L'homme qui lisait des livres de Rachid Benzine

L'homme qui lisait des livres de Rachid Benzine

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Pascale Ew., le 25 janvier 2026 (Inscrite le 8 septembre 2006, 58 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (15 977ème position).
Visites : 103 

Les livres sauvent-ils ?

Un photographe, Julien Desmanges, doit prendre des clichés de guerre en Palestine. Il rencontre un vieil homme en train de lire sur le seuil de sa boutique, au milieu du chaos et des quartiers en ruine. Alors qu’il veut le prendre en photo, celui-ci l’intime d’attendre d’avoir d’abord entendu son histoire.
Nabil Al Jaber a grandi dans des camps de réfugiés après que ses parents aient été chassés de la terre qu’ils cultivaient. Il raconte les guerres successives, l’injustice et la violence subies, la colère et la rancœur cultivées.
Ce roman – et l’histoire de la Palestine – est désespérant. Heureusement que la plume de Rachid Benzine est magnifique ! Il nous raconte les décombres et les camps comme si nous y étions. Il raconte les consolations – tout de même maigres face à l’ampleur des désastres - apportées par les livres.

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Les éditions

  • L'homme qui lisait des livres - Rentrée littéraire 2025
    de Benzine, Rachid
    Julliard
    ISBN : 9782260056867 ; 18,00 € ; 21/08/2025 ; 128 p. Broché
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Culture contre barbarie

9 étoiles

Critique de CHALOT (Vaux le Pénil, Inscrit le 5 novembre 2009, 78 ans) - 24 février 2026

Voici une rencontre insolite entre un photographe et un gazaoui que nous raconte l’auteur de ce livre.
Le lecteur va parcourir plusieurs dizaines d’années avec cet homme étonnant qui a connu et vécu ces années terribles que furent la guerre des six jours, l’exode voire la « déportation » des palestiniens, leur installation dans les camps.
C’est la mémoire terrible de tout un peuple qui transparaît dans ce récit de toute une vie.
Nabil, le vieux libraire a été jeune, il a perdu son frère tué par les soldats israéliens en 1967.
Son frère, avant de mourir lui a conseillé de se tourner vers les livres, vers la culture, contre l’occupant.
Bien après, pendant la période qui dure et qui voit le peuple palestinien qui subit la répression aveugle israélienne et le terrorisme du Hamas, il répond à la question « Tu crois que les mots vont nous sauver, Nabil ? »« …oui. Je n’en suis plus sûr. Je dirais qu’ils sauvent en silence. La réalité est la même, rien ne renverse l’oppression, mais l’esprit, lui, s’envole. »
Cet homme, Nabil qui va voir son grand-père écrasé par un char, son frère abattu pas un chien et qui va passer 20 ans dans une prison israélienne se réfugie dans les livres, non pour se renfermer sur soi mais pour pouvoir transmettre son savoir.
La culture reste pour lui une arme redoutable et redoutée par tous les dictateurs et par les terroristes.

Jean-François Chalot

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