Le Testament du Diable de Armel Job

Le Testament du Diable de Armel Job

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Catinus, le 3 mars 2026 (Liège, Inscrit le 28 février 2003, 74 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 2 avis)
Visites : 262 

Un vrai bon moment de lecture

Armel Job : « Le testament du diable »

Nous sommes à Saint-Pol-en- Ardenne (sur Ourthe), petite ville d’une quinzaine de milliers d’habitants, en août 1990. François Lebel, directeur de « La Gazette des Ardennes » vient de succomber à la suite d’une crise cardiaque. Veuf, il laisse quatre enfants, deux garçons et deux filles. Pas de problème de succession, semble-t-il, si ce n’est que M. Lebel avait une amie intime, Fanny Rennequin, qui tient un restaurant « Au bon bec » rue Pont d’Avroy à Liège. Notre homme décède ab intesta (sans testament). Lors d’une réunion de famille, Mlle Rennequin déclare que M. Lebel désirait lui céder le restaurant « Au bon bec », ce qui sème un certain émoi dans la famille. Le roman nous décrit minutieusement les tenants et aboutissants de cette affaire familiale. Des zones d’ombre reviennent à la surface.
Comme c’est souvent l’habitude chez Armel Job, la plupart des chapitres se terminent par un vrai rebondissement spectaculaire qui saute littéralement à la gorge du lecteur. Pour terminer ce récit palpitant, l’auteur a préféré le mode « résilience » plutôt que de verser dans un vaudeville de mauvais goût. Dont acte !
Un vrai bon moment de lecture !

Extraits :
- Cela ne le tentait plus, les femmes les plus sexys lui faisaient autant d’effet que des baigneuses à un poisson.
- Il avait besoin d’une femme à la maison. Il en avait sa claque d’aller se soulager tous les mois à Liège, rue Varin, avec une professionnelle en vitrine.
- Le corps humain est une drôle de machine qui se répare toute seule le plus souvent. Mais il fait cela à son rythme.

°°°°°
Dans la plupart des romans d’Armel Job, la ville de Liège n’est pas très loin, que ce soit en voiture ou train. Voici quelques lieux cités :
Le restaurant « Au bon bec » rue Pont d’Avroy / Le restaurant « L’escalier » rue des Dominicains / Le Delhaize à l’Ilot St-Michel / Rue Varin / Le quai Marcelis / La foire d’octobre / Rue Roture et le club de jazz « Au Lion s’envoile ».

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Linge sale et vieilles rancœurs

9 étoiles

Critique de Pacmann (Tamise, Inscrit le 2 février 2012, 61 ans) - 8 avril 2026

François Lebel, 65 ans, décède inopinément en faisant du rameur dans une salle de fitness. Cet ancien colonial, veuf et père de quatre enfants, avait plus ou moins refait sa vie avec Fanny, de 30 ans sa cadette, et comme on l’imagine, sans que cela soit au goût de sa progéniture qui voyait avant tout en cette intruse, une intrigante visant la captation d’héritage.

Sans testament, celle qui n’avait aucun lien officiel avec le défunt, se voit mise sur le carreau et priée de quitter le restaurant où elle avait été mise en gérance par feu François, propriétaire de l’établissement. Tout se complique lorsque William, l’aîné et son frère John découvrent dans un tiroir, un acte chirographaire qui devrait remettre en question la répartition successorale.

Nous habituant aux rebondissements multiples dans un récit toujours savoureux et plein de justesse, en bon observateur de son monde, Armel Job nous livre à nouveau une savoureuse histoire d’affaire de famille. Plusieurs personnages sont pleins de bon sens, philosophes et avec un sens des valeurs qui détonne avec les caractères tourmentés d’autres, plus vénaux et moins enclins à faire le bien autour d’eux.

Je ne citerai que la dernière phrase déclamée par Gloria, l’un des plus beaux personnages de ce récit : « Si longue que soit la nuit, le jour finit par venir ».

Encore une merveille signée par l’auteur belge

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