De quelle nuit
de Maria Desmée

critiqué par Froidmont, le 19 mars 2025
(Laon - 34 ans)


La note:  étoiles
Ton absence fait ta présence en moi
Longue réflexion sur l’absence

Qui crée aussi une présence,

Mais réflexion si appuyée,

L’absence y est tant répétée,

Qu’elle semble quelque peu lourde.

L’âme endeuillée comme une gourde

Qui serait beaucoup trop emplie

Ressasse encore à chaque pluie

L’absence, le manque, la perte ;

Sa pensée la déborde certes,

Mais sa cyclicité m’ennuie.

C’est vrai, mais mieux quand ça varie.



Mais sur ce point-là je pinaille :

Ce ne sont que les primes mailles

D’un réseau de vers bien plus vaste.

Passé ce redondant contraste,

On trouve un poème au ton juste

Dont les mots conjurent un buste,

Un œil, un sourire, une épaule

Sans pour autant jouer au saule,

Car le but de cette écriture

Est de surmonter l’aventure ;

Aussi est-elle bien pudique

Tout autant qu’ouverte et lyrique.



Les toutes dernières parties

M’ont fait relire avec envie.

Pourtant les mots nés du poète

Toujours se doublent, se répètent,

Mais ils le font avec la grâce

D’un vent léger qui se déplace.

Le rythme est alors du voyage

Et coiffe chaque haut de page.

Répéter devient donc structure,

Souffle et ciment d’une écriture

Qui montrent que se reconstruisent

Les temples que les pleurs détruisent.