Le chant du prophète
de Paul Lynch

critiqué par CHALOT, le 3 mai 2025
(Vaux le Pénil - 78 ans)


La note:  étoiles
Un récit réaliste et glaçant
Le chant du prophète



Le titre de ce roman est bien choisi et peu à peu le lecteur comprend pourquoi l’auteur a fait un tel choix. Ceux qui hésitent auront l’explication à la fin.

Le récit se situe en Irlande, du sud ou indépendante.

Tout commence par la visite au domicile d’un dirigeant syndical enseignant effectué par la nouvelle police secrète créée par le nouveau gouvernement.

Il pleut sur Dublin et peu à peu tout s’assombrit.

Le dirigeant disparaît, il est certainement, au mieux en prison.

Sa femme scientifique, docteure en titre est inquiète pour elle , pour son mari et leurs enfants.

L’aîné des enfants part combattre l’armée de son pays qui, aux ordres arrête beaucoup de personnes, d’autres vont être tuées.

La guerre civile est commencée. Les insurgés qui s’organisent et agissent contre le gouvernement ne sont pas de gentils nounours.

La population a peur des uns et des autres. Certaines familles marquent leur solidarité à celles qui sont dans la tourmente, elles sont rares, c’est plutôt chacun sa peau.

Ce roman est noir, très noir.

La mère de famille qui est l’héroïne centrale possède une énergie considérable qui lui donne la force de protéger ses enfants mais la machine effroyable est en route.

Ce qui est effrayant, c’est le réalisme de cette histoire. Cette situation d’état d’urgence et de guerre civile peut arriver dans n’importe quel pays, y compris démocratique.

Récit qui donne à certains moments des frissons au lecteur qui est happé par le drame vécu par cette nation.

Dans cette fiction, c’est eux, habitant d’une île « britannique », demain cela peut se passer dans notre hexagone ou ailleurs !



Jean-François Chalot

Oppressant ! 9 étoiles

En Irlande sévit un nouveau régime autoritaire. Le mari de Eilish, syndicaliste, est arrêté subitement et disparaît des radars. Eilish se retrouve avec leurs quatre enfants, mais elle est de plus en plus ostracisée. L’aîné, Mark, est réquisitionné pour faire son service militaire alors qu’il va seulement avoir dix-sept ans. Eilish tente de le protéger. Eilish doit en outre s’occuper de son père qui souffre d’Alzheimer, mais refuse de venir vivre chez elle. Finalement, la guerre civile éclate et le quotidien devient un combat de survie de chaque instant. Tout autour d’Eilish s’écroule de plus en plus de jour en jour. Elle est sur tous les fronts à la fois, ne dort plus. Sa sœur qui vit au Canada la presse de la rejoindre, mais Eilish ne peut s’y résoudre. Elle espère toujours revoir Mark rentrer à la maison ou reprendre contact.

Cette descente aux enfers est oppressante du début à la fin ! Le lecteur ne peut s’empêcher, avec Eilish, de se dire que la situation ne peut être pire, mais elle empire à chaque fois. Tout se délite autour d’elle, mais elle tient bon pour ses enfants, son mari et son père. Le lecteur espère avec elle que la lutte des rebelles changera la situation, mais ils ne semblent pas mieux que ceux qu’ils combattent. Le chaos règne en maître. Je ne sais pas comment cette mère tient, sans personne à qui se confier, sur qui s’épancher, pour l’aider, sans espoir au bout du tunnel. C’est tout simplement désespérant, mortellement désespérant !

On dirait que l’auteur a voulu transposer la situation de certains migrants d’Orient dans notre Europe. Serait-ce pour nous avertir des dangers des totalitarismes fascistes ? pour démontrer la vitesse avec laquelle un pays peut basculer dans l’horreur ?

L’écriture est par ailleurs déroutante : tout est écrit à la suite, sans tirets pour les dialogues, ce qui rend la compréhension ardue pour suivre et savoir qui parle.

Je ressors de cette lecture glacée, oppressée. C'est par conséquent une lecture désagréable, mais un tour de force de la part de l'auteur.

Pascale Ew. - - 58 ans - 2 mars 2026