J'ai perdu un bédouin dans Paris de Arthur Essebag

J'ai perdu un bédouin dans Paris de Arthur Essebag

Catégorie(s) : Littérature => Biographies, chroniques et correspondances

Critiqué par Clubber14, le 15 février 2026 (Inscrit le 1 janvier 2010, 34 ans)
La note : 10 étoiles
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A cœur ouvert...

4e de couv :

Je m’appelle Arthur Essebag. Depuis toujours, je vous divertis à la télévision. Je ne vous ai jamais parlé d’autre chose, car j’ai toujours considéré que ce n’était pas mon rôle. Jusqu’à ce matin où l’impensable a surgi. Des milliers de terroristes. Des villages anéantis. En quelques heures : 1 200 vies sauvagement brisées. D’autres traînées dans des tunnels, en otages. Si le monde allait bien, il aurait pleuré. Comme moi j’ai souvent pleuré pour le monde. Mais ce jour-là, une partie de la planète s’est tue. C’était le 7 octobre 2023. Le plus grand massacre de Juifs depuis la Shoah. Ce fut une bascule, une descente aux enfers où j’ai entraîné ma famille, mes proches, dans une apnée interminable. Je voyais dans leurs yeux ma peur reflétée, ma colère, mon impuissance. Alors j’ai pensé à ma mère. À mes racines. À cette Histoire tatouée dans mon sang. Et mon ADN s’est mis à hurler : j’ai dit “Je” et j’ai dit “juif” . Presque malgré moi. Je suis devenu une voix, dans le vacarme et le mensonge. Et j’ai écrit. Parce que je n’avais plus d’air. Pour survivre. Pour transformer la douleur en action. De mes voyages en Israël, sous les missiles du Hamas, de mes amis perdus et de ceux retrouvés, entre les larmes et les rires, est né ce livre. Un cri qui traverse les frontières. De Tel-Aviv à Gaza. Un cri qui nous demande : où est passée notre humanité ? J’ai perdu un Bédouin dans Paris est mon premier livre. Et ce Bédouin, finalement… c’est moi.

Mon avis :

Il y a quelques mois j’avais lu, puis « critiqué » un livre écrit par une femme nommée Française Maous. Madame Maous n’était pas une auteure et son livre n’était pas un roman, ni un documentaire. C’était un cri du cœur, une façon d’exorciser ce qu’elle avait vécu dans l’enfer des camps de concentration, une façon en quelque sorte de tourner une page (mais est-ce seulement possible ?). Et bien ce livre d’Arthur, à un niveau d’horreur bien évidemment tout autre, a été le fruit du même besoin que celui de Françoise Maous, le besoin de parler, le besoin que ça sorte….

Pour Arthur, très célèbre animateur français mais aussi Juif, il y a eu un avant et un après. Un avant le 7 octobre 2023 et un après le 7 octobre 2023. Si cette date marque le plus grand pogrom de juifs depuis la shoah, elle a été vécue de manière plus ou moins intense pour chaque juif de la planète, et peut-être pour chaque humain de la planète. En effet, certains juifs furent au cœur de l’horreur, avec leurs enfants, leurs parents, leurs femmes, leurs amis tués dans les circonstances les plus abominables que l’on puisse s’imaginer quand d’autres, au bout du Monde, n’ont pu être que spectateurs de ces abominations par écran interposé. Arthur fut au milieu de cette échelle. A la fois loin, car lui et sa famille ont découvert l’horreur de France, loin des évènements et que par chance aucun membre de sa famille n’a été touché mais proche étant donné sa proximité avec Israël, la famille et les amis qu’il a sur place.

C'est par des chapitres relativement courts (une quinzaine de pages par chapitre en moyenne) qu’Arthur retrace les principaux moments qui ont marqué sa vie durant les deux années qui ont suivi le 7 octobre 2023. Il ouvre son cœur et raconte à quel point il a eu mal, à de nombreuses reprises et sur différents sujets : d’abord en allumant sa télé le 7 octobre 2023 et en y découvrant toutes les horreurs commises puis au fil des mois par les amis qui l’ont lâché, par les médias qui avaient clairement un parti pris, par certains partis politiques qui flirtaient avec l’antisémitisme, par le bêtise de nombreux manifestants qui répétaient des slogans qu’ils ne comprenaient pas et qui étaient bien incapables de placer Israël et Gaza sur une carte, par la lâcheté des réseaux sociaux…. En bref par un antisémitisme crasse qui était tapi depuis plusieurs décennies et dont une étincelle au Proche-Orient a suffi à raviver la flamme.

Sans jamais minimiser la souffrance du peuple palestinien, pris également en otage par le Hamas, Arthur s’est largement impliqué, en France, dans la lutte pour le retour des otages et dans la tentative de rétablir une certaine vérité sur ce qui se passe au Proche-Orient. Et cela lui a valu les plus grosses « storm shit » que l’on puisse imaginer. Car les réseaux sont assassins, les réseaux abritent des haineux anonymes, parfois (et même souvent) très jeunes, abreuvés par des fake news délivrés par des activistes, militants et politiques d’extrême gauche. Il est très difficile de trouver sur Internet des sources d’informations qui soient à la fois très fiables et non partisanes, sans partis pris. Il faut donc aller piocher des informations à gauche à droite et les recouper, ce qu’aujourd’hui peu de gens font.

Sans aller au-delà dans la description du livre, je dirais que je l’ai beaucoup aimé car il permet de comprendre le point de vue d’un juif en France, d’une personnalité publique et donc d’une personne à qui l’on demande beaucoup mais aussi qui va prendre plus de coups que les autres dans l’arène. En tant que non juif je n’avais pas imaginé que mes compatriotes juifs, en France, aient pu être touchés à ce point et avec le recul je me dis que j’aurais dû être davantage présent auprès de mes amis de cette confession. Ils ont dû vivre des moments d’une extrême difficulté et d’ailleurs cela continue avec des chiffres de l’antisémitisme en croissance exponentielle, dont l'extrême-gauche est en très grande partie responsable.

Un livre poignant, magnifiquement écrit qui plus est. A lire absolument.

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