Paradaïze de Fernanda Melchor
(Páradais)
Catégorie(s) : Littérature => Sud-américaine
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OBSESSION MORTELLE!
Au début de l’histoire nous somme au Mexique, à Progreso, dans un complexe résidentiel privé, - surveillé par des caméras et des gardiens -, nommé «Paradaïze » et réservé à une élite d’habitants ultra-riches…
Nous faisons la connaissance de deux jeunes adolescents de 16-17 ans. Franco Andrade tout d’abord, qui vit dans la maison de ses grands-parents et qui est un jeune obèse boutonneux, obedé par le sexe, grand consommateur de films pornographiques et d’alcool. Renvoyé de l'école, il vit une vie de désœuvré et passe ses journées à fumer des cigarettes en cachette de ses grands-parents, à qui il chaparde d'ailleurs régulièrement lesdites cigarettes, ainsi que de l’argent pour s’acheter de quoi boire.
Et puis, il y a Leopoldo «Polo» García Chaparro, jeune jardinier qui lui a quitté l'école, et viens tous les jours travailler dans le complexe comme homme à tout faire. Il s’occupe entre autres des jardins des habitants et de la piscine. Il vit dans une vieille masure, dort sur un futon à mène le sol dans la cuisine et partage son existence entre une mère tyrannique qui l'insulte et le bat, et une cousine nymphomane et enceinte. Lui ne rêve que de fuir son quotidien, quitter son travail qu'il déteste et partir loin de tout cela, quitte pour cela à se mettre au service des cartels de la drogue…
Franco et Polo se retrouvent presque tous les soirs en cachette, à l'abri des regards, dans une maison abandonnée près du ponton du lotissement, pour noyer leur ennui en fumant et buvant plus que de raison. Franco a pris l’habitude de raconter ses obsessions à Polo qui lui l’écoute à peine. Il viens là surtout pour l’alcool et les cigarettes, qu’il ne peut malheureusement pas s’acheter, sa mère s’accaparant d'office tous les mois de son salaire pour rembourses ses propres dettes…
Tout irait bien dans le pire des mondes, si Franco n’avait pas développé une obsession malsaine pour Mme. Marian, la voisine de ses grands-parents, qui est l’objet de tous ses fantasmes les plus fous. Belle femme au foyer, brune d’une quarantaine d’années, mère de deux fils, mariée à un présentateur à succès d’émissions de télévision, il ne rêve que de la séduire, et plus si affinités… Alors que bien entendu, celle-ci le prend pour un enfant et ne lui prête aucune espèce d’attention…
Un soir, Franco parle à Polo de s’introduire en cachette dans la maison des Marian, et de simuler un cambriolage, afin qu’il puisse assouvir, - par la force si nécessaire -, ses fantasmes sexuels les plus répugnants avec Mme. Marian…
Que dire sur ce livre?
Que dire surtout, sur Mme. Fernanda MELCHOR (*1982), qui passe pour être la nouvelle «star» des lettres mexicaines et une des écrivaines les plus talentueuses de sa génération? Bon disons que cela ne se reflète pas du tout - mais alors pas du tout -, dans ce livre!
Heureusement, le livre ne compte qu’un peu plus de 150 p. et se lit vite! Les pages se tournent sans qu’on s’en aperçoive vraiment. Bien que ce livre ne soit pas un polar, on voit la fin arriver de très, mais vraiment très loin!
En fait c’est un long, très long, trop long monologue de Polo, pour nous raconter ce qui s’est passé avant, pendant et après le crime… Mais, malheureusement c’est toujours la même chose ressassée encore, encore et encore… C’est donc l’alcool, la haine pour sa mère, le mépris pour sa cousine, les critiques sur Franco, la disparition de son cousin, le sexe, la mort de son grand-père, la haine du travail et de ses collègues, les cigarettes, etc etc. Et ce pendant des dizaines et des dizaines de pages…
Pour faire simple disont que pendant les premières 100 pages, il ne se passe rien, ce ne sont que des longues descriptions de la vie des deux héros et de leurs obsessions, c'est lent, long et très ennuyeux…
Que dire de plus?
