Les vertus du vin - Dédiabolisons une consommation modérée et bénéfique pour la santé
de Jean-Pierre Rifler

critiqué par Débézed, le 2 novembre 2022
(Besançon - 77 ans)


La note:  étoiles
Boire peu mais mieux !
En Comté, quand j’étais môme, nos parents disaient : « Le vin d’Arbois plus on en boit, plus on va droit ! », c’était une maxime très répandue que tout le monde connaissait . La médecine, la science, l’école, …, nous ont bien vite rappelé à une autre réalité moins réjouissante, nous avons vite compris que le vin n’était pas seulement un doux breuvage et une légère euphorie mais aussi un produit très toxique pour notre organisme. J’avoue cependant que j’ai toujours pris un réel plaisir à déguster un bon vin, sans toujours mesurer, et que j’ai souvent fait la fête en exagérant un peu mes consommations mais c’était un autre temps, maintenant je suis trop âgé pour supporter un quelconque excès. Le titre et le thème de ce livre m’ont donc fortement attiré.

Désormais, je bois toujours mon verre comme un gourmand, encore plus que comme un gourmet ,me tenant au principe évoqué dans son serment par l’Archevêque de Cologne que j’avais trouvé sur la table d’une taverne arboisienne quand je festoyais en cette charmante cité. Le texte en question disait : « Que celui qui contient une pinte boive une pinte, que celui qui contient deux pintes boive deux pintes, que celui, qui comme moi, contient trois pintes boive trois pinte… » (Ma mémoire ne garantit pas l’exactitude mot à mot de ce texte mais seulement son intention).

Le Docteur Rifler inscrit son propos en réaction à ceux de tous les « dictateurs de l’hygiénisme », il veut nous faire comprendre que le vin, notamment le rouge, n’est pas un poison mais au contraire, consommé avec modération, un produit positif pour notre santé. Pour cela, il a proposé une démonstration très scientifique qui commence par la protection cardiovasculaire apportée par les vins rouges et une explication, un peu ardue pour moi, démontrant l’action de certains composants du vin pour la neutralisation des radicaux libres et la défense antioxydante. Pour conclure, cet aspect biologique, chimique, biochimique et médical, le Docteur Rifler rappelle ce que fut le vin dans l’histoire et comment il a été considéré et utilisé par les religions, croyances diverses et la médecine depuis la nuit des temps.

Comme je viens du monde rural, j’ai été plus à l’aise dans l’étude de la vigne et du vin, de tout ce qui se passe depuis la vigne jusqu’à la mise en bouteille où le produit devient consommable. Le Docteur a fait une analyse très fine et très poussée de tous les composants du vin et de tout ce qu’ils apportent à notre organisme. La liste des bienfaits du vin pour la bonne santé humaine est longue mais les bienfaits ne sont pas seuls, ils sont accompagnés de nombreux méfaits qu’il faut prendre en considération et que Rifler analyse avec précision, à commencer par l’alcool. Il apparait donc à la suite de toutes les analyses proposées et au très grand nombre d’études citées que le vin peut entrer dans les meilleurs régimes comme le régime méditerranéen ou le régime crétois, par exemple, à la condition d’y entrer avec toute la modération nécessaire. Rifler a tenu aussi à expliquer le plus clairement possible, dans la mesure des études disponibles, l’action du vin sur certaines pathologies, notamment celles qui inquiètent le plus les populations : le cancer, les maladies neurodégénérescences, …

Après la lecture de ce livre, j’ai bu en toute quiétude un petit verre d’un excellent vin des Côtes du Rhône, suivant le sain principe énoncé par l’auteur : « Buvons peu mais buvons mieux pour vivre vieux » car le vin « Bu avec trop de passion c’est un poison, bu avec raison c’est une potion ! ».