la terre et l’eau. « L’aile de l’oiseau inscrit sa présence / dans l’infini / ton âme, elle / sans vol en toi se pose ». « Nous ne sommes pas séparés / les uns des autres / les hommes de la nature / les anges de leurs démons / nous sommes tous liés // … ». Le monde de Carmen est un tout où cohabitent le bien et le mal, le laid et le beau, les hommes et les esprits…

Ce recueil est déjà un régal de lecture, une leçon de poésie, une ode à sa Bretagne adulée mais surtout un hymne à la vie qu’il faut savoir accepter et vivre comme Carmen l’enseigne : « Laissez-vous faire. Laissez-vous être. Le monde vous aime . vous êtes merveille, / gabier d’une misaine du voilier de la vie ». Je l’ai pensé mais elle l’a écrit : « Je suis une allumeuse de rêves // Je n’obéis à aucune loi, si ce n’est à celle / de rester vigilante aux variations de la lumière // … ».

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