Un mot sur le style d’écriture très particulier de l’auteure mexicaine. C’est de l’écriture «Nouveau roman» français! Cela ressemble à s’y méprendre à l’écriture d’un Clause SIMON (1913 – 2005) (1). Il y a des phrases interminables d’une page et demie, et avec très peu de virgules. C’est à vous de «faire le job», et de placer virgules et points durant votre lecture. Habitué de l’écriture de Laszlo KRASZNAHORKAI (*1954) (2), ce procédé d’écriture ne me dérange pas outre mesure mais... Mais, n’a pas qui veux le talent des deux Prix Nobels! Et franchement ici Mme. MELCHOR en est loin, très loin… Du coup j’ai vraiment, mais vraiment «souffert» à la lecture de ce livre!
Il y a une «nervosité» dans l’écriture que l’on peut vraiment ressentir à la lecture! L’auteure utilise sans doute ce procédé pour nous faire mieux passer les sentiments du héros de l’histoire et créer une certaine «tension»… Mais, à la longue, quand c’est sur des pages et des pages et des pages c’est lassant et l’ennui vous prend très facilement.
Qu'est-ce que je n’ai pas aimé dans ce livre ?
L’écriture on l’aura compris! Franchement? Ce livre est loin, très loin du chef d’œuvre encensé un peu partout sur le www… Je termine ma lecture, franchement mitigé. Il y a toutes les erreurs d’un premier livre dans celui-ci, c’est pourtant le cinquième de l’autrice. L’histoire bien qu’étant très linéaire est pénible et lente à lire, et franchement un peu top «capillotractée» pour être réaliste… Et la fin beaucoup trop précipitée et rapide…
Disons aussi que mis à part les deux adolescents, décrits parfois de façon un peu trop caricaturale, tous les autres personnages secondaires sont à peine esquissés et ne servent que de faire valoir au deux principaux…
Qu'est-ce que j’ai aimé dans ce livre ?
L’histoire, tirée de faits réels et sans doute très intéressante et révélatrice de l’époque dans laquelle nous vivons… Son traitement par l’auteure, m’a semblé toutefois complètement «à côté de la plaque», mais attention cela ne reste que mon avis personnel!
C'est aussi (et peut-être avant tout?), une critique très acerbe, et très réaliste de la société mexicaine actuelle, où ce qui sont riches ont vraiment tout (mais tout eihn!..), et ceux qui sont pauvres n'ont rien (mais vraiment rien, eihn!...).
Est-ce-que je conseille la lecture de ce livre?
Disons que je termine ma lecture clairement en dessous de mes attentes… Après, peut-être en attendais-je trop? La réputation qui précède l’auteure mexicaine jouait pourtant en sa faveur… Soit, disons en tous les cas, que si vous voulez vraiment «découvrir» le talent de Mme. MELCHOR, ce n’est pas par ce livre-ci qu’il faut commencer la lecture de son œuvre…
P.S. : En raison de la nature très crue et très explicite des faits qui y sont décrits, de la violence qui y est présentée, et de la vulgarité de l’écriture, on évitera de donner ce livre à lire aux personnes les plus sensibles et aux mineurs!
(1.) : Cf. : Ici sur CL : https://www.critiqueslibres.com/i.php/vauteur/575
(2.) : Cf. : Ici sur CL : https://critiqueslibres.com/i.php/vauteur/…
Les éditions
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Paradaïze [Texte imprimé], roman
de Melchor, Fernanda Alcoba, Laura (Traducteur)
B. Grasset / En lettres d'ancre
ISBN : 9782246827719 ; 18,00 € ; 09/03/2022 ; 220 p. Broché
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